L'ancien chef du Parti québécois, Jean-François Lisée

La belle-mère

ÉDITORIAL / Jean-François Lisée a pris une retraite anticipée, en octobre dernier, à la suite de sa déconfiture électorale, mais il n’en a pas perdu pour autant la parole. Droit dont il jouit abondamment, peut-être même trop pourrait-on dire.

Il n’est plus chef du Parti québécois. Après un début de campagne électorale étincelant, tout s’est volatilisé lors d’un débat des chefs où il s’en est pris à Manon Massé, son parti Québec solidaire et le « politburo » qui le dirigerait en sourdine. La performance du PQ en a souffert au point de glisser au quatrième rang des partis à l’Assemblée nationale.  

M. Lisée poursuit malgré tout sa croisade pour se défendre, avant tout, et pour défendre l’indépendance du Québec. Il vient de publier un livre-analyse de la performance de son parti pendant la campagne électorale, Qui veut la peau du Parti québécois ? Le PQ, rappelons-le, a enregistré 17,1 % d’appuis électoraux le 1er octobre 2018, loin derrière les 23,1 % de 1970 qui constituaient le pire résultat de son histoire. Mais c’était leur première course...

Jean-François Lisée s’attaque à de nombreuses cibles. Sur son blogue, il s’en prend à tous ceux avec lesquels il a des comptes à finir, en plus de sujets plus légers, tirés du cinéma américain. Les plus récents sont Gérard Bouchard et Charles Taylor, les auteurs du rapport Bouchard-Taylor sur la laïcité, ou pour appuyer l’universitaire Mathieu Bock-Côté.

Il a aussi un faible pour le gouvernement de Philippe Couillard qui, à n’en pas douter, a laissé un passé trouble de ses quatre années comme premier ministre du Québec. Dans sa plus récente sortie, M. Lisée propose que l’on dénonce « l’insondable sans-gêne des libéraux » à qui il suggère qu’ils présentent des excuses. Il réagissait précisément aux problèmes des Directions de la protection de la jeunesse, affectées négativement par les réformes de l’ex-ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette.

S’il a raison quant à « l’affaiblissement constant des services rendus à nos jeunes » – surtout au lendemain de la mort tragique de la fillette de Granby –, on peut se demander combien de temps Jean-François Lisée continuera de jouer à la belle-mère ainsi.

Au-delà de questions liées à son plus récent livre, ses sorties sont hors d’ordre, finalement. M. Lisée ferait mieux de rentrer dans ses terres et réfléchir à son prochain ouvrage au lieu de tirer sur tout ce qui bouge au Québec.

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Les 67's se sont fait éliminer par le Storm de Guelph, dimanche dernier.

BRAVO AUX 67'S

Les 67’s d’Ottawa ont connu une fin abrupte à leurs séries éliminatoires, dimanche : après 14 victoires d’affilée, ils ont subi une quatrième défaite consécutive aux mains du Storm de Guelph, ce qui les a écartés du prestigieux tournoi de la Coupe Memorial. Quelle défaite crève-cœur pour cette bande de joueurs redoutables.

En apparence, ils avaient tout pour se rendre jusqu’aux plus grands honneurs : un gardien de premier plan, des défenseurs coriaces, trois excellents trios d’attaquants. Dirigés par une main d’expérience par l’entraîneur André Tourigny, ils ont une compensation. Et elle est de taille. Les 67’s n’étaient pas bâtis pour tout vaincre cette saison, mais l’année prochaine également. Les trois quarts du club seront de retour la saison prochaine. À la différence du Storm, qui avait ajouté sept joueurs d’élite à sa formation pendant l’année...

C’est dans l’adversité que l’on apprend les leçons les plus douloureuses, mais les plus payantes aussi. Le prix payé cette saison pourrait bien rapporter l’an prochain. 

Souhaitons-leur !