Le gouvernement libéral de Kathleen Wynne a tenu parole et livré ces trois engagements avant la fin de 2017, comme il l’avait laissé entendre.

2017, année faste pour les Francos

C’est maintenant officiel, voté et approuvé : l’Université de l’Ontario français a une existence légale depuis hier, le statut bilingue d’Ottawa se raffermit et le Centre Jules-Léger sera géré « par et pour » les francophones. Le gouvernement libéral de Kathleen Wynne a tenu parole et livré ces trois engagements avant la fin de 2017, comme il l’avait laissé entendre. Sur le plan de la francophonie ontarienne, cela boucle une très grosse année dont les répercussions se feront sentir pour des générations. Rien de moins !

Plusieurs prophètes de malheur doutaient fort que le gouvernement respecte l’échéancier qu’il s’était lui-même donné. Les soupçons étaient légitimes. 

En 2016, le gouvernement a gaspillé des mois avant de publier le rapport sur la pertinence de créer l’Université de l’Ontario français. Il datait de février et n’a été rendu public qu’en juin. Puis il a fallu attendre six mois de plus pour annoncer la composition du Comité de planification. Bref, le temps filait au calendrier et rien ne progressait vraiment. Mais en 2017, le gouvernement a haussé la cadence. Le rapport de Dyane Adam, la présidente du Comité de planification, a été livré à l’été et la confirmation que l’Ontario compterait une nouvelle université est venue le mois suivant. Le projet de loi a été déposé le mois dernier et hop !, adopté hier.

Les craintes étaient fortes que le gouvernement Wynne fasse de cette Université de l’Ontario français un enjeu électoral. Du genre, votez libéral en 2018 sinon ça ne se concrétisera pas ? 

C’est pourquoi l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario a multiplié les démarches auprès des partis d’opposition à Queen’s Park afin de gagner leur appui au projet. 

Le dossier du statut bilingue de la Ville d’Ottawa a suivi de semblables chemins tortueux. Cela faisait trois bonnes années que des mouvements de citoyens militaient pour assurer la place qui revient aux francophones dans leur capitale. Ils avaient tous l’année 2017 en tête et le symbolisme du 150e anniversaire de la Confédération pour faire aboutir une législation. 

Le statut « officiellement bilingue » a été dilué pour se contenter d’une reconnaissance d’un statu quo, ou d’un niveau minimal de bilinguisme pour la capitale. Cette concession a eu deux effets majeurs. D’abord, le maire d’Ottawa Jim Watson a mis fin à son opposition systématique au projet. En retour, la communauté francophone sacrifiait son ambition de meilleurs services en français, du moins à court terme. Les plus optimistes estiment que la nouvelle législation ouvrira la porte à une bonification des services à moyen et long terme. L’avenir nous le dira. 

Mais en termes de realpolitik, les Franco-Ontariens ont eu leur leçon. Ils ont sécurisé le présent à défaut de le bonifier. Ils se sont contentés de ce qui était possible au lieu de viser la lune et panser les plaies d’un échec. 

Enfin, il y a la manière que le gouvernement a fait cheminer les trois initiatives franco-ontariennes. Il est triste que les libéraux aient choisi la voie d’un projet de loi omnibus. Cela a empêché un sain débat démocratique. Les avis des partis d’opposition, qui auraient pu contribuer à les bonifier, ont été bloqués. Ainsi, ils ont voté contre le projet de loi 177 même si nous savons que conservateurs et néo-démocrates appuyaient les alinéas franco-ontariens. Le gouvernement a gaspillé une belle occasion d’une unanimité pour l’Ontario français. 

Ces bémols ne seront peut-être que de la petite histoire. L’important demeure que 2017 aura été une année faste pour l’Ontario français, et les libéraux en auront été des artisans cruciaux.