Donald Trump

Trump et la fête du 4 juillet

Alors que le Canada se remet à peine des célébrations du 150e anniversaire de la Confédération, c'est au tour des Etats-Unis de commémorer la naissance de leur pays, il y a 241 ans. Au-delà des réjouissances et des manifestations de patriotisme, il est aujourd'hui impossible de parler des Etats-Unis sans évoquer la présidence de Donald Trump qui bouleverse les idées reçues et les pratiques historiques au nom d'un populisme rarement, sinon jamais vu auparavant.
L'un des berceaux de la démocratie moderne, les Etats-Unis sont aujourd'hui sous le joug d'un homme sans aucune expérience de la politique, qui a apporté à la Maison-Blanche ses réflexes de promoteur immobilier où règne la culture du gagner à tout prix. Cela explique en partie ses problèmes d'acclimatation dans un système bipartite dont le succès repose plutôt sur le compromis et la négociation. Quiconque lui adresse un reproche, même au plan des idées, est susceptible d'être la cible de ripostes personnelles et assassines, souvent sur le réseau social Twitter où il laisse aller ses instincts sans aucun filtre. C'est encore plus vrai si le commentaire vient d'une femme. 
Après cinq mois en poste, le ton ne s'est pas calmé, comme certains le croyaient. Au contraire, M. Trump a lancé au cours des derniers jours son vitriol le plus blessant à ce jour. Les appels au calme et à la modération, même ceux issus de son propre camp républicain, restent lettre morte. Le président se conforte à l'idée qu'il a obtenu un mandat clair de la population et que sa base électorale le suit encore fidèlement. Elle n'a de toute évidence pas encore ressenti les effets délétères de certaines des réformes proposées par la présidence, notamment des coupures drastiques au déjà mince filet social en santé et en éducation, économies qui doivent être redirigées en baisses d'impôts vers les plus riches dans le vain espoir qu'ils les réinvestissent dans des bons emplois. Les hommes blancs en colère croient encore à cette théorie du ruissellement (trickle-down economics) et que les millionnaires que M. Trump a nommé à son cabinet nettoieront à leur faveur les écuries d'Augias de la politique américaine. 
À leurs yeux, seul un outsider de sa trempe, qui ne doit rien à personne, sauvera les Etats-Unis de la menace terroriste des islamistes ou des délocalisations d'emplois dus à la mondialisation. 
Justement, cette semaine, s'affronteront au Sommet du G20 apôtres et adversaires de ce nouvel ordre mondial. Les divisions étaient déjà perceptibles lorsque les chefs de gouvernement du G7 se sont rencontrés, fin mai, en Italie. Illusoires sont ceux qui croient que les échanges pourraient être plus cordiaux en ajoutant autour de la table des figures polarisantes comme le Russe Vladimir Poutine et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan. Autre signe que les temps ont changé, la Chine et son président Xi Jinping pourraient se retrouver du côté de la majorité...
Cette première fête de l'indépendance américaine sous la présidence de Donald Trump marque-t-elle un virage net avec les politiques passées ? Réussira-t-il son pari ou les marécages de Washington sont-ils trop gorgés d'eau glauque et de favoritisme pour qu'il en vienne à bout ?
Et où cela laissera-t-il le Canada, premier partenaire commercial et voisin qui partage parfois tant, parfois si peu avec les Etats-Unis ? Tout le monde aura les yeux rivés sur ce G20. Et les Canadiens, sur le premier ministre Justin Trudeau qui devra naviguer dans les vents changeants de cet imprévisible Donald Trump...