La police de Gatineau a constaté une baisse sensible de 4 % des crimes commis sur son territoire.

Brillant bulletin livré aux Gatinois

ÉDITORIAL / Bonne nouvelle, la police de Gatineau a constaté une baisse sensible de 4 % des crimes commis sur son territoire. C’est un recul marqué qui ajoute à la crédibilité parfois entachée du Service de police. On prend les fleurs quand elles passent...

D’abord, notons le profond écart entre les cas de conduites affaiblies par l’alcool, au nombre de 260, par rapport aux cas de conduites affaiblies par la drogue, au nombre de 17. Si nous ne savons pas encore quel est l’ennemi public numéro 1, nous ne le saurons jamais. L’alcool au volant demeure encore la grande menace, surtout chez les 35 ans et plus, pour lesquels l’alcool est la «drogue» de choix.

Mais la drogue au volant sera en hausse, ça, nous pouvons le prédire. D’abord, pour une raison simplement mathématique. La vente libre de cannabis a débuté le 17 octobre : cela ne laissait que 10 semaines de consommation licite pour les usagers. C’est donc dire que la majorité des 17 arrestations se sont produites du temps que la marijuana était encore illégale. Cette question était parmi les plus grandes inquiétudes des Canadiens avant la légalisation du cannabis et l’avenir prouvera que la population avait raison d’avoir des craintes.

Autre dossier d’importance : les interventions policières liées à des cas de santé mentale. Elles sont si courantes — 3400 appels en 2018 — qu’elles ont provoqué la création d’un nouveau partenariat entre la police et le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais. L’initiative, baptisée Équipe Unic, jumelle un patrouilleur et un agent psychosocial. Voilà une merveilleuse idée qui doit être encouragée à l’avenir.

L’époque des deux agents dans un véhicule est peut-être révolue...

Enfin, il y a la question des communautés culturelles, encore largement absentes des corps policiers modernes. Ils demeurent l’exception, l’émergence d’un nouveau phénomène. La Ville d’Ottawa est légèrement en avance sur Gatineau, constate-t-on.

Le problème est davantage sur les écoles de police, qui tardent à intéresser de la relève issue des communautés culturelles. Quand cette situation sera corrigée, cela contribuera à changer le visage de nos corps policiers. Et secret de Polichinelle, ils en ont bien besoin.

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Vendue!

L’école Our Lady, une plaie dans la Basse-ville d’Ottawa, a finalement été vendue. 

Les espoirs renaissent que l’on puisse redonner un semblant de lustre à ce vieil édifice qui date de 1904.

Cela fait des décennies que la bâtisse se dégrade. Elle attendait une proposition de redéveloppement, mais le dernier propriétaire, le Groupe Marcel Lauzon, n’arrivait pas à s’entendre avec la Ville d’Ottawa. M. Lauzon est décédé à la fin 2018 et son décès aura sans doute provoqué la vente de l’édifice dont il ne reste plus que deux murs retenus par des poutres d’acier.

L’école a été vendue récemment pour 1,8 million $. C’est évidemment le large terrain qui a de la valeur, malgré la présence des Bergers de l’espoir, à un coin de rue, qui rend le secteur lugubre. 

La vente de cette propriété augure tout de même du bien. Il est temps de tourner la page et de considérer un plan de reconstruction qui mariera l’ancien et le nouveau.