Le Canada célèbrera le 150e anniversaire de la confédération le 1er juillet prochain.

Le potentiel du Canada

ÉDITORIAL / En 2017, la Fête du Canada représente davantage qu'un autre 1er juillet, mais le 150e anniversaire de la Confédération. Cela fournit à tous une occasion de réfléchir au pays que nous avons bâti ensemble, et à celui que nous espérons pour l'avenir.
Oh, il n'est pas parfait, ce Canada, mais il suffit de se comparer un peu pour apprécier qu'il est bon an mal an, depuis plusieurs décennies, parmi les pays les plus enviés de la planète. Le Canada est paisible et stable, économiquement puissant, indépendant mais solidaire. Il n'a pas la fière arrogance des États-Unis, ni le passé colonialiste de bien des pays d'Europe. Il n'est pas le premier choix dans l'esprit de la population mondiale mais ceux qui font le choix d'y vivre, et ceux qui ont eu le privilège d'y naître, jouissent d'une des nations les plus respectueuses et les plus bénies du monde. Cela vaut bien la peine de célébrer...
Son histoire n'a ni grands faits d'armes ni déchirantes révolutions, mais les Canadiens gagneraient à mieux la connaître.
Ses premiers 50 ans, de sa fondation jusqu'à la fin de la Première Guerre mondiale, ont jeté les bases de ce qu'il allait être. De quatre provinces fondatrices, le pays a crû, progressivement. Pendant son premier demi-siècle, le Canada est sorti de sa coquille, lors de la bataille de la crête de Vimy soutiennent des historiens, ou à tout le moins, émergé du joug de son statut colonial. Sa nature a commencé à germer avec les immigrants qui y ont vu une terre d'accueil: Juifs, Européens de l'est, Chinois d'abord, puis pendant la seconde moitié du XXe siècle, Italiens, Grecs, Allemands, et d'un peu partout, alors que la prospérité de l'après-guerre et l'émergence de l'empire soviétique ont changé la donne. Comment le Canada rassemblera cet apport multiculturel marquera un défi pour les 50 prochaines années.
Ce 1er juillet, nous célébrons nos libertés, notre richesse collective, nos grands espaces. Nous apprécions nos échanges culturels, entre les deux peuples fondateurs. C'est déjà difficile à deux, il faudra un jour, et pas dans 50 ans, s'entendre avec les populations autochtones qui ont bien voulu partager la Mère Terre et qui ont reçu si peu en retour. Nous verrons bien si la main tendue par le gouvernement de Justin Trudeau apportera ses fruits. 
Certes, il faut lutter pour maintenir nos libertés parfois compromises. C'est le propre de la vie, travail exigeant constante attention. La richesse n'est pas assez également partagée mais nous luttons pour garantir au plus large nombre l'accès à une éducation de qualité supérieure pour échapper aux griffes de la pauvreté et de désoeuvrement. Notre système de santé, malgré ses attentes inacceptables, incarne l'une des valeurs de partage les plus chères aux Canadiens. Les relations entre francophones et anglophones, héritiers de traditions si diverses - à l'image du common law vs le Code civil napoléonien -, sont parfois difficiles. Elles ont mené à de sévères tensions, surtout au cours des 50 dernières années, troisième phase de notre histoire. Il faudra bien trouver un terrain d'entente social, politique et constitutionnel avec ce Québec revendicateur mais incompris. Sans oublier la survie difficile des Canadiens-français en Ontario, en Acadie et ailleurs, qui compte sur le Québec comme allié. 
Ce 1er juillet, le Canada est en route vers son 200e anniversaire. Pays plein de potentiel, oui, mais qui exige efforts, ouverture, sacrifices et compromis de chacun.