Pierre Jury

Du nouveau au Bloc

ÉDITORIAL / Yves-François Blanchet a été couronné chef du Bloc québécois, cette semaine. Souhaitons d’abord que cela mette fin aux tiraillements de la formation souverainiste à Ottawa. Cela ne desservait personne que de voir le Bloc déchiré entre son aile « Défendons le Québec au fédéral » et celle de ses purs et durs.

M. Blanchet émerge d’un camp peu populaire dans les rangs politiques. Ancien gérant d’artistes, il a présidé de 2003 à 2006 l’Association québécoise de l’industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (ADISQ) avant d’être élu pour le Parti québécois en 2008. Il a été ministre de l’Environnement durant les 18 mois du gouvernement de Pauline Marois. Défait en 2014, il s’est retrouvé à l’émission Les Ex, au RDI, de Radio-Canada.

À la tête du Bloc, il est le... huitième à succéder à Gilles Duceppe, qui avait quitté en 2011 (dont cinq par intérim). Que voilà de bouleversements en huit ans... sans parler de Martine Ouellet, qui a failli enterrer le parti. Ce sera donc toute une tâche de rebâtir le Bloc québécois.

Sous Lucien Bouchard et M. Duceppe, environ 40 % des Québécois choisissaient le Bloc. Depuis 2011, ses appuis ont rapetissé comme peau de chagrin, jusqu’à 19 %. Que sera le Bloc sous M. Blanchet ? Cela reste à voir.

Une désaffection certaine envers le Nouveau Parti démocratique entr’ouvre la porte au Bloc, mais le Parti libéral a aussi les yeux sur cette affection sans direction. 

Yves-François Blanchet arrive à neuf mois de l’élection générale du 21 octobre 2019. Il aura besoin d’une conjonction des forces pour que le Bloc québécois hausse sa cote de popularité. Tout un défi en perspective. L’ère de la chicane est probablement révolue : elle n’a mené qu’à l’érosion de ses appuis.

M. Blanchet est un politicien d’expérience qui pèse plus lourd que ses six années à peine à l’Assemblée nationale. Il semble prêt à jouer un rôle fédérateur de la grogne anti-libérale au Québec. 

Il est bien placé, et il aura besoin d’une solide équipe derrière lui. Le mandat est grand, mais à portée de l’homme.

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Pierre Jury

L’entourloupette conservatrice

ÉDITORIAL / Ce n’était pas écrit dans son programme électoral, mais c’était écrit dans le ciel. À presque 2 milliards $ par an, le programme d’aide pour les frais d’études pour les universités et collèges de l’Ontario allait se retrouver dans le collimateur à un moment donné. C’est arrivé jeudi.

Le gouvernement progressiste-conservateur s’est vanté qu’en offrant une baisse générale de 10 % pour tous les étudiants du post-secondaire, il leur promettait la plus « historique » des réductions de droits de scolarité de l’histoire.

Pierre Jury

Geste étonnant de courage

ÉDITORIAL / Cela prenait une dose de courage pour Rahaf Mohammed pour faire ce qu’elle a fait, la semaine dernière.

À 18 ans, elle a quitté sa famille en Arabie saoudite, elle s’est terrée à Bangkok où elle a demandé l’aide des Nations unies pour trouver un pays pour l’accueillir à titre de réfugiée politique. Immédiatement, elle est devenue un cas suivi mondialement. Le Canada a crié présent, et la jeune femme est arrivée à Toronto, samedi.

Depuis, sa famille l’a reniée, et elle a à son tour laissé tomber son nom de famille, Al-qunun, pour ne garder que Rahaf Mohammed.  

Que le Canada l’accepte est en accord avec nos traditions d’accueil. Chrystia Freeland, la ministre des Affaires mondiales, l’a joué fort en allant l’accueillir à l’aéroport, mais ce n’est pas hors des pratiques exceptionnelles en politique. La photo était belle. L’image était forte.

Cela n’aide pas nos relations avec l’Arabie saoudite. Rien pour faciliter la libération de Raïf Badawi, ou la sortie de Nathalie Morin, cette Québécoise retenue contre son gré en Arabie saoudite depuis des années. Cela survient alors que le Canada cherche une issue heureuse à son contrat d’approvisionnement de véhicules blindés, une affaire de 15 milliards $ qui agit comme une épine dans le pied du gouvernement de Justin Trudeau. 

Si le gouvernement de Mohammed ben Salmane devait prendre les mouches pour cette affaire et rompre le contrat, cela ferait notre affaire et éviterait au Canada les pénalités de rupture de contrat.

Rahaf Mohammed vit sous une protection de tous les instants, pour le moment. Elle reçoit des centaines de messages d’intolérance, compte tenu de son geste de « déshonneur » à l’endroit de sa famille. En Arabie saoudite, on n’est pas habitué à ce qu’une femme prenne sa place... Mais si Mme Mohammed était Canadienne, ses gestes ne seraient pas exceptionnels du tout.

Ce qui a été exceptionnel, c’est la manière qu’elle a utilisée pour protester contre les contraintes familiales dont elle faisait l’objet. 

Bienvenue au Canada, Rahaf Mohammed ! 

Nous vous souhaitons d’y passer une vie tranquille, à l’abri des regards et de l’attention internationale.

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Pierre Jury

UOF: Ottawa joue son rôle

ÉDITORIAL / Le fédéral s’avère la bouée de sauvetage à laquelle les Franco-Ontariens s’attendaient : il vient d’assurer 1,9 million $ de « financement ponctuel » pour l’Université de l’Ontario français. Il reste à voir comment Doug Ford et son gouvernement l’accueilleront.

Les premiers détails peuvent être vus positivement.

Pierre Jury

Élargir l’aide à mourir

ÉDITORIAL / Le débat sur l’élargissement de l’aide médicale à mourir a repris de plus belle, cette semaine, avec les tristes histoires de Nicole Gladu et de Jean Truchon. Les deux souffrent de maladies incurables, mais ne sont pas en fin de vie. Ils ne peuvent ainsi pas demander l’aide médicale à mourir, selon les termes des lois fédérale et québécoise. Il faudrait que cette loi soit révisée.

Cela fera bientôt cinq ans que l’aide médicale à mourir est permise au Québec. Presque tous ont applaudi le caractère de collaboration multipartite dont les élus ont fait preuve, incluant la libérale Maryse Gaudreault, députée de Hull à l’Assemblée nationale. Au Québec, la loi prévoit qu’un patient atteint d’une maladie incurable et ayant des souffrances exceptionnelles peut demander l’aide médicale à mourir. Cela consiste en l’administration de médicaments entraînant le décès du patient. 

Au fédéral, l’aide médicale à mourir est prévue depuis juin 2016 pour toutes les personnes majeures qui souffrent d’une maladie en phase terminale, et dont la mort naturelle est « raisonnablement prévisible ».

Voilà bien là où le bât blesse. Il faut souffrir « exceptionnellement », et la mort naturelle doit être « raisonnablement prévisible ». 

Ce n’est pas le cas de Mme Gladu, ni de M. Truchon. Pourtant, ces deux personnes souffrent terriblement de maladies incurables, et souhaitent mettre fin à leur jour. 

Depuis l’entrée en vigueur des lois au Québec et dans le reste du Canada, la mesure s’est avérée populaire avec environ 4000 morts provoquées. Ces données sont sensiblement pareilles, toutes proportions gardées, avec ce qui se constate ailleurs dans le monde où la pratique est permise.

Les Canadiens qui ont demandé l’aide médicale à mourir étaient âgés de 56 à 90 ans, la moyenne étant de 73 ans. Le cancer, dans trois cas sur quatre, l’explique.

Certains s’opposeront toujours à cette forme d’euthanasie. Mais pour la grande majorité des Canadiens, il s’agit d’une pratique acceptable.

Deux nouveaux types de cas posent problème. Ceux qui souffrent de la maladie d’Alzheimer, et qui auraient préalablement accepté l’aide médicale à mourir, ainsi que les cas comme Mme Gladu et M. Truchon, qui souffrent depuis des années, sans espoir de guérison, mais sans une mort « raisonnablement prévisible ». 

L’envers de l’aide médicale à mourir consiste à s’entêter à garder ces malades en vie, à s’acharner à le faire au-delà de ce qu’elles souhaitent (ou auraient souhaité). Rappelons que ces gens ont demandé sciemment de mettre fin à leurs jours. 

Nous voyons difficilement comment, et sous quel prétexte, nous persisterions à leur offrir des soins qu’ils ne désirent plus recevoir. Ce n’est pas une question monétaire, absolument pas, mais une question d’humanité. Leur seul autre choix, pour ceux pour qui cela est possible, serait le suicide, une forme dure et inhumaine de mettre fin à ses jours. Alors qu’il existe des injections sans douleur qui induisent la mort rapidement. Rappelons-le : cela ne serait envisageable que pour les personnes qui en font la demande — ou qui l’ont fait —, et qui sont affligées de souffrantes maladies incurables. Nous n’incluons pas les personnes d’âge mineur, quoique certaines démontrent une sagesse et une maturité incroyable devant la perspective de la mort.

Au Québec, le gouvernement de François Legault entr’ouvre la porte. Son ministre François Bonnardel, dont la mère souffre de la maladie d’Alzheimer depuis longtemps, a maintes fois monté aux barricades en faveur de l’élargissement des critères de l’aide médicale à mourir. Nous croyons que le temps est venu de permettre à ces deux catégories de personnes de pouvoir doucement mettre fin à leurs jours. Le débat doit se faire.

Pierre Jury

Le dilemme des heures des bars

ÉDITORIAL / La Ville de Gatineau marche sur des œufs avec la question des heures de fermeture des bars dans le Vieux-Hull. Si la question est réglée depuis 20 ans, toute ouverture pourrait ramener l’ère du désordre et des malappris sur la promenade du Portage. Et personne ne souhaite cela.

Du même coup, 20 années représentent une assez longue période. Il y a lieu de se questionner si les mêmes conditions prévalent et si leur assouplissement permettait de satisfaire les besoins des résidants du Vieux-Hull, ceux de Gatineau et d’Ottawa, ainsi que ceux des tenanciers de bars.

Pierre Jury

Rafraîchissant, ce Mathieu Lacombe !

ÉDITORIAL / Beaucoup a été dit sur Mathieu Lacombe depuis sa nomination au conseil des ministres, en octobre. Notamment des doutes sur sa capacité à livrer la marchandise comme député de Papineau et de ministre de la Famille au sein du nouveau gouvernement de la Coalition avenir Québec. La première impression qu’il a laissée lors d’une rencontre éditoriale avec Le Droit à la veille des 100 jours de l’élection de la CAQ est : rafraîchissant !

Il faut avoir tenu des entretiens similaires avec d’autres élus d’autres partis pour apprécier la candeur du jeune ministre, 30 ans à peine. Sous Philippe Couillard, les ministres marchaient droit et parlaient peu, de peur de faire une gaffe et de perdre leur poste. Ils faisaient constamment attention à leurs propos en public, on les sentait marcher sur du mou tout en tentant de garder leur équilibre. Cela donnait des entrevues soporifiques, jonchées de phrases ponctuées de mises en garde et de généralités mille fois entendues.

Quelle différence avec Mathieu Lacombe ! 

Bien évidemment, nous n’irons pas trop loin dans ce bilan. Élu depuis trois mois à peine, il se fait les dents en politique. Lui-même l’admet : ses chances d’être élu étaient « minimes », lorsqu’il a déclaré ses intentions. Le voilà propulsé au cabinet, un peu par défaut : il fallait un ministre issu de l’Outaouais qui a envoyé trois députés sur cinq au sein de l’équipe du premier ministre François Legault. Il fallait de surcroît un ministre dit « régional » pour coordonner les efforts politiques de l’Outaouais à Québec. M. Legault avait le choix entre Mathieu Lévesque, un élu aussi vert que Mathieu Lacombe, et de Robert Bussière, l’ex-maire de La Pêche. Nous croyons que Mathieu Lacombe a été préféré à M. Bussière, âgé de 63 ans, parce que son jeune visage représente un bris avec le passé.

Au cours d’un entretien de plus de 75 minutes, on a senti M. Lacombe être limpide sur l’ensemble des dossiers régionaux. Oh, il n’avait pas toutes les réponses, assurément. Le dossier de la faculté-satellite de médecine qui sera piloté par l’université McGill est complexe, a-t-il admis, et « il m’a fallu deux heures » pour en bien comprendre tous les écueils. La population doit se faire indulgente à son égard. L’important, c’est le travail derrière. Déjà deux rencontres avec McGill et une avec l’Université du Québec en Outaouais. Idem pour les enjeux en santé — notamment la construction d’un nouvel hôpital en Outaouais —, les mesures « temporaires » pour sécuriser l’autoroute 50, ou le Plan d’action Outaouais, qu’il coordonne avec le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin. 

Dans tous les cas, des réponses du même ordre. D’abord, un historique des rencontres du ministre Lacombe avec les autorités, puis un bilan aussi honnête que possible sur l’état des lieux. 

Une obsession dans son cas : tenir ses engagements électoraux, qui tiennent aisément sur les doigts d’une main. Les principaux : la 50 et la construction d’un nouvel hôpital. Sur ces dossiers, on le sent totalement investi et consacré à livrer la marchandise. Un engagement : être transparent, ce qui n’est pas donné à tous... et à toutes. On l’a vu, quelques heures plus tard, alors que MarieChantal Chassé était démise de ses fonctions de ministre de l’Environnement en raison de ses problèmes de communication. Compte tenu de ses années en journalisme, Mathieu Lacombe part avec une longueur d’avance à ce chapitre. Pour le reste, on verra. Mais c’est... rafraîchissant !

Pierre Jury

Cannabis: on ne peut qu’espérer...

ÉDITORIAL / D’ici samedi, les Ontariens en sauront davantage sur l’emplacement des magasins de cannabis. Cela nettoiera un peu l’aura d’incertitude autour de ce dossier crucial, mais cela ne réglera pas tout.

Sous Doug Ford, le gouvernement de l’Ontario a changé son fusil d’épaule, pour confier la distribution au secteur privé, une option que Le Droit favorisait avant que les libéraux sous Kathleen Wynne déterminent que le commerce se fasse dans des succursales indépendantes, mais relevant de la Régie des alcools de l’Ontario (LCBO). M. Ford a infirmé cette décision, tout en sachant que les points de vente ne seraient pas prêts pour la commercialisation le 17 octobre 2018 comme le reste du Canada. Il s’agissait d’un accommodement raisonnable dans les circonstances. L’ouverture de succursale est prévue pour le 1er avril.

Pierre Jury

Guide alimentaire : du nouveau !

ÉDITORIAL / Attendu depuis quelques années, espéré depuis plus longtemps, le prochain Guide alimentaire canadien devrait être publié en 2019. Des extraits ont récemment été publiés sous une forme préliminaire et les changements sont considérables.

La plus importante modification ne paraît pas, mais elle n’est pas moins cruciale : Santé Canada a évacué tous les lobbies de l’industrie alimentaire, notamment les Producteurs laitiers du Canada. Ça ne leur fera pas plaisir de voir que le lait, les fromages et les yogourts perdent en influence au pays, mais cela fait partie des nouvelles priorités canadiennes. Les produits laitiers sont en perte de vitesse et nous nous interrogeons davantage sur leurs bienfaits. 

Ce questionnement est un nouveau phénomène. Ce n’est pas comme les viandes, le boeuf notamment, qui perdent en vitesse à chaque édition du guide. À la place, les autorités de la santé suggèrent plus de grains, de noix et de légumineuses : en plus d’être de plus en plus à la mode, elles sont bonnes pour nous et pour la planète !

Le Guide alimentaire canadien n’est pas nouveau : sa première édition date de 1942. Le gouvernement voulait alors offrir aux Canadiens quelques conseils nutritifs, eux qui souffraient d’une alimentation mal équilibrée pendant la guerre. La prochaine édition sera la huitième, la dernière révision date de 2007. Que l’essentiel de l’attente se soit passé sous un gouvernement fédéral conservateur n’est peut-être pas étranger à tout cela. 

Elle fait l’objet de beaucoup de tractations en sourdine, chaque agence de commercialisation des produits alimentaires cherchant à mousser ses aliments ou à tout le moins, à protéger ses acquis. Il est tentant de mettre la faute sur les consommateurs pour leurs mauvais choix d’aliments trop transformés, trop riches en gras, en sucre et en sel. Une mauvaise alimentation contribue à l’obésité à des maladies chroniques comme le diabète, un fléau grandissant au XXIe siècle.  

Le gouvernement de Justin Trudeau a résisté à cet appel intéressé des sirènes du marketing. Il leur a fermé la porte au nez et dit s’être basé entièrement sur des chercheurs qui s’appuient sur des connaissances scientifiques. Si c’est vraiment le cas, c’est tout à son honneur.

Il y a de nouveaux phénomènes depuis 25 ans : notamment, de plus en plus de nos repas sont consommés hors de la maison, souvent seul, à un comptoir de restauration rapide. Cette « mauvaise habitude » a évolué pour devenir un fléau discret, qui nous atteint subrepticement dans une pratique trois fois quotidienne. Dans notre société moderne, le temps consacré à manger, et à bien le faire, réduit comme peau de chagrin. Ainsi, le nouveau guide recommande par exemple de « prendre ses repas en bonne compagnie ». C’est là une forme de marketing soft qui prend de plus en plus de place dans l’espace nutritionnel. Nous nous apercevons que de prendre le temps de bien manger, et de le faire dans un cadre agréable, en bonne compagnie, s’avère un facteur de santé dont nous ne nous doutions pas il y a quelques décennies à peine. Ce n’est pas du « temps perdu », mais d’importants moments d’investissement sur soi et sur autrui. 

Le Guide alimentaire canadien sert particulièrement les institutions publiques comme les hôpitaux, les écoles et les centres d’aînés. Ce sont les premiers à en suivre les directives. Pour elles, ce sera un changement assez drastique. Pour les Canadiens, les modifications seront plus subtiles, mais elles ne doivent pas être passées sous silence non plus.

Pierre Jury

La réforme du scrutin arrive

ÉDITORIAL / Prêts ou non, les Québécois entendront parler de réforme du scrutin en 2019. C’est une promesse du premier ministre François Legault qu’il a faite en mai, répétée en septembre et réaffirmée depuis son élection, en octobre. Il a même chargé l’une de ses principales ministres, Sonia Lebel, de la Justice, de piloter le dossier. Elle s’est engagée à déposer un projet de loi à ce sujet ce printemps, afin de ne pas perdre de temps.

Car la population a en tête la volte-face des libéraux fédéraux qui avaient eux aussi promis une nouvelle manière de tenir nos élections, en 2015. Mais Justin Trudeau a cafouillé : il a confié la filière à une ministre junior, Maryam Monsef, qui s’est vite mis les pieds dans les plats. Après une année de tergiversations, les libéraux ont conclu qu’il n’y avait pas d’appétit pour le sujet et l’ont remis aux calendes grecques, prétextant qu’ils n’auraient pas le temps de mettre toutes les réformes en place avant le scrutin de l’automne 2019. Mais ce fut de leur faute et ils en paieront le prix.