Payons-nous assez de taxes ?

Les Québécois payent beaucoup de taxes. Mais savons vraiment combien nous en confions à nos élus ?
Au départ, nous payons tous -- du moins la classe moyenne -- nos impôts et taxes à tous les paliers de gouvernement ; impôt fédéral, impôt provincial, taxes municipales et taxes scolaires. Déjà là, cela représente un pourcentage substantiel de notre revenu. 
Ensuite viennent toutes les autres taxes apparentes et souvent plus ou moins apparentes ; taxe fédérale sur les produits et services (TPS), taxe de vente provinciale (TVQ), taxes supplémentaires sur l'essence et sur les produits du tabac, surtaxe sur les produits de luxe, taxe sur les assurances (incluant les assurances médicales récemment augmentées de 5 % à 9 % le 1er janvier 2015), etc. Et si vous vous gâtez avec une auto de luxe, on vous demande de payer un surplus au moment de l'immatriculation parce qu'on juge que vous n'en avez pas assez payé.
C'est à ce moment qu'arrivent toutes les taxes déguisées ; il faut appeler un chat un chat. Jetons-y un coup d'oeil de plus près. 
En premier, mentionnons la facture d'électricité pour Hydro-Québec qui, bon an mal an, réalise des centaines de millions de profits. Combien de fois avons-nous entendu cette rhétorique qu'Hydro-Québec doit augmenter sa tarification pour entretenir son réseau vieillissant alors qu'on vient de remettre des milliards en dividende au gouvernement du Québec ? Rappelons que Hydro-Québec a remis au gouvernement du Québec 2,5 milliards $ en 2014 et 2015 et ça continue.
Vient ensuite la Société des alcools du Québec et son 1 milliard $ de dividende au gouvernement du Québec en 2015. Ses prix indécents provoquent évidemment des profits indécents, avec la bénédiction de l'état. Les prix du vin, en particulier, sont de 15 à 25 % plus élevés à la SAQ par rapport à ceux de sa contrepartie ontarienne LCBO, et de l'ordre de 50 % et plus presque partout aux États-Unis. 
Loto-Québec est une autre société d'État qui ajoutera des dividendes tout aussi substantiels -- 1,4 milliard $ remis en 2015/2016 --, avec des stratagèmes déplorables de harcèlement pour profiter de cette dépendance maladive qui met bien des familles dans des situations intenables. 
On poursuit avec la Société d'assurance-automobile du Québec qui accumule des surplus considérables et demeure très peu généreuse envers les accidentés de la route qui pourraient bénéficier d'un peu plus d'aide.
Au cours des 15 dernières années, le Québec -- essentiellement le Parti libéral -- a fait preuve d'une imagination sans limites quand vient le temps de trouver de nouvelles formes de taxation. Je ne comprends vraiment pas comment un honnête citoyen peut encore voter pour le maintenir en place. 
Suivent les taxes municipales et scolaires. Des niveaux de taxation qui ne cessent d'augmenter pour servir des conseils municipaux où la prudence, l'efficacité et la saine gestion ne semblent pas avoir de place. Depuis la fusion, ma facture de taxes municipales a plus que doublé. Le gros prix pour recevoir de moins bons services qu'avant. On aura beau nous raconter ce que l'on veut, les fusions ont été faites sur le dos des citoyens. Après avoir autant payé de taxes, nous méritons des infrastructures, nos routes en particulier, en bien meilleur état.
Il existe d'autres sources de taxation non négligeables. Pensons à l'assurance-emploi et les taxes supplémentaires pour la santé que l'on a rajoutées au fil des ans. Viennent ensuite les éco-frais sur les pneus et produits électroniques. Que dire des nouvelles taxes environnementales sur le carbone ?
Et comment devons-nous interpréter toutes ces contraventions que nos policiers et préposés municipaux distribuent allègrement en se postant stratégiquement pour atteindre leurs quotas plutôt que d'assurer la sécurité du public ? Comme si ce n'était pas assez, et pour accélérer les entrées de fonds, on a mis en place ces rentables appareils photo radar. Ces factures salées sont accompagnées de frais d'administration. 
Où est notre Robin des bois ? Celui qui pourrait nous protéger du très méchant shérif de Nottingham (Revenu Québec) et de ses mercenaires en mission pour le compte du PLQ ? Les politiciens et leurs amis de la construction seraient des cibles beaucoup plus prometteuses pour nos enquêteurs fiscaux que Pierre, Jean, Jacques...
La situation actuelle me donne la nausée. Je n'arrive tout simplement plus à accepter que l'on soit taxé de façon aussi éhontée. D'après mes calculs, le réel niveau de taxation dans mon cas se situe entre 65 et 70 %. C'est donc dire qu'en principe je dispose d'un montant variant de 30 à 35 cents pour chaque dollar que je gagne. 
À bien y penser, ce n'est pas tout à fait exact, une fois que le carnage « taxatif » tire à sa fin, les banquiers et autres institutions financières s'en prennent à nos carcasses, un peu à l'image des charognards, pour y prendre leurs parts eux aussi. Mais ça, c'est un tout autre sujet.
Peut-être qu'à l'image de nos voisins du Sud serons-nous bientôt à la recherche de notre propre version d'un Donald Trump. Qui sait jusqu'où le dépit peut nous amener ?
Suis-je seul à penser ainsi ?
Yves Rioux, Gatineau