Le message du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, était limpide lundi : revenez à l'hôpital à Gatineau, et « on va le financer » !

Les airs trumpiens du Dr Barrette

Y a-t-il quelques patients de l'Outaouais qui auront pris Gaétan Barrette au mot, hier ? En lisant dans Le Droit l'invitation du ministre québécois de la Santé, ont-ils rebroussé chemin de l'urgence de l'hôpital Montfort ? Son message était limpide : revenez à l'hôpital à Gatineau, et « on va le financer » !
Après tout, c'est ce que souhaite la population de l'Outaouais : obtenir des soins de santé de qualité dans leur propre province. Près de la maison, en français (ce qui n'est pas toujours possible à Ottawa)... là où ils paient des impôts qui devraient normalement leur garantir des services de base en santé.
Alors s'ils ont pris le ministre au mot, ils se seront butés... à des files d'attente. Car ce n'est pas parce que M. Barrette assure que le financement sera au rendez-vous « dans tous les cas » que les médecins apparaissent automatiquement à l'urgence et que l'infirmière au triage se tourne les pouces. Il est plein de bon vouloir, ce ministre, mais ce n'est pas parce que son opinion compte beaucoup à Québec que tout se règle d'un coup de baguette magique. Sur ces questions, le Dr Barrette a même parfois des airs trumpiens. Comme l'Américain Donald Trump, il ne suffit pas de dire « Rapatriez, go, go, go », ou de signer un décret présidentiel pour que les portes s'ouvrent et que les problèmes se règlent.
À preuve, il faut rappeler le projet de chambres de naissance à l'hôpital de Gatineau. C'était un engagement qui datait de 2014, tout le monde veut qu'elles se concrétisent mais il faut des plans, des réaménagements physiques, de l'équipement, des professionnels pour y travailler... et des budgets pour payer tout ça. Alors ces chambres de naissance, la population les attend encore en 2017. Il faudra encore un an avant que s'amorcent les travaux de construction. 
Le ministre Barrette est bien au courant de ce délai de quatre ans entre la décision d'aller de l'avant et l'ouverture prévue de ces chambres de naissance.
Il y a quand même un message crucialement important à la fois pour la population et pour les gestionnaires du réseau de la santé en Outaouais : la volonté de rapatriement s'avère aujourd'hui bien réelle.
Le message aura d'abord été compris par Jean Hébert, le président-directeur général du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO). En avril, il se demandait comment et quand les efforts de rapatriement seraient payés. Il avait lancé que « Dieu seul » sait quand il recevrait une réponse du ministère de la Santé.
Là, il l'a eue. Claire et nette lors du passage du ministre Barrette en Outaouais, lundi. Et le message est encore plus encourageant qu'espéré : arrangez-vous pour rapatrier les malades québécois qui vont se faire soigner en Ontario et on trouvera la manière de payer la facture.
Du même souffle, Gaétan Barrette invitait tacitement M. Hébert à lui livrer un cadre administratif et financier sur le rapatriement. Quels services l'Outaouais devrait-il rapatrier en premier ? Où le rapatriement sera-t-il le plus efficace, tant en nombre de malades que d'argent rapatriés ? Québec verse bon an mal an 110 millions $ pour payer les soins de santé des Québécois à Ottawa... de l'argent qui profite au système ontarien. Jean Hébert n'aura probablement pas autant de temps de repos qu'il escomptait cet été. Le ministre attend ses réponses. La population de l'Outaouais aussi.