Harper vs Christie

Deux politiciens de droite, deux manières bien différentes de gérer une crise. Voilà le constat que l'on peut faire entre Stephen Harper et Chris Christie.
Le premier ministre du Canada devrait prendre des notes, avisaient plusieurs observateurs. Il a été critiqué sur sa gestion de la crise au Sénat. Il donnait l'impression qu'il dissimulait des choses, et la version des événements variait au fil des semaines. Les conservateurs n'ont pu lessiver cette tache à leur réputation qui a terni leur année 2013 et croisent leurs doigts que l'opinion publique ne leur en tiendra pas rigueur lorsque les prochaines élections fédérales, en 2015.
Chris Christie est gouverneur du New Jersey. Républicain, plusieurs voient en lui un espoir pour la course à la présidence en 2016. Cette semaine, il a donné un spectacle de gestion de crise en tenant une conférence de presse de deux heures pour nettoyer l'air autour d'un dossier potentiellement explosif touchant son bureau. Des courriels rendus publics mercredi prouvaient que des employés de son entourage auraient comploté pour bloquer des voies d'un pont menant à une municipalité dirigée par un maire démocrate. À peine 24 h plus tard, le gouverneur Christie annonçait le départ de deux d'entre eux et jurait avec une sincérité dont M. Harper ne peut que rêver qu'il n'avait joué aucun rôle dans cette affaire.
Il est encore tôt pour conclure que le gouverneur Christie est sorti du bourbier. Mais gageons que la question sera passablement oubliée dans un an.
Quant au Sénat, à Mike Duffy et Nigel Wright, on en parlera encore dans un an...