Pierre Jury

Un autre budget à l’encre rouge

ÉDITORIAL / Le quatrième budget du ministre fédéral Bill Morneau dévoile on ne peut plus clairement le biais de son gouvernement contre l’équilibre budgétaire. Nous savions que ce n’était pas important pour lui, que le ratio déficit/dette compte bien davantage.

Ainsi, le ministre des Finances a déposé un budget prévoyant un déficit de 19,8 milliards $, toujours sans objectif d’un retour à l’équilibre financier. 

C’est la quatrième fois d’affilée qu’il se vautre dans l’encre rouge, mais là, son message commence à porter. Il a été rapporté plusieurs fois, par plusieurs personnes, que l’équilibre budgétaire n’était peut-être pas si crucial que nous le martelaient les gouvernements antérieurs de Jean Chrétien, un libéral, et de Stephen Harper, un conservateur. Le ratio dette/déficit passera de 31,3 % à 30,7 % entre 2017-2018 et 2019-2020, puis à 28,6 % en 2023-2024. Ce quotient calcule le poids du déficit par rapport à la dette, et réduit à chaque année. Il est bien inférieur au 70 % qui marque le seuil d’inquiétude duquel le fédéral s’approchait en 1995. Le Canada s’en va ainsi dans la bonne direction et c’est la mesure qui importe pour le premier ministre Justin Trudeau.

Les finances fédérales ont engrangé quelque 5 milliards $ de revenus supplémentaires au cours de la dernière année, et le ministre Morneau aurait pu en utiliser une partie pour réduire le déficit. Mais il a préféré le dépenser au complet dans des mesures qui pourraient lui rapporter politiquement lors des élections fédérales de l’automne prochain. Il a donc présenté des initiatives qui peuvent appuyer la classe moyenne au Canada, la marotte libérale. Notamment une mesure pour aider l’achat d’une première propriété par l’utilisation accrue sans frais des fonds de son REER, et l’investissement inattendu de la Société d’hypothèques et de logement à hauteur de 5 ou 10 %. Ce sera très apprécié.

M. Morneau a aussi réglé deux problèmes avec une seule pierre, en permettant aux aînés d’exempter jusqu’à 15 000 $ de revenus de leur Supplément de revenu garanti, et en aidant les entreprises qui pourront recourir à leurs services pour pallier un peu à la rareté de la main d’œuvre. Cela changera la donne pour les travailleurs aînés.

Le nouveau crédit à la formation n’aura pas d’impact au cours des deux ou trois premières années, à 250 $ par an. Mais au-delà de cette période, ce programme pourra être valable pour les contribuables… advenant que les libéraux soient réélus. 

Les libéraux se sont aussi assurés de pouvoir compter sur des amis importants pour les prochaines élections, notamment tous les élus municipaux et tous les producteurs laitiers.

Aux premiers, ils verseront 2,2 milliards $ sans aucun lien d’attache, auxquels s’ajouteront les aides ponctuelles comme le métro de Montréal, le train léger à Québec… ou à Gatineau. Aux seconds, ils se protègent de leurs récriminations en leur promettant 3,65 milliards $ qui agiront en contrepoids aux effets de la réduction de la gestion de l’offre convenue avec les gouvernements des États-Unis et du Mexique, notamment, dans le cadre de l’ALENA renouvelé. 

Quant au gros cadeau électoral qu’aurait représenté une assurance-médicaments nationale, il faudra attendre encore. Mais ça se prépare.

Tout ça vise à concrétiser leurs votes en octobre, en les subtilisant à la gauche, au Nouveau Parti démocratique, plutôt qu’à la droite, au Parti conservateur. D’ailleurs, le PC du chef Andrew Scheer a nettement placé ses pions en martelant le scandale de SNC-Lavalin encore mardi. Nous verrons en octobre à qui la stratégie rapportera.

Pierre Jury

Langues: enfin un dialogue

ÉDITORIAL / Il ne faut pas passer sous silence le fait que le Parti libéral a patienté plus de trois ans avant d’annoncer son intention de réformer la Loi sur les langues officielles.

Il a passé deux bonnes années à consulter patiemment, trop parfois, avant de dévoiler son Plan d’action sur les langues officielles, rendu public en mars. Pendant tout ce temps, il a ignoré les appels à une mise à jour de la loi linguistique. Maintenant qu’il est en fin de mandat, il se réveille enfin... cela s’approche de la mauvaise foi.

Pierre Jury

Trudeau en a dit juste assez...

ÉDITORIAL / Justin Trudeau a enfin pris la parole dans le dossier de SNC-Lavalin. Après un mois, il était temps. Il est des responsabilités que le premier ministre du Canada ne peut ni ne doit éluder trop longtemps.

Ainsi, après Jody Wilson-Raybould, Gerald Butts, Nathalie Drouin et Michael Wernick, c’était logiquement à son tour de parler. Il en a tout juste assez dit pour calmer la grogne.

Pierre Jury

Trudeau toujours mal en point

ÉDITORIAL / Le témoignage tant attendu de Gerald Butts devant le comité de la justice s’est soldé comme tout le monde s’y attendait : il n’y a pas eu de pressions indues sur la ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould, a-t-il certifié.

Le litige concerne un éventuel accord de réparation dont aurait pu se servir le bureau d’ingénieurs SNC-Lavalin pour éluder des poursuites potentiellement coûteuses pour elle, incluant l’interdiction d’obtenir des contrats du gouvernement au Canada pour une période de 10 ans. Elle avait un réel intérêt à mettre fin à cette action en justice et elle a, de fait, multiplié les démarches pour que soit promulguée la loi sur les accords de réparation. La consultation est toujours en cours.

Pierre Jury

Lots de questions sur Ron Taverner

ÉDITORIAL / Dans ses rêves les plus fous, Doug Ford aurait planifié qu’un scandale explose ailleurs qu’à l’Assemblée législative. La chance lui a souri : Jane Philpott a démissionné en fin d’après-midi, lundi, en appui à Jody Wilson-Reybould, son ex-collègue et ministre de la Justice au sein du gouvernement de Justin Trudeau. Ainsi, la nouvelle du congédiement de Brad Blair est passée inaperçue.

Mais pas pour longtemps. L’ampleur de ce coup de pied asséné au commissaire adjoint de la Police provinciale de l’Ontario allait rapidement revenir au haut du pavé. Et les allégations d’interférence politique impliquant le premier ministre de l’Ontario reprendraient de plus belle. 

On peut mettre tout ce qu’a fait Brad Blair sous le coup de l’envie, sous le coup des espoirs déçus et sous le coup d’une revanche bien placée. Car il était sur les rangs pour succéder à Vince Hawkes comme commissaire de l’OPP. Aux côtés de Ron Taverner, surintendant de la police de Toronto... et un proche de la famille Ford.

Blair a demandé à la cour de forcer l’ombudsman de l’Ontario à faire enquête sur l’embauche de M. Taverner. Une enquête est en cours.

Il y soulève plusieurs questions. 

Pourquoi Doug Ford a-t-il insisté pour avoir certains officiers bien précis comme membres de son escouade de sécurité ? Était-ce une manière de faire connaître son mécontentement envers Vince Hawkes ?

Pourquoi M. Hawkes a-t-il démissionné en novembre, quatre ans après sa nomination ? 

Pourquoi les critères d’embauche au poste de commissaire de l’OPP ont-ils été modifiés deux jours après leur affichage ? Était-ce pour rendre admissible Ron Taverner, qui ne l’aurait pas été autrement ?

Pourquoi le chef de cabinet Dean French a-t-il été nommé au sein du comité de sélection à la dernière minute ? Était-ce pour faciliter la nomination de Ron Taverner ?

Pourquoi Doug Ford ne s’est-il pas récusé lorsqu’est venu le temps de nommer le nouveau commissaire, compte tenu de ses liens étroits avec Ron Taverner ? Était-ce pour mieux le nommer ?

Sans compter que Doug Ford a demandé, via son chef de cabinet, que l’OPP achète un gros véhicule qui serait modifié selon les ordres de M. Ford, et que la dépense ne devait pas apparaître aux livres de l’OPP...

Cela fait bien des sous-entendus.

Peut-être la nomination (suspendue) de M. Taverner n’est qu’une suite de malencontreux sous-entendus qui sont chaque fois rapportés par les partis d’opposition qui réclament à hauts cris une enquête indépendante sur cette affaire.

Peut-être bien que les intentions du premier ministre sont toutes louables et dénuées de tout soupçon. Ce ne serait pas la première fois qu’un élu est attaqué de façon sournoise, que disons-nous, de façon immorale. Tout ça pour dire que la théorie défendue par Brad Blair pourrait bien n’être qu’un tissu de mensonges et d’approximations prononcées sous le coup de la frustration du candidat écarté. 

En même temps, l’inverse pourrait tout aussi bien être vrai. Toutes les cordes auraient pu être tirées, l’une à la suite de l’autre, de façon plus ou moins discrète, afin de favoriser la candidature de Ron Taverner, qui est tout de même âgé... de 72 ans. 

Ce serait là l’exemple parfait du cafouillage d’un clan autour de Doug Ford qui se sent tout permis. Il aurait agi ainsi avec une franche désinvolture dont il ne se serait pas servi dans la présente réforme de l’éducation, pour mettre la hache dans la santé (incluant les Réseaux locaux intégrés de santé et de services sociaux, les RLISS), pour couper les vivres de l’Université de l’Ontario français et mettre fin au Commissariat aux services en français, etc.

La réponse, tristement, nous ne l’aurons peut-être bien jamais. 

Pierre Jury

Phénix : trois ans de cafouillage

ÉDITORIAL / Le troisième anniversaire de Phénix, si l’occasion appelle à une quelconque réjouissance, a été célébré cette semaine. Le système de paie du gouvernement fédéral est toujours aussi brisé qu’au premier jour. Des milliers de fonctionnaires sont toujours sous-payés, surpayés, ou pas payés du tout. Il s’agit d’une disgrâce que le gouvernement fédéral prend aujourd’hui au sérieux, mais qu’après des années de cafouillage et d’appels au calme.

Ce qui ne signifie pas que Phénix sera réglé sous peu !

Plusieurs sources ont mentionné deux ou trois ans encore avant que le litige ne soit balayé sous le tapis. Radio-Canada a même avancé une extraordinairement longue période de dix années, à partir d’un document interne du gouvernement. Si nous avons tendance à ne pas croire ce dernier estimé, il faudra plus que deux ou trois ans avant que l’aventure Phénix soit bel et bien derrière nous.

Phénix a commencé en 2009 à l’époque de la ministre des Travaux publics et Services gouvernementaux Rona Ambrose. Le coût du transfert de la technologie vieille de 40 ans est fixé à 310 millions $, et devait mener à des économies récurrentes de 78 millions $.

Mais l’année suivante, la politique s’en mêle. Le premier ministre d’alors, Stephen Harper, promet 550 emplois à Miramichi, qui vient de perdre le registre des armes à feu. Ces emplois doivent remplacer les 2700 emplois de paie qui sont répartis à travers le pays. Bref, on réduit et on concentre : ce sont les premiers indices de cafouillage puisque l’on imposera à Miramichi des conditions que le centre de traitement des paies ne pourra juste pas satisfaire. 

Le transfert débute en 2015 et dès les premiers jours de sa mise en place pour 120 000 employés, en mars 2016, on note des défaillances.

Mais les libéraux, qui ont pris le pouvoir l’année d’avant, encouragent le passage des 170 000 fonctionnaires restants. C’est ce qui fait que les deux gouvernements, conservateur et libéral, ont leur part de responsabilité dans le fiasco Phénix. Le fiasco prend de plus en plus des couleurs libérales, alors que les correctifs apportés à Phénix ne suffisent tout simplement pas à endiguer le problème. Cela affecte principalement les travailleurs temporaires, les étudiants et ceux qui sont en congé.

Depuis, c’est la comédie d’erreurs. De trois mois en six mois, la machine bureaucratique est supposée régler des milliers de litiges. Ce n’est pas le cas. Le coût des correctifs, à ce jour, est de 645 millions $ et le nombre d’employés affectés à mettre en place le nouveau système de paie, dans 14 centres de paie, est rendu à 1500. On ne parle plus d’économies, mais de dépenses nettes pendant que le fédéral met en place un nouveau système de paie. 

Les syndicats crient à l’aide. Ils ont passablement raison quoiqu’un décompte plus précis du nombre de fonctionnaires qui ont des problèmes de paie serait apprécié. Combien ont des erreurs mineures — quelques dizaines de dollars en trop ou pas assez ? Des erreurs majeures ? Parce qu’entre temps, les syndicats donnent l’impression que des dizaines de milliers d’employés sont dans la dèche, ce qui n’est pas tout à fait vrai.

Il n’empêche que les employés de l’État ont raison de demander d’être rétribués à temps et de façon exacte. 

Avec ce troisième anniversaire, les Canadiens réalisent une fois de plus que leurs fonctionnaires ont de la difficulté à se faire payer. Il s’agit d’un rappel douloureux, mais exact de la situation.

Pierre Jury

Les appuis à Melnyk s’étiolent

ÉDITORIAL / Les appuis à Eugene Melnyk s’étiolent. Il n’y a plus que quelques fidèles qui sont encore fiers de ses Sénateurs d’Ottawa. Tous les autres désertent le bateau ou à tout le moins, l’ignorent pendant qu’il tente de se remettre à flot.

Le Droit estime pour sa part que la réputation de M. Melnyk s’est pas mal effilochée. Il devra sortir un lapin de son chapeau pour relancer l’équipe de la Ligue nationale de hockey, et bien peu de personnes y croient encore. Nous sommes prêts à lui consentir une ultime chance, mais il devra l’utiliser à bon escient. Son capital est dangereusement vidé.

Pierre Jury

Un témoignage bien incriminant

ÉDITORIAL / Le témoignage de Jody Wilson-Raybould a été limpide sur un sujet au moins : elle a bel et bien été victime de pressions afin qu’elle change d’idée à propos de SNC-Lavalin. Ces pressions étaient «voilées», mais l’ex-ministre de la Justice les a bien senties. Il n’y avait aucun doute là-dessus.

La question à propos de SNC-Lavalin porte sur un accord de poursuite suspendue auquel la société qui a son bureau-chef au Québec aurait été soumise. Il s’agit d’une entente de culpabilité limitée que SNC-Lavalin aurait signée — en fait, SNC-Lavalin a travaillé fort tout l’automne pour concrétiser cette entente. L’alternative, c’est que SNC-Lavalin risquerait une poursuite juridique qui pourrait l’exclure de contrats gouvernementaux au Canada pour une période de 10 ans. Par exemple, SNC-Lavalin a obtenu le contrat de la seconde phase du train léger à Ottawa, ce qui lui serait interdit si elle était reconnue coupable.

Pierre Jury

Le pape François a beaucoup à faire

ÉDITORIAL / Le sommet sur la pédophilie qu’a réclamé le pape François s’est terminé, il fallait s’y attendre, sur plusieurs espoirs déçus. Il n’est pas facile de déplacer un paquebot gros comme l’Église catholique romaine. Les attentes de plusieurs regroupements de victimes, prises bout à bout, étaient au firmament. Mais il y a encore de l’espérance que sous ce premier pape argentin, on en arrive à des correctifs «concrets», comme il le demandait lui-même à l’ouverture de la conférence, jeudi.

D’abord, il y a le sens profond de cet événement unique. Réunir à Rome les présidents des épiscopats du monde entier pour quatre jours de réflexion sur la protection des mineurs dans l’Église revêtait un caractère inégalé et cérémonial tout à la fois.

Pierre Jury

La Caisse : année couci-couça

ÉDITORIAL / La Caisse de dépôt et placements du Québec a affiché un rendement de 4,2 % en 2018, moins de la moitié de sa performance de 2017, qui se chiffrait à 9,3 %.

Pourtant, le patron de la Caisse, Michael Sabia, se disait très heureux. Pourquoi ? 

Simplement dit, parce que l’insécurité accumulée a fait chuter les marchés boursiers en fin d’année, annihilant presque tout le rendement qui avait été enregistré au cours de 2018. La caisse a terminé avec un petit 3,5 % dans la catégorie actions. 

Cette contre-performance est due, et cela M. Sabia ne le dit pas, principalement à Donald Trump et à l’instabilité mondiale qu’il a créée. Depuis son accession à la présidence, il multiplie les sorties et les bravades avec un langage presque ordurier que l’on n’avait jamais entendu auparavant d’un président américain. Il ne s’intéresse qu’aux statistiques des États-Unis, laissant tous les autres pays de côté, comme s’ils n’avaient aucune importance. 

Ainsi, pendant qu’il courtise les chefs d’État autocratiques, il a jeté à la poubelle l’Accord sur le libre-échange nord-américain avec le Canada et le Mexique, il a mis la Chine au défi en multipliant les tarifs sur leurs exportations vers les États-Unis, il menace l’Union européenne, etc. 

Ces incartades finissent par créer de l’incertitude et du doute dans l’esprit des investisseurs qui ne savent plus très bien à quel saint se vouer. La fin de 2018 s’est donc soldée par une chute importante des marchés boursiers, les mauvaises nouvelles en nourrissant d’autres, et ainsi de suite. 

Heureusement que la bourse s’est reprise en main le mois dernier, mais cela ne se reflétera que dans le bilan de 2019, dans un an.

Par chance, les soucis de la bourse ne se sont pas transmis ailleurs dans le portefeuille de la Caisse. Ainsi, les deux autres grandes catégories d’investissement ont bien fait. Les revenus fixes, très conservateurs, ont généré 2,1 % de rendement, tandis que les actifs réels ont dégagé un solide 9,0 %. Les placements en infrastructures, les investissements dans des entreprises non cotées en bourse et dans les immeubles ont tous très bien fait.  

Somme toute, cela s’est soldé par un rendement net final de 4,2 %, et si Michael Sabia est heureux, c’est que l’indice de référence, la mesure étalon par laquelle il se compare, était de 2,4 %. Un différentiel de 1,8 point, cela semble bien peu, mais en réalité, c’est considérable, surtout avec un portefeuille global de 309,5 milliards $. En fait, c’est 5,3 milliards $ de plus que le portefeuille de référence.

Cela fait sonner comme de l’histoire ancienne la performance de -25 % que la Caisse avait enregistré en 2008, et qui avait mené au départ du patron d’alors, Henri-Paul Rousseau. C’était l’année de la crise financière et la Caisse n’avait pu, ou su, se mettre à l’abri, et cela lui a fait perdre trois ans de rendement. C’est-à-dire qu’il a fallu trois ans, jusqu’en 2011, avant que la Caisse ne retrouve son portefeuille d’avant, qui était de 155 milliards $.

Depuis l’arrivée de Michael Sabia, en mars 2009, la Caisse a plus que doublé son portefeuille global, de 131,6 milliards $ à 309,5 milliards $. Chacune des années depuis 2012 a ajouté ni plus ni moins que 20 à 25 milliards $ en valeur. C’est considérable, même dans une année couci-couça en 2018.

M. Sabia, qui dirigeait Bell Canada auparavant, a par ailleurs signifié que ce mandat sera son dernier. Il quittera à la fin de son mandat, en 2021. Cela laissera amplement de temps au gouvernement du Québec de dénicher un investisseur aussi avisé que Michael Sabia, ce qui ne sera pas chose facile.