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PCRE: Insuffler un peu d’air frais en mars en prolongeant l’aide fédérale

Collectif
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POINT DE VUE / Le printemps, que l’on croyait porteur d’espoir, sera-t-il finalement assombri par l’incertitude et l’angoisse pour les artistes, les créatrices et créateurs ainsi que les professionnel-les de la culture et des arts? Depuis bientôt un an, participant aux efforts pour protéger la santé publique et le bien-être collectif, la majorité des 21 000 membres que nous représentons s’appauvrissent à vitesse grand V. Devant quoi se retrouveront ces personnes en mars? Avec l’interruption de la PCU et la fin des 26 semaines de prestation de la PCRE, l’inadmissibilité à l’assurance-emploi et l’impossibilité de signer un contrat dans leur domaine de création, aussi bien dire qu’elles se retrouveront devant rien, en pause forcée.

Alors que certains évoquent le spectre d’une troisième vague, il est vital pour ces travailleuses et travailleurs autonomes que soit reconduite l’aide accordée afin qu’ils puissent traverser cette crise sanitaire et tenter d’ajouter un minimum de prévisibilité pour s’ajuster à cette période difficile. Faut-il rappeler que le secteur de la culture et des arts est l’un des plus affectés par les fermetures et les interdictions liées aux mesures sanitaires, avec une baisse de 54 % de son PIB en une année ? La situation de nos créateurs, artistes, travailleuses et travailleurs était déjà précaire avant la crise. En effet, ils ont connu une diminution constante de leurs conditions de travail ces dernières années, avec la numérisation de la diffusion et la pression sur les budgets de production. Bref, la situation chancelante prépandémie devient, à l’heure actuelle, carrément insoutenable. 

Nous sommes conscients que des montants importants ont été accordés à la culture par les différents paliers gouvernementaux afin de soutenir les institutions pendant les fermetures et les restrictions imposées. Or, malgré toute la pertinence de ces aides, celles-ci ne ruissellent pas instantanément jusqu’aux artistes, dont les contrats ne sont pas toujours honorés. En ce moment même, nous déplorons que des milliers d’oubliés, des artistes, créateurs, professionnels, artisans et autres travailleurs autonomes, ne puissent aucunement bénéficier de ces programmes.


« En attendant de débattre de la réforme promise et attendue, le gouvernement canadien se doit de soutenir les artistes, les créateurs et les professionnels de la culture et des arts. »
Collectif de signataires du monde de la culture

Réforme en profondeur et aide d’urgence 

Nous demandons la révision en profondeur du régime de protection sociale actuel. Le gouvernement fédéral doit veiller à ce que les travailleuses et travailleurs atypiques et contractuels, comme celles et ceux qui œuvrent dans le domaine de la culture, puissent avoir droit à une protection financière adéquate. Cette réalité démontre l’importance de réaliser rapidement la promesse d’une réforme de l’assurance-emploi pour étendre la protection sociale aux travailleuses et aux travailleurs autonomes.

Dans l’intervalle, en attendant de débattre de la réforme promise et attendue, le gouvernement canadien se doit de soutenir les artistes, les créateurs et les professionnels de la culture et des arts. Il y a urgence de prolonger la PCRE, de la simplifier et de s’assurer qu’elle sera là pour appuyer celles et ceux qui en ont vivement besoin jusqu’à la fin de cette pandémie.

Pour le rayonnement et la pérennité de la culture, mais aussi par souci de dignité, nous avons collectivement le devoir de mettre un terme à la précarité des artistes, des créateurs et des professionnels de la culture et des arts. Ce n’est pas le temps de les abandonner. Certes, le début de la campagne de vaccination laisse présager un retour à un rythme de travail plus normal, mais nous savons toutes et tous que la culture sera parmi les secteurs les plus lents à se remettre sur pied. 

Signataires :

Mathieu Marcil, président de l’APASQ

Luc Boulanger, président de l’AQAD

Gabriel Pelletier, président de l’ARRQ

Pascale St-Onge, présidente de la FNCC

Luc Fortin, président de la GMMQ

François Deschamps, président de TRACE 

Sophie Prégent, présidente de l’UDA

Suzanne Aubry, présidente de l’UNEQ