Le conseiller Stephen Blais a devancé sa rivale Rachel Décoste pour remporter l’investiture du Parti libéral de l’Ontario dans la circonscription d’Orléans.

Blais, vainqueur facile à Orléans

ÉDITORIAL / Stephen Blais a remporté l’investiture du Parti libéral de l’Ontario dans la circonscription d’Orléans. Sa tâche sera beaucoup plus ardue que celle dans Ottawa-Vanier, un château fort traditionnellement libéral. Cette circonscription aussi est vacante depuis la démission de Nathalie des Rosiers, qui est retournée dans le monde de l’éducation.

Jusqu’en 2018, Orléans s’avérait en quelque sorte une circonscription baromètre, alors qu’elle change de député au gré des allégeances du premier ministre. Pas toujours, mais de façon régulière. Marie-France Lalonde a rompu cette série en reconquérant Orléans en 2018, même si une vague en faveur du Parti progressiste-conservateur balayait l’Ontario. Mais avant elle, Phil McNeely l’a conquise trois fois sous la domination du premier ministre Dalton McGuinty. Avant ça, c’était l’époque du conservateur Brian Coburn qui la représentait à l’époque des premiers ministres Mike Harris et Ernie Eves. Et avant lui, Gilles Morin, qui est entré à Queen’s Park en même temps que David Peterson...

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Donc la course sera serrée entre Stephen Blais et le candidat conservateur qui doit être nommé. Parce qu’il y a une certaine allégeance entre le premier ministre et le député d’Orléans. Mme Lalonde avait prévalu ; M. Blais saura-t-il suivre dans ses traces ? L’avenir nous le dira.

Franco-Ontarien qui a redécouvert ses racines il y a quelques années, M. Blais n’a pas eu trop de difficultés à remporter cette investiture. Il a obtenu 368 votes, 232 de plus que son adversaire Rachel Décoste, qui en a récolté 136. Mme Décoste était plus ou moins connue dans Orléans, alors qu’elle signait des opinions politiques dans le Huffington Post. C’est un déficit important devant M. Blais qui est conseiller municipal du quartier Cumberland depuis 2010. Son ascendant sur ce secteur est d’Ottawa est majeur comme en témoignent ses 89 % des votes exprimés lors du vote de l’automne dernier.

Stephen Blais agit aussi comme président de la Commission de transport en commun, pas une mince tâche compte tenu des ratés du démarrage du train léger. S’il est élu, il sera heureux de passer cette patate chaude à un autre élu d’Ottawa. Mais ce n’est rien à comparer avec la tâche qui l’attend. Le Parti libéral de l’Ontario ne compte que cinq députés en ce moment... sur 124 sièges. Il y a tout un travail de reconstruction à abattre en Ontario, et ce, même s’ils réussissent à faire élire des libéraux dans Orléans et dans Ottawa-Vanier. Et il ne reste que deux années et demie avant le prochain scrutin général. Délai pendant lequel le Parti libéral devra se trouver un nouveau leader. Ce ne sera pas une mince tâche de rebâtir ce parti, qui a connu de belles années sous M. McGuinty, avant une fin atroce, et quatre années du leadership sans boussole de Kathleen Wynne.

M. Blais avait réussi à obtenir l’appui de l’ex-ministre Madeleine Meilleur, un témoignage de l’influence que l’ancienne députée d’Ottawa-Vanier joue encore dans la politique. Même si elle a quitté en juin 2016, elle tire encore des ficelles et son « imprimatur » compte encore pour beaucoup. 

Maintenant, l’attente se fera sentir. Le premier ministre Doug Ford n’aura aucune hâte à s’encombrer d’un ou de deux autres députés libéraux de plus. Il remettra l’élection partielle le plus loin possible. Dans Orléans, il peut faire patienter jusqu’en mars 2020. Bien que Stephen Blais s’est dit prêt à en découdre tout de suite, il devra ronger son frein encore plusieurs mois, exerçant sa patience.

Bienvenue en politique provinciale, M. Blais !