Le président de la Commission scolaire des Draveurs (CSD), Claude Beaulieu

Enfin une réponse de la CSD

ÉDITORIAL / Il était grand temps que la Commission scolaire des Draveurs réagisse à toutes les faussetés et à toutes les exagérations qui circulent dans l'espace public à propos des taxes scolaires. Cela aurait évité beaucoup de soucis et beaucoup d'invectives à son président, Claude Beaulieu, qui s'est retrouvé au coeur du litige et perçu comme le grand coupable.
Évidemment, comme président élu de la CSD, il porte une part de la responsabilité de la situation. Il aurait pu envoyer le message bien plus tôt à l'administration de la CSD afin qu'elle lui offre des moyens de s'extraire un peu du vent d'opposition qu'il a affronté. Il ne l'a pas fait et l'inaction lui a coûté. D'autres admireront sa résilience à endurer un problème pendant au moins deux ans sans trop rien faire.
Voilà que la CSD vient à sa propre rescousse, et à celle de son président : bravo ! Il était temps. Pourquoi avoir attendu tout ce temps ?
Certes, l'explication n'est pas toujours la plus limpide. Les détails des finances scolaires au Québec ne sont pas de la plus facile transparence et les deux pages de questions et réponses qui sont offertes sur le site Internet de la CSD calmeront les angoisses de certains, mais pas tous. Les plus curieux iront s'informer sur l'adoption du projet de loi 25 en 2013, qui a mis le feu aux poudres. Mais trop abandonneront à mi-chemin, découragés par le vocabulaire hermétique et la complexité du dossier. Personne n'a dit que la gestion des finances scolaires était chose facile ! Mais à cette époque, plusieurs souhaitent des solutions faciles à des problèmes complexes. Cela se constate aux plus hauts échelons de la planète avec un Donald Trump qui croit être en mesure de réécrire l'Accord du libre-échange nord-américain en quelques mois, et à régler le conflit israélo-palestinien de la main gauche...
La Commission scolaire des Draveurs vient au moins de faire un effort solide pour expliquer aux contribuables gatinois pourquoi leurs taxes scolaires ont tant augmenté. Que c'est Québec qui fixe son enveloppe budgétaire : 39,7 millions $ en 2017-2018, et que les frais de gestion ne montent qu'à 4 %. Elle rappelle que chaque contribuable qui transfère ses taxes scolaires de la CSD vers la Western Quebec School Board alourdit le fardeau de toutes les familles qui restent à la CSD, par obligation ou par conviction. Un contribuable jubile parce qu'il économise 500 $ sur ses taxes scolaires ? Ce sont tous ceux qui s'accrochent qui devront le payer. Multipliez cette « évasion fiscale » par 10 000 comptes de taxes et c'est un imbroglio impossible qui échoit sur la table des commissaires.
La solution, car il y en a une, c'est une taxation unique pour tout l'Outaouais, comme c'est la pratique à Montréal. 
Le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, a jusqu'ici refusé d'appliquer ce principe à l'Ouest du Québec. La question est toujours à l'étude et il n'a avancé aucune explication quant aux obstacles et aux raisons pourquoi cela poserait un tel problème. 
Lui aussi devrait faire comme la CSD et expliquer en quelques pages pourquoi ce problème de taxation est si complexe...
Entre temps, il n'y a que les pressions politiques qui pourront rompre l'impasse. La CSD fournit les coordonnées des deux députés provinciaux qui partagent leur territoire avec la CSD, Alexandre Iracà et Marc Carrière. Les contribuables mécontents de la CSD devraient leur adresser leurs questions. Ils ont une partie de la réponse entre les mains.