Redressement à la STO

La Société de transport de l'Outaouais a traversé une période difficile de son histoire avec le lancement du Rapibus, le réseau de corridors réservés qui a coûté 255 millions $ et qui tarde à mener les passagers à destination plus rapidement, comme il était promis au départ.
Les premières semaines ont testé la patience des usagers et rudement mis à l'épreuve la capacité de réaction et d'adaptation de la STO devant ce qui était clairement un problème majeur de planification.
Outre les usagers de la STO, la première victime a sans doute été Marc Bureau, le maire sortant de la Ville de Gatineau qui a été sévèrement battu par Maxime Pedneaud-Jobin.
Les employés de la société de transport ne l'ont pas eu facile et ont dû porter sur leurs épaules le fiasco d'un Rapibus conçu et mis en place par leurs supérieurs. C'est un peu dans ce cadre que la STO tient ce samedi une activité de reconnaissance pour ses employés. Cette soirée mettra en vedette l'humoriste Réal Béland. Cette activité a généré plusieurs critiques, surtout pour son coût évalué à 18 000 $.
Pourtant, ce n'est pas la facture qui soit le réel problème. Recevoir 700 à 800 personnes pour moins de 20 000 $ ne représente pas une facture hors du commun. Ces activités s'inscrivent dans une politique de saine gestion des ressources humaines. La somme représente une goutte d'eau dans le budget de 102 millions $ de la STO. En effet, ce ne sont pas ces 18 000 $ qui régleraient quoique ce soit des problèmes du Rapibus.
Rappelons que le gouvernement fédéral a dépensé 49 millions $ en 10 ans pour des cadeaux aux fonctionnaires, ce qui n'inclut pas le système de bonis en argent à ses cadres. Il verse 72 millions $ à 40 % de ses fonctionnaires juste pour les récompenser d'être bilingues. En 2011, il a récompensé ses cadres à hauteur de 75 millions $...
Cependant, on ne peut freiner un quelconque malaise malgré tout. Est-ce le moment qui est mal choisi ? Un peu.
Ce qui irrite davantage, c'est l'image que projette la STO dans cette affaire. Comme si la direction de la STO n'avait pas ressenti le besoin de garder un profil bas pour quelque temps tout en s'attelant avec une ardeur renouvelée à sa tâche principale qui est d'assurer un transport efficace de ses passagers à un coût raisonnable.
Arrive maintenant dans le décor le conseiller municipal du district Carrefour-de-l'Hôpital, Gilles Carpentier. Dans quelques semaines, il prendra le flambeau de la présidence de la STO des mains du maire Pedneaud-Jobin, qui avait promis d'assumer le poste pendant les six premiers mois de son élection.
M. Carpentier est un ancien sous-ministre adjoint au Conseil du Trésor. Au-delà de son objection à la soirée de reconnaissance de samedi, le nouvel élu envoie un message assez net que la fête est finie à la STO. Voilà une fort bonne nouvelle.
L'objectif n'est pas de rejeter en bloc le bilan généralement positif de la Société de transport de l'Outaouais. Depuis sa création en 1971, elle a su innover avec des initiatives comme Infobus, ses stationnements incitatifs, sa carte à puce, ses véhicules hybrides, etc.
Mais la STO a connu quatre directeurs généraux en huit ans. Au fil des ans, l'histoire à succès s'est envenimée. Au plan de sa gestion financière, il est temps de mettre un terme à son attitude distante, agissant comme si elle ne devait rendre de compte à personne.
Les contribuables fournissent 70 % du budget de la STO, ceux de Gatineau, 47 %. La quote-part de la STO dans le budget de la Ville de Gatineau a trop longtemps été considérée comme un automatisme... et son indexation aussi.
Trop longtemps les présidents de la STO - des élus municipaux - ont davantage servi à approuver tacitement ses plans et budgets, et à s'en faire le défenseur auprès du conseil gatinois qui n'avait qu'à étamper « Approuvé » sans autre contestation.
À l'opposé, M. Carpentier envoie le message que « nous devons nous assurer que ces fonds sont gérés et dépensés avec une très grande parcimonie ». Il a trois ans pour redresser la barque.
a Société de transport de l'Outaouais a traversé une période difficile de son histoire avec le lancement du Rapibus, le réseau de corridors réservés qui a coûté 255 millions $ et qui tarde à mener les passagers à destination plus rapidement, comme il était promis au départ.
Les premières semaines ont testé la patience des usagers et rudement mis à l'épreuve la capacité de réaction et d'adaptation de la STO devant ce qui était clairement un problème majeur de planification.
Outre les usagers de la STO, la première victime a sans doute été Marc Bureau, le maire sortant de la Ville de Gatineau qui a été sévèrement battu par Maxime Pedneaud-Jobin.
Les employés de la société de transport ne l'ont pas eu facile et ont dû porter sur leurs épaules le fiasco d'un Rapibus conçu et mis en place par leurs supérieurs. C'est un peu dans ce cadre que la STO tient ce samedi une activité de reconnaissance pour ses employés. Cette soirée mettra en vedette l'humoriste Réal Béland. Cette activité a généré plusieurs critiques, surtout pour son coût évalué à 18 000 $.
Pourtant, ce n'est pas la facture qui soit le réel problème. Recevoir 700 à 800 personnes pour moins de 20 000 $ ne représente pas une facture hors du commun. Ces activités s'inscrivent dans une politique de saine gestion des ressources humaines. La somme représente une goutte d'eau dans le budget de 102 millions $ de la STO. En effet, ce ne sont pas ces 18 000 $ qui régleraient quoique ce soit des problèmes du Rapibus.
Rappelons que le gouvernement fédéral a dépensé 49 millions $ en 10 ans pour des cadeaux aux fonctionnaires, ce qui n'inclut pas le système de bonis en argent à ses cadres. Il verse 72 millions $ à 40 % de ses fonctionnaires juste pour les récompenser d'être bilingues. En 2011, il a récompensé ses cadres à hauteur de 75 millions $...
Cependant, on ne peut freiner un quelconque malaise malgré tout. Est-ce le moment qui est mal choisi ? Un peu.
Ce qui irrite davantage, c'est l'image que projette la STO dans cette affaire. Comme si la direction de la STO n'avait pas ressenti le besoin de garder un profil bas pour quelque temps tout en s'attelant avec une ardeur renouvelée à sa tâche principale qui est d'assurer un transport efficace de ses passagers à un coût raisonnable.
Arrive maintenant dans le décor le conseiller municipal du district Carrefour-de-l'Hôpital, Gilles Carpentier. Dans quelques semaines, il prendra le flambeau de la présidence de la STO des mains du maire Pedneaud-Jobin, qui avait promis d'assumer le poste pendant les six premiers mois de son élection.
M. Carpentier est un ancien sous-ministre adjoint au Conseil du Trésor. Au-delà de son objection à la soirée de reconnaissance de samedi, le nouvel élu envoie un message assez net que la fête est finie à la STO. Voilà une fort bonne nouvelle.
L'objectif n'est pas de rejeter en bloc le bilan généralement positif de la Société de transport de l'Outaouais. Depuis sa création en 1971, elle a su innover avec des initiatives comme Infobus, ses stationnements incitatifs, sa carte à puce, ses véhicules hybrides, etc.
Mais la STO a connu quatre directeurs généraux en huit ans. Au fil des ans, l'histoire à succès s'est envenimée. Au plan de sa gestion financière, il est temps de mettre un terme à son attitude distante, agissant comme si elle ne devait rendre de compte à personne.
Les contribuables fournissent 70 % du budget de la STO, ceux de Gatineau, 47 %. La quote-part de la STO dans le budget de la Ville de Gatineau a trop longtemps été considérée comme un automatisme... et son indexation aussi.
Trop longtemps les présidents de la STO - des élus municipaux - ont davantage servi à approuver tacitement ses plans et budgets, et à s'en faire le défenseur auprès du conseil gatinois qui n'avait qu'à étamper « Approuvé » sans autre contestation.
À l'opposé, M. Carpentier envoie le message que « nous devons nous assurer que ces fonds sont gérés et dépensés avec une très grande parcimonie ». Il a trois ans pour redresser la barque.