Kim Boutin tenant le drapeau du Canada lors de la cérémonie de fermeture des Jeux olympiques de PyeongChang

Canada, Norvège... et Corée du Nord

ÉDITORIAL / Les athlètes du Canada ont offert des performances d’une qualité historique aux Jeux olympiques de PyeongChang. Ils méritent toute notre admiration.

Le total de 29 médailles à ces Jeux d’hiver confirme que le Canada est réellement – notre climat nous y prédisposait – une puissance dans les sports d’hiver. Chapeau à la Norvège qui, toutes proportions gardées avec ses 5,2 millions d’habitants, a fait la barbe à tous les pays avec une mirobolante récolte de 39 médailles.

À l’aube de ces Jeux organisés sans aucune anicroche par la Corée du Sud, nous avions tout de même noté que les succès du Canada n’étaient pas le fruit du hasard. Si l’unifolié a flotté si souvent à PyeongChang, c’est que depuis une décennie le Canada a augmenté considérablement son appui financier au sport d’élite, au même moment que l’émergence de nouvelles épreuves a ajouté des chances de médailles. Pensons au patinage de vitesse sur courte piste et à toutes les nouvelles versions des sports de pente.

Les Olympiques sont plus qu’une affaire de sports, mais aussi un grand rendez-vous des nations du monde qui compétitionnent amicalement entre elles – du moins l’espère-t-on. Et à ce chapitre, la Corée du Nord s’est grandement illustrée à PyeongChang. Pas sur les glaces ni les pentes, mais au plan diplomatique. Peut-être n’est-ce que de la poudre aux yeux de la part du régime de Kim Jong-Un qui sait soutirer le maximum d’un assez mince coffre à outils.

L’union des hockeyeurs sud- et nord-coréens et la présence d’émissaires de la Corée communiste – sans parler des meneuses de claque observées de toutes parts – augurent peut-être une ère de détente dans la diplomatie mondiale. Il faut applaudir tout réchauffement à ce chapitre, même s’il devait s’avérer artificiel et de courte durée, car il vaut mieux que l’escalade de bravades entre Kim Jong-Un et Donald Trump sur fond de menaces nucléaires.

Brown parti, encore

Cette course à la direction du Parti conservateur de l’Ontario cessera-t-elle de rebondir? 

Patrick Brown a une fois de plus quitté la scène de la politique, hier. En janvier, il avait démissionné à la suite d’allégations d’inconduite sexuelle avant d’annoncer, il y a une semaine à peine, qu’il serait candidat à sa propre succession. Ce retour hâtif n’était pas l’idée du siècle. Notre éditorial du 22 février parlait des «mauvaises motivations» derrière cette plus récente tentative. M. Brown avait peut-être rebâti le Parti PC, mais des doutes ont surgi récemment. De nouvelles allégations, sur des questions éthiques cette fois, ont fait surface. Elles ont été niées au début parce qu’elles venaient d’un de ses intraitables adversaires au sein même de son parti, le député Randy Hillier. Mais quand le commissaire à l’intégrité en Ontario a pris le dossier en main, elles n’étaient plus si farfelues que ça. 

Les mauvaises motivations de Patrick Brown, additionnées à des versements financiers douteux, ont eu raison de son entêtement. 

On en oublie presque que les conservateurs ont moins de deux semaines pour choisir un nouveau chef parmi quatre candidats dans une course aux perturbations historiques. Tout ça alors que le pouvoir leur pend au bout du nez, s’ils réussissent à se redresser à temps.