Pro-Israël

Depuis l'élection de 2006, aucun autre pays du monde a vu ses relations avec le Canada autant changer qu'Israël.
Le Canada a appuyé l'idée d'un état pour le peuple juif avant même sa création en 1948, et les liens ont été solides depuis. Mais jamais n'ont-ils été aussi étroits que depuis que Stephen Harper est devenu premier ministre.
Il n'était donc pas étonnant qu'Israël réserve ses plus grands honneurs à M. Harper, qui y effectue une visite officielle ces jours-ci.
Les États-Unis, l'Angleterre, la France, le Mexique, la Russie ou la Chine n'ont pas observé de profonds bouleversements de leurs relations avec le Canada sous les conservateurs. Certains pays d'Afrique, en raison d'une réorientation de l'aide internationale, seraient peut-être l'exception. Mais Israël a découvert au cours des huit dernières années en M. Harper un allié indéfectible comme l'étaient traditionnellement les États-Unis... jusqu'à ce que les relations refroidissent entre le président Barack Obama et son homologue Benyamin Nétanyahou.
Stephen Harper a pris le relais.
Invité à parler devant le parlement israélien, hier, M. Harper a rappelé le soutien indéfectible qui a marqué les relations Canada-Israël depuis son élection. En réalité, il n'a pas dit «depuis son élection», car il veut faire croire que cela en a toujours été ainsi. Ce qui est faux. Le «soutien» du premier demi-siècle d'Israël par le Canada est devenu «indéfectible» depuis huit ans. Un discours qui plaît à M. Netanyahou, qui compte peu d'amis aussi louangeurs.
Tous les Canadiens ne partagent pas la force de ce sentiment. Ils reconnaissent cependant à Israël le droit d'exister et de se défendre (dans une région du monde où quelques voisins vont jusqu'à nier son droit d'être), tout comme ils reconnaissent à la Palestine le droit d'exister et de prospérer (ce qui lui est difficile).
Nous le voyons bien ici : les relations au Proche-Orient sont truffées de nuances et de parenthèses pour expliquer les phrases en apparence limpides.
La visite de M. Harper en Israël est historique, certes. Elle célèbre un virage historique de la politique extérieure canadienne.