Le projet d'aréna pour remplacer le centre Robert-Guertin coûtera 104 millions$.

Cap sur Guertin 2020

ÉDITORIAL / Après plus d'une décennie de revers et de reprises, la Ville de Gatineau ira enfin de l'avant pour assurer l'avenir de l'aréna Robert-Guertin. Le plan que le conseil municipal a accepté, cette semaine, assure la pérennité de la franchise de hockey junior majeur et dote le centre de quatre nouvelles surfaces glacées. Le coût total : 104 millions $. Il s'agit du plus acceptable projet jamais déposé devant les élus qui l'ont solidement appuyé. Il était temps !
La facture est bien plus élevée que les 60 ou 70 millions $ des projets passés. Mais les contribuables gatinois en obtiendront beaucoup plus... pour bien moins cher que ce que le conseil s'apprêtait à dépenser, il y a quelques années. Nous ne parlons plus d'une seule patinoire avec 4000 sièges, mais de quatre. Cela permettra à la Ville de Gatineau d'économiser sur ses vieux arénas dont on étire la vie utile. Elle règle donc deux problèmes d'un seul coup. 
Gatineau économisera aussi avec l'entrée en scène d'un nouveau partenaire, VMSO, pour Vision multisports Outaouais. Cette organisation sans but lucratif était déjà derrière le Complexe Branchaud-Brière où elle a développé une expertise dans la gestion de patinoires. Chapeautée par Alain Sanscartier, VMSO y a défriché le secteur de l'animation d'activités et poursuivra dans cette lancée au complexe quatre-glaces du secteur La Cité. En prime, VMSO ne se contente pas d'être un acteur passif mais y investit 16 millions $. Cela allège d'autant plus le fardeau des contribuables.
Évidemment, Québec maintient toujours sa contribution de 26,5 millions $, promise il y a une décennie maintenant.
Il reste donc 61,5 millions $ à la charge de la Ville de Gatineau. Quelque 25 millions $ iront à des travaux d'infrastructure, principalement la construction d'un stationnement de 880 places ; ce sera un atout dans ce qui se dessine comme un nouveau centre-ville pour le secteur Gatineau. Le jour, il servira à répondre à la demande en stationnement dans les environs. Il y aura aussi de l'argent pour refaire quelques accès routiers. Parlons plutôt de dépenses devancées par rapport à l'échéancier original. Car un jour, il aurait bien fallu les engager ces dépenses dans ce secteur de plus en plus densifié où les Gatinois retrouvent déjà la Maison de la culture et le Complexe sportif.
Certes, les Gatinois se sont plaints de la gestion de toute cette entreprise de rénovation urbaine. Des conseillers, par exemple. Leur opposition aura plus servi à montrer à leurs commettants qu'ils n'endossaient pas tout cru ce plan associé de près au maire Maxime Pedneaud-Jobin. Ce dernier en ressort grandi : depuis deux bonnes années qu'il invitait à la patience, voilà qu'il a enfin pu dévoiler un projet gagnant-gagnant pour tous, les contribuables gatinois au premier chef. Oui, il a fallu attendre longtemps pendant qu'il ourdissait son plan derrière des portes closes. Aurait-il pu agir avec plus de transparence ? Très difficile à dire. Mais à partir de maintenant, tout sera fait aux yeux de tous, par appels d'offres, a-t-il garanti.
Il ne reste qu'une ultime étape : l'approbation de Québec qui doit se faire par une loi spéciale endossant la démarche de Gatineau. Espérons que les élus de l'Outaouais mettront tout leur poids derrière le projet. L'attente a assez duré. Cap sur une ouverture en 2020.