L’idée même d’un Registre des armes à feu demande une double profession de foi à la population.

Profession de foi pour le registre

ÉDITORIAL / L’idée même d’un Registre des armes à feu demande une double profession de foi à la population. D’abord, et de loin le plus important, c’est l’existence d’une corrélation entre la sécurité des citoyens et le contrôle des armes sur un territoire donné. Puis, la foi que l’État saura mettre en place un outil efficace, à un coût raisonnable, comme s’y est engagé le Québec.

Réglons d’abord le second. Le ministre de la Sécurité publique Martin Coiteux affirme que le registre sera « simple, rapide et sans frais ». L’inscription pourra être complétée en ligne, et aucun burinage ne sera nécessaire. Le ministre estime que le Québec est « sur la bonne voie » de respecter le budget prévu de 20 millions $.

Les contribuables aimeraient le croire sur parole. Parce qu’ils se sont déjà fait faire le coup. En 1995, lorsque le gouvernement fédéral de Jean Chrétien a lancé sa version du Registre d’armes à feu, il devait coûter une bouchée de pain. En fin de compte, entre les frais perçus et les coûts de mise en place, la part des contribuables devait se limiter à 2 millions $ à peine. Quand tout a déraillé, la facture finale avoisinait le milliard de dollars ! Tous les Canadiens avaient raison d’être en beau... fusil, pas juste ceux qui pestaient contre le principe d’enregistrer leurs armes à feu. M. Coiteux doit surveiller la mise en place de la version québécoise ; il ne voudrait pas que l’on se souvienne de lui pour un cafouillage annoncé par plusieurs.

Celui de 1995 a été, avec le scandale des commandites, l’un des plus grands fiascos de l’administration Chrétien. Plus de 20 ans plus tard, on s’y réfère encore.

Le Québec a favorisé davantage l’idée d’un Registre des armes à feu que le reste du Canada. Probablement parce que son idée même était tellement associée à la tuerie de Polytechnique et ses 14 victimes, toutes des femmes. Plusieurs ont joint un lobby qui, 27 ans plus tard, continue de porter le message d’un contrôle accru des armes à feu.

Pour ces femmes et tous les sympathisants, il existe un lien entre la prolifération d’armes non contrôlées et les épisodes de violence. Les adversaires d’un registre le remettent en question.

Ce que nous savons, c’est que le taux de décès par armes à feu est 10 fois plus élevé aux États-Unis, là où le contrôle des armes est au plus bas. Il faut aller dans la direction inverse. La direction qu’emprunte le Québec.

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Royal Galipeau 1947-2018

Plusieurs se souviendront de Royal Galipeau comme celui qui aura remporté Ottawa-Orléans trois fois d’affilée pour le compte des conservateurs. Il s’est taillé une place dans une circonscription longtemps considérée comme un château fort ; c’est tout à son honneur.

Mais l’homme avait ardemment défendu les couleurs libérales auparavant. Il faudra se souvenir de ce fier Franco-Ontarien comme ld’un des principaux hommes politiques qui aura réussi son trpansfusage dans le camp du Parti conservateur. En 2005, il faisait partie d’une cohorte importante de Canadiens qui ont viré capot à cause du scandale des commandites. Ils ne voulaient plus rien à savoir avec d’un Parti libéral qu’ils estimaient corrompu. La plupart ont tenu leur grogne discrètement. Avec le franc-parler qui le caractérisait, Royal Galipeau l’a portée fièrement, aux yeux de tous, avec droiture. Adieu, Royal !