2017 approche vite

Le projet Destination Gatineau n'est pas très fort, mais il n'est pas mort non plus. En soi, c'est déjà une réussite. Une petite réussite.
Le ton pendant la campagne électorale a failli déraper et ce projet d'aménagement de la porte d'entrée ouest de Gatineau aurait pu devenir un enjeu électoral. À la place, l'élection à la mairie de Gatineau s'est plutôt transformée en un référendum sur le style de leadership de Marc Bureau et du projet Rapibus. La population a vertement semoncé le maire sortant.
Quant à Destination Gatineau aurait pu devenir l'enjeu électoral dont le principal prétendant à la mairie, Maxime Pedneaud-Jobin, aurait pu se servir pour se démarquer de M. Bureau. Destination Gatineau peut donc dire merci au lancement raté du Rapibus.
Cette semaine, Destination Gatineau tente de sauver les meubles. Son promoteur, Claude Hamelin, a fait une présentation au conseil municipal en compagnie du conseiller Maxime Tremblay, sans doute son plus ardent supporter parmi les élus municipaux. L'accueil a été mitigé. Mais cela aurait pu être pire. M. Hamelin doit remercier le ciel que le parti Action Gatineau n'ait fait élire que quatre conseillers...
MM. Hamelin et Tremblay ont tenté au cours des derniers mois de mettre un plus de chair autour du projet Destination Gatineau. Le plan d'affaires a été étoffé, des prévisions financières ont été développées ; elles sont encore purement hypothétiques mais au moins le conseil municipal gatinois peut être charmé par la perspective de 3,1 millions de visiteurs en 2019, de retombées économiques de l'ordre de 169 millions $, et de nouveaux revenus pour la ville de l'ordre de 9,5 millions $ (revenus d'exploitation et impôts fonciers).
Destination Gatineau était, et est encore, un projet d'intérêt pour Gatineau et l'Outaouais.
C'est pourquoi LeDroit l'a plusieurs fois appuyé, et pourquoi nous l'appuyons encore.
Les Gatinois l'ont souvent vu avec suspicion.
Action Gatineau lui préférait une approche plus décentralisée qui mettrait en valeur les attraits sous-exploités de différents secteurs de la ville unifiée. Cette position était louable mais ce n'est pas avec cette stratégie que Destination Gatineau et ses partenaires pouvaient convaincre le gouvernement fédéral d'insuffler l'essentiel des 138 millions $ nécessaires à sa réalisation. Car il n'a pas été répété assez souvent que Destination Gatineau s'inscrivait dans une stratégie de promotion et d'embellissement de la région de la capitale pour les célébrations du 150e anniversaire de la confédération canadienne.
Vu de la rive ontarienne, la rive outaouaise n'a rien de trop attrayant. Certains éléments sont en place, comme le parc Jacques-Cartier et le Musée canadien de l'histoire (ex-Musée des civilisations). Autour de cela, c'est plutôt déprimant. La société Windmill devrait entreprendre la revitalisation de l'ancienne usine de Domtar et il reste encore à tout intégrer ces atouts dans une même vision structurelle unifiée. C'est ce que Destination Gatineau se promettait de faire.
Pour s'allier le maire Pedneaud-Jobin et les élus d'Action Gatineau, Claude Hamelin inclut maintenant le ruisseau de la Brasserie dans cette vision, mais n'a encore aucune idée précise de ce qui pourrait y être fait, ni de combien cela coûterait. Donc encore bien du flou.
Le flou, voilà bien le principal défaut de Destination Gatineau. Depuis qu'il a été révélé en 2009, le projet a gaspillé de précieuses années à se structurer et à attendre que les conditions gagnantes soient réunies : le fédéral, Québec, Gatineau, etc. Ce n'est jamais arrivé. Marc Bureau ne pouvait le faire à lui seul. Sans un conservateur au cabinet comme Lawrence Cannon, il n'y a personne pour porter le message de l'Outaouais à Ottawa depuis 2011. Maxime Pedneaud-Jobin et son nouvel ami, Jim Watson, le maire d'Ottawa, peuvent-ils s'allier pour convaincre le fédéral de débloquer des fonds pour 2017 ? Y a-t-il par ailleurs un rôle pour Québec ?
L'anniversaire des 150 ans s'approche rapidement; le temps presse.