Maquette du projet de nouvel aréna Guertin à Gatineau

Le registre, outil de la démocratie

ÉDITORIAL / Depuis hier, les contribuables de Gatineau peuvent signer le registre d'opposition à la construction d'un amphithéâtre à Place de la Cité. Voilà un autre exemple de la démocratie en action, et sauf pour certaines circonstances, il s'agit toujours d'une bonne idée que la population s'exprime. Hors des rendez-vous électoraux, il y a rarement des occasions pour les citoyens de dire officiellement ce qu'elle pense et il ne faut pas en sous-estimer l'importance. Au Canada, nous avons peu d'exemples de démocratie directe et il sera intéressant d'évaluer la participation et sa signification.
Il existe deux principales raisons pour aller signer ce registre, et elles servent des motivations très différentes.
La motivation la plus évidente est celle des contribuables qui s'opposent, pour divers motifs, à ce projet d'amphithéâtre qui servira beaucoup aux Olympiques de Gatineau, le club local de la Ligue de hockey junior majeur du Québec. Ces motifs peuvent être nombreux. Certains pourraient estimer que le projet coûte trop cher aux contribuables. Certains s'opposent déjà à l'idée que la patinoire déménage du secteur Hull vers celui de Gatineau. D'autres ne font pas confiance à la stratégie concoctée par le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin. On peut voir avec suspicion, comme certains élus municipaux, le choix de Vision multisports Outaouais, qui ne s'est pas fait par appel d'offres (tous les travaux seront par contre affichés publiquement). 
Globalement, ces gens sont mus par une opposition au projet comme tel, à une de ses composantes, ou au processus qui a été convenu pour en arriver là. Rappelons que cela fait 12 ans que la question d'un nouvel aréna Robert-Guertin fait l'objet de discussions à Gatineau, et que deux projets ont déjà avorté pour vices de procédure. 
Mais il est possible d'être à la fois en faveur du projet sur la table et en faveur de la signature du registre. Non pas pour exprimer une opposition, malgré les apparences, mais pour encourager l'expression d'une volonté citoyenne.
Le quotidien Le Droit, par exemple, endosse le projet sous sa forme actuelle, et appuie à la fois la tenue d'un registre. 
Si 14 363 électeurs expriment leur souhait de tenir un référendum sur la question, et que la proposition Pedneaud-Jobin-VMSO devait l'emporter, cela réglera le dossier une fois pour toutes. Si la proposition devait être défaite, il faudra tour reprendre à la case départ. Cela ne nous paraît pas souhaitable, mais cela aurait le mérite d'être clair. La majorité aurait parlé.
D'une certaine manière donc, ce registre constitue la dernière chance pour les Gatinois de s'exprimer sur le bien-fondé de ce nouvel amphithéâtre. C'est maintenant que ça se passe. 
Si le registre n'obtient pas les milliers de signatures requises, il ne sera pas question d'y revenir pendant la campagne électorale de l'automne. Les grues feront déjà leur travail à ce moment-là, si rien ne cloche d'ici là. Même si deux des candidats déclarés dans la course à la mairie, les conseillers Sylvie Goneau et Denis Tassé, comptent parmi les opposants au projet Guertin. Ils devront se trouver d'autres arguments de campagne, et ils abondent. 
Il ne faut pas se fier aux apparences à l'effet que les opposants au projet Guertin ne se bousculaient pas, hier, pour signer le registre. Ce ne pourrait être qu'un leurre. Il ne faut pas présumer de l'humeur de la population. En fin de journée, vendredi, nous aurons un portrait plus clair. La démocratie aura parlé.