Le nouveau patron de la CCN, Tobi Nussbaum

Nussbaum dans de beaux draps...

ÉDITORIAL / Le départ de Mark Kristmanson ne peut survenir à un plus mauvais moment. Mais, bon, c’est ainsi que se font les choses à la Commission de la capitale national (CCN). Son départ était dans les cartons depuis des mois, et jeudi, son successeur a été connu. Il s’agira de Tobi Nussbaum, depuis quatre ans conseiller municipal du quartier Rideau-Rockcliffe à Ottawa.

Le mandat de M. Kristmanson était de cinq ans, prenant fin le 2 février 2019. Aujourd’hui, le diable est aux vaches dans le plus important projet immobilier d’Ottawa. C’est un très mauvais moment pour un changement à la tête de la CCN. 

La guerre est prise à la tête du consortium chargé de développer les plaines Le Breton, sous la responsabilité de la CCN. Les plans sont toujours de construire le nouvel amphithéâtre des Sénateurs d’Ottawa et des milliers de pieds carrés de magasins, de condominiums et autres, mais c’est la guerre entre Eugene Melnyk, propriétaire des Sénateurs, et John Ruddy, président de Trinity Developments. Les deux hommes ont toujours été à couteaux tirés. La raison ? M. Ruddy planifie aménager trois tours de l’autre côté de la rue des plaines ; M. Melnyk l’accuse de diminuer l’attrait des plaines Le Breton, et le poursuit pour 700 millions $. Il n’y va pas avec le dos de la cuillère.

Début décembre, la CCN a donné jusqu’à la fin de janvier dans l’espoir que les deux hommes s’entendent. Mais ça n’arrivera pas.

C’est dans ce cadre explosif que Tobi Nussbaum débarque à la CCN. 

Libre-penseur, il tombait parfois sur les nerfs du maire Jim Watson. Aujourd’hui, il se retrouve à être au moins l’égal de M. Watson à la table de la société d’État, où ce dernier siège comme non-élu, en compagnie du maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin. 

Une chose est sûre : Tobi Nussbaum tombe dans la marmite alors que le dossier demandera plus que du doigté. La filière est engoncée dans la vase et pour l’en dégager, il faudra des talents de négociateur hors pair. La survie des Sénateurs y est rattachée...

Jean Hébert

Du pareil au même

En santé, la route tourne en Outaouais et l’on ne semble pas avancer.

C’est ce qui s’est produit vendredi alors que le ministère, à Québec, a imposé « un accompagnateur » à Jean Hébert afin que soit rétabli le lien de confiance entre lui et les autorités politiques municipales et la population de la Haute-Gatineau. On lui a adressé des reproches liés à « l’organisation des services, la disponibilité des ressources, la réponse aux besoins de la population et la gouvernance ».

Accompagnateur est moins pire que tutelle, mais ça commence à sonner le glas de M. Hébert. 

Jean Hébert avait lui-même assumé la tutelle de l’ancien CSSS de Gatineau, en 2015. Alors président de l’Agence de la santé de l’Outaouais, il avait été placé en charge pendant quelques mois du CSSSG, confronté à un déficit de 4 millions $. En 2018, le déficit anticipé du (plus gros) CISSSO est de 12,7 millions $ !

Alors accompagnateur ou tutelle, c’est du pareil au même. L’argent ne règle pas tout, mais il existe un déficit chronique en Outaouais depuis au moins 15 ans. Comment réglera-t-on le problème une fois pour toutes ? En changeant les personnes ou en mettant plus d’argent dans le système ?