Jim Watson et Eugene Melnyk

Les appuis à Melnyk s’étiolent

ÉDITORIAL / Les appuis à Eugene Melnyk s’étiolent. Il n’y a plus que quelques fidèles qui sont encore fiers de ses Sénateurs d’Ottawa. Tous les autres désertent le bateau ou à tout le moins, l’ignorent pendant qu’il tente de se remettre à flot.

Le Droit estime pour sa part que la réputation de M. Melnyk s’est pas mal effilochée. Il devra sortir un lapin de son chapeau pour relancer l’équipe de la Ligue nationale de hockey, et bien peu de personnes y croient encore. Nous sommes prêts à lui consentir une ultime chance, mais il devra l’utiliser à bon escient. Son capital est dangereusement vidé.

L’un des plus prudents observateurs de la scène est le maire d’Ottawa, Jim Watson. Il fait attention de ne pas jeter l’huile sur le feu. Mais il s’en approche de très près.

« Je ne crois pas que M. Melnyk ait facilité le processus en réfléchissant à voix haute sur le bien fondé de déménager son club au centre-ville, a-t-il confié. Il a porté un coup à la crédibilité de son club et à sa propre crédibilité. »

M. Watson se référait ici à des commentaires d’Eugene Melnyk, en décembre 2017, en marge de la classique hivernale à Ottawa. Il avait alors évoqué un possible déménagement de l’équipe.

Depuis, les négociations qu’il menait avec la Commission de la capitale nationale et avec son partenaire John Ruddy, de Trinity Developments, ont échoué. Les deux hommes se poursuivent mutuellement en cour pour 1,7 milliard $. Rien de bon n’en sera tiré. Les derniers appels à une entente de dernière minute ont achoppé, mercredi.

« Ils traversent vraiment des temps difficiles, a poursuivi M. Watson, d’ordinaire une voix de raison. Ils sont à la queue du classement, ils ont échangé trois de leurs meilleurs joueurs, et puis maintenant ceci. Mais il ne faut pas blâmer l’équipe ni les joueurs, il faut continuer de les appuyer. »

M. Melnyk n’a plus les ressources financières pour financer un amphithéâtre de 500 millions $. Il a à peine de quoi payer les dépenses courantes. Il est pris à la gorge. Des acheteurs se sont pointés, mais il refuse de vendre. Il devra fort probablement s’y résigner un jour proche.

Dans tout cela, il y a l’appui de la LNH et du commissaire Gary Bettman. Il ne lèvera pas le petit doigt pour pousser Eugene Melnyk vers la sortie. Il s’est toujours placé dans le sens de la continuité et a enduré des situations bien pires en Arizona, notamment.

Entre temps, M. Melnyk cherche une solution pour son club, comme celle de dénicher un terrain au centre-ville où construire un nouvel aréna. Mais il ne faudra pas que ça coûte cher : un nœud gordien qui ne peut mener qu’à une solution de petite semaine indigne d’une équipe de la LNH.

À moins que la Commission de la capitale nationale ne réussisse à ficeler un autre complexe projet mariant édifices résidentiels, commerciaux et communautaires, avec d’autres partenaires, où serait réservé un terrain susceptible d’accueillir un aréna.

Cela est improbable, mais pas hors du domaine du possible.

Il s’agit d’un mandat majeur pour Tobi Nussbaum, l’ex-conseiller municipal devenu président de la CCN, en janvier.

Tout cela paraît bien sombre présentement, et ce l’est. Jusqu’à ce qu’une solution n’émerge. La vente du club ? Un nouveau site au centre-ville pour les Sénateurs ? Ou sur les plaines LeBreton ? Tout est possible et en se libérant du carcan de la CCN, Eugene Melnyk vient de gagner du temps, mais du temps qui rongera ses revenus futurs et qui ronge la patience déjà bien usée des amateurs.