Le campus de la faculté satellite de médecine de l'Université McGill en Outaouais devrait être prêt pour septembre 2020.

Reprise d'un débat de 2016

ÉDITORIAL / À l’automne 2016 avait surgi l’histoire abracadabrante de la langue d’enseignement à la faculté satellite de médecine de l’Université McGill en Outaouais. L’affaire avait pris des proportions insoupçonnées lorsqu’il avait été connu que la moitié de la formation de la première année et demie se donnerait en anglais.

L’imbroglio avait duré plusieurs mois avant de connaître son dénouement : toute la formation serait disponible en français, un point, c’est tout.

Il avait fallu passer par des entourloupettes mal avisées avant de se rendre à l’évidence. Comme d’annoncer que «sur l’ensemble de la formation, à peine 8 % sera livré en anglais», ce qu’avaient souligné les Dr David Eidelman et Gilles Brousseau, respectivement doyen et vice-doyen — Outaouais de l’Université McGill. Il y avait eu des promesses «qu’à terme» toute la formation serait disponible en français, mais pas en 2020. 

Tous les obstacles apparemment insurmontables du début ont fini par se régler un après l’autre.

Les plus réticents à régler, outre les patrons de McGill, avaient été les députés de l’Outaouais, tous libéraux à l’époque. 

Même la Coalition avenir Québec, par la voix de sa députée Claire Samson, avait été intraitable.

En septembre 2016, elle disait : «Ils ont trois ans pour le faire, c’est un délai raisonnable, un effort légitime qui démontre la primauté du français. Je ne veux pas qu’on forme des médecins pour l’Ontario, je veux qu’on en forme pour le Québec et il faut que la formation puisse se faire en français.»

La députée Samson se retrouve aujourd’hui dans un purgatoire auto-imposé alors qu’elle a été écartée du cabinet du premier gouvernement caquiste de l’histoire. Elle croyait que ses états de service lui justifiaient un siège de ministre ; elle s’est trompée.

Mais sur le fond, elle avait raison de militer pour une faculté à 100 % française.

Deux ans plus tard donc, rebelote. Cette fois, c’est la pré-formation en médecine qui se donnera en anglais, et à McGill. Cette année de cours préparatoires vise les étudiants qui sortent des cégeps du Québec. Ils existent dans toutes les facultés et correspondent à la première de quatre années d’université qui ont cours dans le reste du Canada. Ce qui est nouveau, c’est que cette formation n’est disponible qu’en anglais.

Nous voilà-t-il repartis pour des mois de de protestations, cette fois, pour que la pré-formation soit offerte en français, et en Outaouais? Cela en a bien l’air. 

Mais une chose a changé. Ce ne sont plus les libéraux qui sont au pouvoir. Et le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, avait un ton beaucoup plus conciliant.

D’emblée, il a reconnu que «chaque étudiant a le droit d’avoir sa formation 100 % en français», a précisé le député de Papineau et ministre de la Famille, reprenant en essence les propos de la députée Claire Samson, il y a deux ans.

«Par contre, le fait est que quand on a un partenariat avec une université anglophone (comme McGill), cela apporte certains défis.»

Ces défis, comme il les appelle, ont pu être aplanis lorsqu’il a été su que la moitié de la formation des 18 premiers mois à McGill serait en anglais. Les autorités ont fini par trouver une solution. La même chose doit survenir dans cet autre dossier. Donnons à McGill quelques mois pour aplanir cet autre écueil. Et conclure que pour la pré-formation en médecine pour les cégépiens, la clef semble être que ces cours se donnent à l’Université du Québec en Outaouais, à 100 % en français, comme il se doit.