L'auteur souligne que les travaux d'infrastructure accusent beaucoup de retard à Gatineau, malgré l'effort financier des contribuables.

Un déficit long à renflouer

ÉDITORIAL / Les contribuables doivent se poser des questions sur la réalisation des projets d'infrastructure à la Ville de Gatineau. Parce qu'on les a convaincus de payer 1 % de plus en impôts fonciers juste pour ça. Ils veulent s'assurer qu'ils en ont pour leur argent, ce qui est tout à fait légitime !
Ce 1 % de plus sur les taxes municipales ne représentent peut-être que quelques dizaines de dollars de plus à la facture de base mais certaines familles aux budgets limités se plaignent que l'élastique ne peut s'étirer à perpétuité.
Hier, nous avons donc appris que tous ces travaux d'infrastructure accusent du retard, malgré l'effort financier des contribuables. Si ce n'était que des délais de quelques mois, ça passerait. Mais un examen approfondi des documents internes de la Ville de Gatineau par notre collègue Mathieu Bélanger illustre que ces retards sont bien plus longs. Les travaux prévus en 2017 étaient dans bien des cas prévus en 2016. Ou en 2015. Ou en 2014. Ça vous dérange ? Sachez qu'il y en a encore presque tout autant de projets qui devaient être réalisés en 2017... qui ne le seront pas avant l'an prochain. Ou l'année d'après.
Cela témoigne du passif des travaux d'infrastructure à Gatineau, dont certains secteurs accusent leur âge.
La frustration de quelques contribuables est compréhensible lorsque de petits travaux d'infrastructure, une bouche d'égoûts affaissée, par exemple, sont remis et remis et remis. Parce que ce n'est pas urgent, parce qu'il n'y a pas de danger public... et parce que l'argent dans les coffres de la ville n'est pas élastique. Mais le citoyen a raison d'être insatisfait de ce qui lui apparaît comme de l'inaction municipale.
Ce qu'il a été plus étonnant d'apprendre, et c'est le conseiller Denis Tassé, qui l'a révélé, est qu'il manque une vingtaine d'employés au service d'ingénierie à la Ville de Gatineau.
Ce déficit de ressources humaines a un impact direct sur la cadence de réalisation des travaux d'infrastructures à. Et parce que ce n'est pas un problème qui se corrige facilement ni rapidement. Pour un maire comme Maxime Pedneaud-Jobin qui obsède sur les questions de gouvernance et les processus de décision, cela est facile à comprendre. 
Évidemment, ce déficit ne se règle pas à coups de poudre de Perlimpinpin. Il y a des coûts financiers directs pour Gatineau, des coûts immédiats dont les résultats prendront des semaines, voire des mois avant que les nouveaux employés soient pleinement efficaces. 
La Ville de Gatineau ne peut se retourner non plus vers le secteur privé pour combler cette lacune temporaire. La commission Charbonneau a montré les limites et les pièges reliés aux services des firmes privées d'ingénierie. Il y a un risque de dérapage financier, à tout le moins, en demandant à des ingénieurs du privé de planifier des travaux que leurs bureaux devront réaliser par la suite. 
Dit succinctement, ce problème de ressources humaines aurait dû être réglé depuis longtemps. Par un solide programme d'embauches dans la fonction publique municipale.
Les infrastructures ne sont pas sexy et rapportent peu de votes. Mais quand elles brisent, les citoyens s'en aperçoivent et s'en rappellent. Elles deviennent alors une priorité plus que des grands projets grandioses. Et il ne faut pas s'éloigner de ces services de proximité à défaut d'en payer le prix aux élections, comme l'a rappelé le conseiller Daniel Champagne. Une sage leçon pour tous.