Lundi 1er octobre sera le jour-clé pour le Québec des prochaines années.

Nos choix pour l’Outaouais

ÉDITORIAL / Lundi 1er octobre sera le jour-clé pour le Québec des prochaines années. Il serait bon que l’Outaouais cesse de mettre tous ses oeufs dans le même panier, et qu’un autre parti assume une partie de la députation outaouaise. La vague qui porte la Coalition avenir Québec mérite d’éclabousser l’Outaouais.

Les sondages sont très serrés, à l’intérieur de la marge d’erreur des maisons d’opinion publique. Mais dans les circonscriptions de Gatineau et de Papineau, la CAQ mérite de l’emporter et de défaire le bloc monolithique dans lequel se retrouve l’Outaouais depuis 1980. Cette situation n’est pas saine et au moment où un changement de gouvernement se profile à l’horizon, l’Outaouais ne doit pas rester à l’écart. La pensée unique n’est ni bonne pour l’Outaouais, ni pour le Québec non plus. Il faut que l’essentiel des régions du Québec partage le pouvoir entre les quatre grands partis, ou au moins entre trois d’entre eux. Et ce partage doit inclure l’Outaouais, ce qui n’a pas été le cas depuis près de 40 ans.

Dans Pontiac, la question est réglée d’avance. Le libéral André Fortin a brillé pendant son court passage au cabinet, et il semble aujourd’hui indélogeable. Ses adversaires sont des candidats de second rang, même de troisième dans le cas de Marie-Claire Nivolon, une employée du Parti québécois à Montréal. M. Fortin n’est pas inquiété et si le Parti libéral du Québec est réélu, il y jouera un rôle de premier rang. Ses talents sont un atout pour l’Outaouais et pour les libéraux.

Dans Hull, la libérale sortante Maryse Gaudreault a été beaucoup plus discrète mais ne doit pas s’en faire trop pour son poste non plus. Indice qu’une certaine vague porte la CAQ, c’est leur candidate Rachel Bourdon qui est à distance, alors que la péquiste Marysa Nadeau est loin derrière. Cette dernière était fort bien préparée, connaissait bien ses dossiers et mériterait de faire la course à Mme Gaudreault.

Dans Chapleau, la course est fébrile entre Mathieu Lévesque, de la CAQ, et le libéral Marc Carrière. Mais ce dernier a pris la vague caquiste de haut. Il tente de conserver son poste et il semble émerger du lot, malgré le lourd passif libéral dans la région.

Dans Papineau, Alexandre Iracà s’est aussi démené mais cela ne suffit pas. De quoi faire frémir l’ancien poids lourd Norm MacMillan! Le caquiste Mathieu Lacombe, malgré sa jeunesse, mérite sa chance... comme M. Iracà l’a méritée, en 2012, lorsqu’il l’avait emporté de justesse par moins de 200 votes devant le Parti québécois. Le principal enjeu, le parachèvement de l’autoroute 50, ne départage pas les grands partis, sauf Québec solidaire. Il y a peu de chance par ailleurs qu’Yves Destroismaisons, du PQ, se faufile entre les deux, malgré sa connaissance intime des enjeux du comté, surtout en santé.

Dans Gatineau, le départ de la députée et ministre de la Justice Stéphanie Vallée fera mal au PLQ. Elle a été remplacée par une de ses employées, Luce Farrell, qui espérait une transmission automatique du pouvoir. Une chose est sûre : elle ne répétera pas les 62 % de vote de Mme Vallée! Elle fait face à Robert Bussière, qui a un long parcours municipal, dont 20 ans comme maire de La Pêche. Il connaît de grands coins de la circonscription comme sa poche. Il pourrait même se retrouver au conseil des ministres advenant l’élection de la CAQ et la sienne.

Les Québécois ont un choix historique à faire ce lundi. Pour la première fois depuis des lunes, l’élection ne joue pas sur la dichotomie fédéraliste/souverainiste. Plusieurs seront déchirés dans leurs options. L’important demeure d’aller voter, au mieux de sa conscience.