Sébastien Pierroz
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Sébastien Pierroz
Doug Ford, premier ministre de l'Ontario
Doug Ford, premier ministre de l'Ontario

L’Ontario arrive à un tournant

CHRONIQUE / Le virus circule toujours, et depuis quelques semaines, les cas ne baissent pas. Ce constat amer s’impose, même si aujourd’hui, en Ontario et au Canada, le coronavirus tue moins que lors du «printemps meurtrier». À voir maintenant si la province la plus peuplée du pays pourra échapper à la fameuse «seconde vague» tant redoutée.

En Ontario, on est très loin du pic de 640 nouveaux cas quotidiens enregistré la journée du 24 avril. Mieux encore, il faut remonter au 21 juillet pour voir la barre des 200 nouveaux cas dépassée. Ce vendredi, Santé publique Ontario a d’ailleurs confirmé le nombre de 148 personnes infectées. Un chiffre sensiblement dans la moyenne des jours précédents.

À défaut d’être brillants, les résultats semblent à priori encourageants, d’autant que les bureaux de santé publique ontariens ont multiplié les tests au cours des derniers mois. La courbe épidémique n’a pas grimpé, prouvant au passage l’inexactitude de la martingale du président américain Donald Trump justifiant dans son pays la hausse des cas par l’augmentation drastique des tests.

Comparaison n’est bien sûr pas raison, mais l’Ontario s’en tire aussi mieux que le Québec. L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) vient de confirmer que la transmission de la COVID-19 repart à la hausse dans la Belle province.

Reste que crier victoire serait insensé. Comme toutes les autres provinces, l’Ontario fait face en ce début septembre à un double écueil : d’une part la rentrée scolaire, mais aussi le retour des travailleurs dans les entreprises.

Si l’épidémie semble maitrisée dans les foyers de soins de longue durée, que les mesures de distanciation sociale imposées et la généralisation du port du masque limitent la propagation, les foyers de contamination sont aujourd’hui ces lieux inhérents à la vie éducative et l’activité économique.

Bien sûr, les élèves et les travailleurs de moins de 50 ans ont très peu de chances de mourir du coronavirus. Mais leur capacité de le transmettre aux populations plus vulnérables est bien réelle. Dans ces conditions, le bon déroulement de la rentrée scolaire en Ontario débutée jeudi dans la région d’Ottawa sera crucial pour éviter les effets d’une «seconde vague».

Sébastien Pierroz est premier rédacteur et journaliste aux Affaires francophones pour ONFR du Groupe Média TFO.