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Le nom Mitigomijokan, veut dire en langue anishinabeg « le lieu du chêne ».
Le nom Mitigomijokan, veut dire en langue anishinabeg « le lieu du chêne ».

Mitigomijokan, un ajout marquant à la toponymie autochtone de Gatineau

À vous la parole
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Le Droit
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Depuis 2019, le Comité de toponymie de la Ville de Gatineau priorise des noms faisant une plus grande place aux femmes, à la diversité culturelle et aux Premières Nations. Il ne fait pas de doute que le nom de Mitigomijokan pour le nouveau district électoral répond au dernier objectif de ce comité et contribue à enrichir la toponymie gatinoise.

Il importe de rappeler qu’avant l’ajout du dix-neuvième district électoral de Gatineau, aucun d’entre eux ne portait un toponyme autochtone. En effet, tous les noms des quartiers réfèrent à la présence française et anglaise du territoire. Pourtant, avant l’arrivée des Français en Outaouais, au tout début du XVIe siècle, les Anishinabegs occupent le territoire depuis des millénaires.

Le nom Mitigomijokan, qui veut dire en langue anishinabeg « le lieu du chêne », n’est d’ailleurs pas le fruit du hasard, car on trouve cette essence arboricole dans le secteur à l’arrivée des Français. Ainsi, le nom Deschênes apparaît, dès 1686, dans le journal de Pierre de Troyes lorsqu’il traverse les rapides de l’endroit lors de son expédition militaire vers la baie d’Hudson. Le chevalier de Troyes est impressionné par la qualité des chênes du secteur.

Par ailleurs, les voyageurs et les explorateurs de la Nouvelle-France connaissent bien le portage Deschênes, en raison de la quantité de cette essence près des rapides. Bref, ce nom autochtone rappelle une caractéristique du lieu dans son ensemble, ce qui n’était pas facile à trouver pour ce nouveau district chevauchant deux secteurs de la ville.

Nous tenons aussi à remercier la Ville de Gatineau d’avoir consulté la communauté anishinabeg de Kitigan Zibi. Cette approche s’avère une grande marque de respect pour les Premières Nations et répond à l’objectif de la réconciliation en rendant hommage à la langue des premiers occupants de l’Outaouais.

Malheureusement, trop de dossiers divisent nos communautés, alors nous devons saluer cette approche rassembleuse pour l’enrichissement de notre patrimoine toponymique.

Michel Prévost, D.U., président de la Société d’histoire de l’Outaouais