La neige, un irritant constant

ÉDITORIAL / L'hiver s'achève, mais les Gatinois n'ont pas oublié les conditions parfois difficiles qu'ils ont dû endurer les jours qui ont suivi d'importantes chutes de neige. Les gens veulent bien faire preuve de compréhension, mais ils s'interrogent des délais, surtout dans certaines petites rues dans des quartiers résidentiels. Et ne parlons pas des trottoirs.
Le déneigement, bref, fait toujours parler et le nombre de plaintes aurait atteint le nombre record de 7003 en 2016-2017, en hausse de plus de 2000 en un an. D'accord, ce barème n'est pas le plus fiable pour mesurer la satisfaction - ou plutôt l'insatisfaction - citoyenne, mais il s'agit d'un indicateur parmi d'autres. Et puis, ce ne sont pas toujours les mêmes trois mécontents qui se plaignent. Il y a de réels irritants dans ce service public. 
C'est un peu dans la nature humaine de souhaiter que notre vie s'améliore avec les années, plutôt qu'elle ne régresse. On se dit que l'on apprend de nos erreurs, que l'équipement s'améliore. 
Cette semaine, indice que nous sommes entrés en année électorale à la Ville de Gatineau, la candidate Sylvie Goneau a flairé la grogne populaire et s'est engagée à hausser le budget déneigement à Gatineau, si elle devait être élue. La ville n'a pas été la plus généreuse sur le plan du déneigement. Le budget total pour la saison a franchi les 15 millions $ en 2011 ; cette année, il est de 16,5 millions $. Sur six ans, 1,5 million $ équivaut à 10 %... moins que ce que les contribuables ont encaissé sur les comptes de taxes municipales.
Il y a donc eu recul des dépenses en pourcentage alors que le nombre de kilomètres de rues est en progression constante.
La neige l'hiver, c'est pourtant une constante, un impondérable avec lequel nous devons tous apprendre à composer comme pays nordique. Au Canada, cela fait partie des services municipaux de base comme les égoûts et l'aqueduc, les ponts et chaussées, les ordures, etc.
Les citoyens sont en droit de s'attendre à un minimum de niveau de service. Et il existe trop de points de rupture depuis quelques années -- et pas que sous l'administration Pedneaud-Jobin -- pour balayer la question sous le tapis comme le maire sortant le fait. L'analyse des opérations de déneigement qu'il préfère à la rhétorique électorale de Mme Goneau, c'est le discours qu'il tenait lorsqu'il est arrivé en poste. Il soutenait, avec raison, que les cols bleus avaient une connaissance de terrain essentielle pour suggérer des mesures d'économie. Trois ans plus tard, cela sonne faux.
Le maire s'intéresse bien plus à la gouvernance et aux grands débats d'idées avec Québec et le fédéral qu'à la gestion quotidienne de Gatineau. Suggérons donc une solution à son goût : faire du « Comité de travail ad hoc concernant l'entretien hivernal des réseaux routiers et pédestres » une réelle commission avec plus d'autorité, de pouvoirs et de considération au sein de l'appareil gatinois. Le conseiller Jean Lessard n'aurait sans doute pas jeté les gants aussi vite comme porte-parole sur le déneigement... Il y avait là un réel signal d'alarme.
Cela ferait grimper la crédibilité du maire Pedneaud-Jobin auprès des citoyens, lui qui s'inquiète de la crédibilité des médias qui rient de l'incompétence municipale d'un cône orange planté dans le bitume... Comme s'ils n'avaient pas aussi traité du projet de loi 122 ou de la décennie de fiascos à propos de l'aréna Robert-Guertin !