L'Université du Québec en Outaouais

Dossier bien amorcé à l’UQO

ÉDITORIAL / À l’Université du Québec en Outaouais, il ne manque plus que l’annonce de la pelletée de terre. Tout le reste est carrément fixé. Mais comme nous sommes en campagne électorale (en fait, ça démarrera officiellement demain), le gouvernement libéral se garde une petite gêne...

En temps normal, la ministre de l’Enseignement supérieur serait venue faire l’annonce. Un budget de 90 millions $ qui met une fois pour toutes au rancart la division du campus de l’UQO en deux, le pavillon Alexandre-Taché d’un côté, et le pavillon Lucien-Brault, de l’autre. Peut-être même le premier ministre lui-même ! 

Mais comme nous ne sommes pas en temps normal, Stéphanie Vallée — quand même la ministre responsable de l’Outaouais — s’est chargée d’une confirmation somme toute sommaire. Sous le couvert d’annonces d’investissements de 4,5 millions « pour le dossier d’opportunité » de l’UQO, il faut lire bien plus en filigrane.

Le dossier est donc bien amorcé.

La ministre qui ne se représente pas était accompagnée de la députée de Hull, Maryse Gaudreault, et de Marc Carrière, député de Chapleau.

La modestie de leurs responsabilités est un témoignage du travail qui reste à faire dans le dossier.

Lors de la plus récente réunion du conseil des ministres, la semaine dernière, le gouvernement libéral a discrètement approuvé ces 4,5 millions $. Mais plus important encore, il a donné suite au budget du ministre des Finances de mars 2018, qui disait à mots couverts que le dossier de l’UQO est désormais inscrit au Plan québécois des infrastructures. Ce que cela veut dire, c’est que l’engrenage est maintenant bien amorcé. Que le dossier est intégré au PQI et qu’il n’y a plus que le rythme des dépenses à être décidé. 

Bientôt, le pavillon Lucien-Brault sera transféré à la Commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais pour 1 $. L’espace lui manque pour l’éducation permanente et cette solution évidente tombe sous le sens. Mais ce transfert coûte plus que le dollar symbolique. Québec s’engage à verser 2,6 millions $ pour réaménager le campus Lucien-Brault en des locaux mieux adaptés. Voilà qui est fait.

Le restant de l’enveloppe desservira d’autres besoins : 500 000 $ pour l’UQO et les deux cégeps, le Collège de l’Outaouais et le Collège Héritage, pour « le développement d’une synergie entre les établissements (...) et les acteurs socioéconomiques dans le but de renforcer la culture entrepreneuriale », et un autre 500 000 $ pour le baccalauréat en kinésiologie et le développement de programmes courts en santé sexuelle et toxicomanie notamment. Enfin, les 932 046 $ restants serviront à l’aménagement des locaux du programme de diététique au Cégep de l’Outaouais.

L’éléphant dans la pièce demeure la prochaine élection. 

Si les sondages tiennent la route, le futur gouvernement ne sera pas libéral, mais caquiste. En Outaouais, les libéraux en mènent toutefois encore large. Dans ces conditions, que fera la Coalition avenir Québec avec l’UQO ? Quels engagements prendra-t-il en Outaouais ? Il risque de ne pas y faire de gros gains, une ou deux circonscriptions au maximum. On parle de Gatineau, et peut-être Chapleau. François Legault, qui a déjà promis un nouvel hôpital de 170 lits pour l’Outaouais, pourrait ne pas se sentir engagé à compléter le projet de l’UQO. Surtout à hauteur de 90 millions $. Surtout à Hull, qui demeurerait libéral. Compléter l’offre en éducation s’avère important, mais la santé prime sur tout. Ces questions relèvent maintenant de François Legault.