François Legault, chef de la Coalition avenir Québec

Tout le poids sur François Legault

ÉDITORIAL / En avant dans les sondages depuis près d’un an, François Legault a dû mal prendre celui de la maison CROP, hier, qui le place... loin derrière le Parti libéral du Québec !

Selon ce coup de sonde, le PLQ serait en avance 37-30 sur la Coalition avenir Québec, après répartition des indécis. Le Parti québécois et Québec solidaire ferment la marche à 16 et 14 %.

Ce résultat représente toute une virevolte pour la CAQ, qui dominait 38-36 % dans le CROP précédent, qui datait du mois précédent. Ainsi, le PLQ aurait crû d’un point tandis que la CAQ aurait chuté de 38 à 30 %.

Bon, ce n’est qu’un sondage, direz-vous.

Alors, allons voir celui de Mainstreet Recherche, publié mardi pour le compte de Groupe Capitales Médias. Les résultats sont plus encourageants, mais la tendance est la même : 29,1 % pour la CAQ et 28,6 % pour le PLQ. Là aussi un recul pour le parti de François Legault, de cinq points depuis le débat des chefs. Dans ce coup de sonde, le Parti québécois est à 21,5 % et Québec solidaire à 17,1 %.

Comme quoi les campagnes électorales servent bel et bien à quelque chose !

Bref, la Coalition avenir Québec encaisse coup sur coup depuis une semaine. Elle a vu son avance d’une dizaine de points se métamorphoser en un coude-à-coude selon Mainstreet Recherche, voire un recul selon CROP.

Ce retrait important est dû à un seul sujet, l’immigration, mais qui généralise l’observation que François Legault n’est peut-être pas prêt à prendre le pouvoir au Québec.

Sur l’immigration, il cafouille carrément. Lorsqu’il parle d’expulser ceux qui ont failli son test de valeurs ou son test de français, il s’empêtre dans les modalités et les exceptions qu’il prévoit y apporter. Au point où les Québécois se demandent s’il y a pensé deux fois.

Cela dit, si l’on excepte le sondage CROP, les appuis au Parti libéral sont stables. Peut-être est-ce l’erreur du sondeur. Peut-être est-ce simplement le fait qu’hormis 30 % de la population, les gens se refusent à considérer le PLQ comme une option valide.

Cela se voit dans le vote des francophones, encore solidement caquiste. Dans ce cas, il faut observer les appuis potentiels au PQ et à Québec solidaire, mais ils ne bougent pas non plus, ou du moins, pas de façon à prendre le pouvoir.

Cela laisse donc une grande proportion d’indécis ou à tout le moins, de gens prêts à changer d’idée.

Voilà la donnée-clef de ces sondages, et ces pourcentages n’ont pas bougé beaucoup depuis le début de la campagne électorale. « Le vote n’est pas pris », disent certains, pour dire que les résultats pourraient encore changer.

Qu’est-ce qui peut les faire changer d’idée ? Le débat d’hier soir, notamment. Un débat au cours duquel François Legault devait s’affranchir de ses ennuis sur l’immigration et reprendre le leadership sur « la question de l’urne », à savoir si les Québécois étaient prêts à confier les rênes de l’État aux libéraux encore une fois.

Voilà un énorme fardeau sur les épaules de M. Legault parce que depuis une semaine, il n’y arrive pas. Les sorties de François Bonnardel, puis d’une brochette de ses plus solides candidats autour de Sonia Lebel, n’ont pu faire le travail non plus. Dans ce cas, cela revient au chef de reprendre le dessus et d’imprimer une nouvelle direction. Il lui reste trois, quatre ou cinq jours pour le faire : après, il sera trop tard pour que les maisons de sondage puissent affirmer ce qui se passe vraiment. Tous s’en remettront alors au verdict du vote du 1er octobre pour départager le vrai du faux, l’illusion de la vérité.