Le projet de halte routière le long de l’autoroute 50, à Thurso, a reçu une fin de non-recevoir de la part des autorités.

Pas touche !

ÉDITORIAL / Le projet de halte routière le long de l’autoroute 50, à Thurso, a reçu une fin de non-recevoir de la part des autorités. La protection des terres arables mérite d’être défendue. Leur projet pourra se faire plus loin !

Décidément, le propriétaire de GAB Construction, Alain Lemay, ne veut pas lâcher le morceau. La Commission de la protection du territoire agricole du Québec avait déjà signifié, lors d’une orientation préliminaire en 2017, qu’elle refuserait le dézonage de terrain ciblé par l’entrepreneur. Cette décision a été confirmée la semaine dernière. Voilà qui est conséquent.

La demande du promoteur visait le dézonage de quatre hectares de terrain. Mais de quatre hectares, on aurait pu par la suite en réclamer cinq de plus, puis un autre dix, créant une demande pour plus de terrains dézonés.

Le jeu est bien connu. On installe une station-service et deux bannières de restauration rapide. Mais après quelques années, compte tenu de la demande sur cette portion d’autoroute délaissée par les services publics, une autre station-service veut s’installer à proximité pour lui faire concurrence, elle aussi avec sa bannière de restauration rapide. Et parfois même une troisième !

D’ailleurs, les intentions du Parc industriel régional vert de Papineau étaient limpides. Le président Christian Beauchamp a avoué au Droit qu’il s’agissait là « du commencement du parc industriel », et que « l’on voulait se servir de cette halte pour démontrer qu’on était capable d’offrir des services aux entreprises ». Et le coup de massue : « Si nous ne sommes pas capables de faire dézoner quatre hectares, comment allons-nous faire pour dézoner tous les autres terrains ? »

Le projet était clair : on se servait du premier lot, modeste en envergure, pour décloisonner les lieux et les ouvrir toutes grandes au développement industriel.

Il faut mettre le holà tout de suite à ces prétentions expansionnistes en refusant tout de go la première demande. La protection des terres agricoles s’avère un principe fondateur de notre industrie alimentaire. Il faut les mettre à l’abri.

Le fait qu’elles ne servent pas ne peut être qu’un phénomène temporaire. Mais une fois dézonées, elles ne reviendront plus. À jamais.

La Commission de la protection du territoire agricole du Québec a bien fait. Les promoteurs n’ont qu’à regarder ailleurs le long de l’autoroute 50 pour un terrain plus propice au développement, et non à l’exploitation agricole.