Comment la Société de transport de l’Outaouais a-t-elle pu cautionner cette étude sur la desserte vers l’ouest de Gatineau ?

On a toléré une étude incomplète

ÉDITORIAL / Comment la Société de transport de l’Outaouais (STO) a-t-elle pu cautionner cette étude sur la desserte vers l’ouest de Gatineau ? Elle en est risible par la pauvreté des propositions qui sont avancées, car des recommandations, il n’y en a pas... à part celle de réaliser une autre étude ! D’autres dépenses aux frais des contribuables qui en perdent leur latin, leurs sous et leur temps.

Même la présidente de la STO, Myriam Nadeau, a émis des réserves en affirmant qu’il était du «devoir» du transporteur public d’aller au-delà des conclusions de cette étude.

Il y a un risque à toujours remettre à plus tard. Gatineau et l’Outaouais passent pour des administrations qui sont incapables de parler d’une seule voix devant les pouvoirs supérieurs. Ces réflexes expliquent en partie qu’il a fallu 50 ans pour obtenir l’autoroute 50, 20 ans pour le boulevard des Allumettières et qu’elle doit se contenter d’une université sous-financée et à cheval sur deux campus. Sans parler du réseau de la santé qui fait tellement pitié.

« C’est pas grave, on a le temps ! », entend-on. Oui, l’Outaouais a le temps, mais ce gaspillage d’années à étudier et réétudier, à bâtir une unanimité cahin-caha, envoie le message que la région ne sait pas vraiment ce qu’elle veut. Dans les bureaux de décision à Québec, ça fait l’affaire. Un vieux proverbe dit que la roue qui grince reçoit l’huile. Pendant trop longtemps, la machine bureaucratique québécoise par laquelle tout doit nécessairement transiter a entendu que l’Outaouais ne savait pas ce qu’elle voulait. Ça s’ajoute à la profonde méconnaissance de cette région « éloignée » même si à vol d’oiseau, l’Abitibi, la Côte-Nord et la Gaspésie sont bien plus éloignées du pouvoir à Québec.

Ce n’est pas vrai que la population de l’Outaouais peut toujours se fier sur Ottawa et l’Ontario pour se débrouiller. Les automobilistes ont emprunté pendant des décennies la 417 en Ontario, ses malades se font soigner dans leurs hôpitaux, les étudiants fréquentent leurs institutions postsecondaires, etc. Il existe des solutions de rechange qui n’existent pas, justement, en Abitibi, sur la Côte-Nord et en Gaspésie. Ce n’est pas une raison pour tolérer des solutions broche à foin.

Pourtant, sur la question du transport en commun, l’Outaouais présente une spécificité qui aurait dû jouer en sa faveur. Ses citoyens utilisent beaucoup ses autobus pour se rendre jusqu’à Ottawa. Et l’étude sur le transport en commun vers l’ouest de Gatineau, où réside pourtant une population anglophone substantielle plus connectée sur Ottawa, ignore trop ce concept de « deux provinces, une région économique ». 

C’est un mystère comment cette étude, pourtant réalisée en collaboration avec la Ville d’Ottawa et la Commission de la capitale nationale, s’est rendue au bout sans considérer le transport comme un ensemble qui a besoin d’être encore plus complémentaire et interconnecté. Et ce n’est pas vrai que le train léger d’Ottawa a récemment changé la donne : ça fait 10 ans qu’il se discute. 

 Parce que les règles du ministère des Transports à Québec ne le permettaient pas ? S’il vous plaît, ne prenez pas les contribuables pour des cruches ! Qui a oublié de lever la main pour dire qu’une étude tronquée gaspillerait temps et fonds publics ? Qui a toléré cette incompétence ?