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Mercredi matin 28 avril, je me suis rendue au Centre de vaccination situé au Metro Toronto Convention Center pour recevoir ma première dose de vaccin. J’avais pris mon rendez-vous en ligne il y a deux semaines.
Mercredi matin 28 avril, je me suis rendue au Centre de vaccination situé au Metro Toronto Convention Center pour recevoir ma première dose de vaccin. J’avais pris mon rendez-vous en ligne il y a deux semaines.

Petite histoire d’un vaccin in english seulement

À vous la parole
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Le Droit
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POINT DE VUE / Mercredi matin 28 avril, je me suis rendue au Centre de vaccination situé au Metro Toronto Convention Center pour recevoir ma première dose de vaccin. J’avais pris mon rendez-vous en ligne il y a deux semaines.

Le site Web m’informait que les centres de vaccination du Grand Toronto offraient le Pfizer ou le Moderna, tandis que les pharmacies proposaient le AstraZeneca (dont je n’étais pas friande). Il ne restait aucune disponibilité parmi les centres situés à proximité d’où je vis. J’ai donc choisi d’aller au Convention Center en plein centre-ville. Mon conjoint m’a servi de taxi.

Mon rendez-vous était fixé à 11h20. De nombreuses affiches en anglais guidaient les gens vers le lieu de vaccination. La file d’attente avançait rondement, à deux mètres de distance les uns des autres et masqués de surcroît. On m’a demandé en anglais de montrer ma carte d’assurance-maladie (OHIP) et le code de confirmation de ma réservation obtenue via mon adresse courriel. Ce code indique également mon 2e RDV prévu le 18 août prochain, à 11h20, au même endroit.

Dépistage

Première étape: on me remet le COVID-19 Vaccine Screening and Consent Form à compléter sur place. Il s’agit d’un questionnaire en anglais comprenant une série de questions et réponses à cocher, plus mon consentement à recevoir le vaccin. Ce questionnaire inclut un feuillet de renseignements, en anglais, portant sur les risques associés à la COVID, les bénéfices et les ingrédients du vaccin, les contre-indications, les effets secondaires possibles, et un rappel des règles sanitaires.

2e étape: je montre à nouveau ma carte OHIP qui sera scannée une 2e fois. J’ai alors demandé de me confirmer le vaccin qu’on allait m’administrer (le Pfizer). Puis on me dirige vers l’une des multiples stations où une jeune infirmière, postée derrière un écran protecteur, attend pour m’injecter ledit vaccin dans le bras. .

Avant de me donner le vaccin, l’infirmière me pose à nouveau les questions auxquelles j’ai répondu par écrit plus tôt. Elle m’explique les effets secondaires possibles semblables à la suite de l’injection de tout vaccin. Elle ajoute que cette première dose du Pfizer me protègera à 60% du virus d’ici à deux semaines et à 90% après avoir obtenu la 2e dose. Tout ceci se déroule en anglais.

Confirmation

Dernière étape: je m’assois sur une chaise individuelle parmi de nombreux autres vaccinés tous masqués et à deux mètres de distance et je dois attendre 15 minutes avant de quitter. Cette attente correspond à une brève période d’observation afin de s’assurer que les vaccinés ne démontrent aucune réaction post-vaccinale pouvant nécessiter une intervention médicale immédiate.

J’ai reçu le vaccin à 11h14, quitté les lieux à 11h35. À la sortie, une préposée m’a remis une attestation confirmant que j’avais reçu une dose du vaccin du Pfizer, un petit carton enfin bilingue en minuscule incluant les détails de la dose reçue, l'heure et la date. 

Aucun service en français

Tout au long de mon parcours, je n’ai vu aucune affiche ni aucun matériel en français. L’ensemble des interactions avec le personnel s’est déroulé en anglais seulement. Strictement aucune offre de service en français ! Vous me direz que j’aurais dû insister pour obtenir les services en français auxquels j’ai droit en vertu de la Loi sur les services en français de l’Ontario.

Je vous avouerai que je n’avais qu’une priorité en tête : recevoir le Pfizer et quitter ce lieu au plus vite. Demander l’obtention des services en français aurait très probablement signifié un ralentissement des procédures.

Ce bref récit illustre parfaitement le manque d’équité en matière des services de santé dans la métropole canadienne. Les Franco-torontois en situation minoritaire demeurent des citoyens de deuxième catégorie. Une opportunité ratée pour nos autorités publiques de démontrer l’égalité entre nos deux langues officielles au cœur d’une crise sanitaire sans précédent.

Me reste l’option de déposer une plainte auprès de la Commissaire aux services en français…


Annik Chalifour, Toronto