Bill Peters a démissionné de son poste d'entraîneur-chef chez les Flames de Calgary vendredi pour avoir tenu des propos racistes.

Peters, le premier d’une longue liste ?

ÉDITORIAL / Il y a quelque chose d’étrange qui se passe dans le milieu du hockey professionnel. Un entraîneur de la Ligue nationale, Bill Peters, a remis sa démission à la direction des Flames de Calgary pour avoir tenu des propos racistes, il y a 10 ans. Il était à l’époque entraîneur des Ice Hogs de Rockford, dans la Ligue américaine, et les interventions du patineur ontarien Akim Aliu ont suffi à faire tomber M. Peters de son piédestal.

M. Aliu a relaté un épisode parmi tant d’autres où Bill Peters lui a asséné des paroles d’une rare violence verbale. La carrière d’Akim Aliu, un joueur d’origine nigériane, n’aura duré que sept parties dans la LNH. Il avait 20 ans à l’époque des Ice Hogs et il craignait de faire des vagues et d’envenimer ses chances d’avancement. Ce fut peine perdue.

M. Peters ne s’était jamais excusé.

À LIRE AUSSI : Bill Peters a démissionné de son poste d'entraîneur-chef des Flames de Calgary

Un autre, Michal Jordan, est venu expliquer que Bill Peters lui avait asséné des coups au dos alors qu’il était sur le banc des joueurs des Hurricanes de la Caroline.

M. Peters a fini par faire des excuses mercredi, mais il était bien tard. Cependant, il n’a jamais mentionné le nom d’Akim Aliu et ce dernier n’a pas cru en ses regrets. La pression a augmenté au point où Bill Peters a remis sa démission, vendredi, et l’organisation des Flames de Calgary l’a promptement acceptée.

Cette histoire rappelle celle de Don Cherry, l’ex-entraîneur et analyste à Hockey Night in Canada, qui a lancé des paroles injurieuses à l’endroit des immigrants qui ne portaient pas le coquelicot, à l’occasion du jour du Souvenir. Il aura passé des décennies à vomir sur le dos des Canadiens français et des Européens, mais c’est une phrase prononcée il y a deux semaines qui a sonné sa fin au réseau Sportsnet. Après deux jours de réflexion, il était parti. 

D’autres pourraient le suivre et perdre leurs postes.

Des six frères de la famille Sutter, Darryl tout particulièrement, a depuis été visé par l’ex-hockeyeur Daniel Carcillo.

Il y a nettement quelque chose de différent qui se passe dans le milieu du hockey, voire dans tout le sport professionnel. Quand Aliu a mentionné ce qui s’était passé il y a 10 ans, il aura fallu une bonne dose de courage pour croire que cela était pour avoir les conséquences que l’on a vues depuis. Mais nous sommes à l’ère des accusations de #MeToo et de #MoiAussi, des dénonciations sortent régulièrement à propos de personnes, des hommes pour la plupart, qui ont abusé de leurs pouvoirs et de leurs victimes.

M. Peters est le premier du hockey professionnel à écoper. Peu importe le temps qui s’est passé depuis, si les accusations sont suffisamment sévères et vérifiables, cela suffit. 

L’humoriste Bill Cosby a payé le prix, d’autres comme le producteur de cinéma Harvey Weinstein, le fondateur du festival Juste pour rire Gilbert Rozon et l’animateur de télévision Éric Salvail, sont en attente de leur procès. 

Ceux-là auront droit à des procès justes et équitables, pas M. Peters. Mais il devait se douter que d’autres faits sortiraient s’il s’entêtait, et cela a justifié son départ rapide.

Nous sommes à l’ère des communications ultrarapides. Sur les médias sociaux, les accusations sortent prestement. Le droit de réponse est écourté. Dans certains cas, les accusés se défendent. Dans d’autres, non. 

Don Cherry et Bill Peters ont écopé. Ils ont choisi de quitter tout de suite. C’est un nouveau monde dans lequel nous vivons et les comportements répréhensibles, même d’il y a 10 ou 25 ans, restent indéfendables.