Pierre Jury
La mainmise d'Alain Sear sur les Olympiques était inégalée.
La mainmise d'Alain Sear sur les Olympiques était inégalée.

Le miroir aux alouettes

ÉDITORIAL / Pour les habitués, et même ceux qui surveillent le club à distance, c’est toute une révolution qui a secoué les Olympiques de Gatineau. Mais personne ne s’attendait à un tel revirement. Est-ce que cela durera ?

En décembre, l’équipe n’allait nulle part. L’assistance aux matches dégringolait. Le club traînait une séquence noire de 12 défaites consécutives. Il occupait l’avant-dernier rang de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, loin derrière l’équipe devant lui.

La colère grondait « au deuxième étage ». Puis, les vannes ont cédé. Le directeur-gérant et copropriétaire Alain Sear, loin de s’accrocher à son poste, annonce son départ. Le lendemain, c’est au tour du président Martin Lacasse de faire de même. Un ménage comme on n’en a pas vu souvent dans l’histoire du club. 

La mainmise de M. Sear sur les Olympiques était inégalée. Il contrôlait tout, directement ou indirectement. S’il avait connu du succès, cela se serait compris. Mais ce n’était pas le cas. Le club s’enlisait dans la médiocrité. Sa montée en grade s’était faite lentement, étape par étape. De simple investisseur, en 2004, il avait progressivement accumulé les fonctions de plus en plus du côté hockey. De fait, il n’a pas fait que du mauvais. Il s’était généralement entouré de bons entraîneurs. Mais dans la performance des Olympiques, ça paraissait. 

Depuis 2005, le club n’a terminé plus haut que la troisième position qu’une seule fois, en 2008-2009. En séries éliminatoires, une seule belle performance, en 2007-2008, avec une conquête de la Coupe du président. Depuis 2009, les Olympiques croupissaient au milieu ou vers la queue de leur division. C’est une anomalie dans le hockey junior où le cycle en est un de trois ans : une année on perd, une année on construit, une année on remporte. Quand le club s’enlise pendant 10 ans, c’est qu’il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. Quand le club ne passe pas les quarts de finale en série éliminatoire pendant huit ans, il y a plus que de la malchance.

Alain Sear est donc parti, Martin Lacasse aussi. Remplacés par Marc Saumier et Norman MacMillan. Ce dernier est un vieux routier de l’administration, député et ministre sous les libéraux. C’est un retour aux sources, en quelque sorte. Pour Marc Saumier, voilà qui est beaucoup plus périlleux. Il est un ancien joueur de premier plan dans les années 1980, à Gatineau et Longueuil. Après une carrière d’une dizaine d’années dans les rangs professionnels mineurs, il n’a passé qu’une saison comme adjoint avec le Titan d’Acadie-Bathurst. C’est un très grand pas en avant pour lui, mais les premiers signes qu’il envoie sont positifs. 

D’autres devraient se joindre à eux, notamment Luc Robitaille, l’ex-vedette des Olympiques devenue président des Kings de Los Angeles, où il a connu une fructueuse carrière professionnelle. La rumeur est qu’il se joindrait aux Olympiques comme actionnaire.

Entre temps, le club s’est remis à gagner. Cinq victoires d’affilée ! Pour une équipe de queue, voilà qui est prodigieux. Avant d’échapper un match, dimanche, tous les espoirs renaissaient. Mais c’est beaucoup trop vite. D’autant plus que Marc Saumier vient d’échanger son capitaine Charles-Antoine Roy. L’offre du Phoenix de Sherbrooke était trop belle.

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Il ne faut pas se créer de faux espoirs. C’est encore le temps du pain noir. Les succès sont illusoires. 

M. Saumier demeure fidèle à son plan, tandis que Norm MacMillan s’occupe des questions administratives. Le temps de la victoire n’est pas aujourd’hui. Ce n’est qu’un miroir aux alouettes.