La premiere ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne

Les guerres de mots de Kathleen Wynne

CHRONIQUE - COLLABORATION SPÉCIALE / Kathleen Wynne a sorti les gants de boxe ces derniers jours. Pas contre le chef de l'opposition à Queen's Park, Patrick Brown, mais face à Kevin O'Leary, candidat à la direction du Parti conservateur du Canada.
Rappel des faits : dans une lettre ouverte, la première ministre de l'Ontario a taclé l'homme d'affaires de Montréal coupable selon elle de ne pas donner les bons chiffres sur l'investissement dans l'industrie automobile. Des critiques en réponse aux propos de M. O'Leary sur l'idée que l'Ontario ne faisait pas le poids en comparaison du Michigan.
L'échange a rapidement viré sur le terrain personnel, Mme Wynne accusant le néophyte politique de ne s'intéresser « qu'aux plus nantis ». En guise de réponse, M. O'Leary a traité la première ministre et Justin Trudeau, par la même occasion, d'incompétents. Ambiance.
Pourquoi ?
Mme Wynne veut-elle redorer son blason, elle, devenue en quelques mois, la première ministre la moins populaire des provinces canadiennes ? Pas certain. Force est d'admettre que ce n'est pas la première fois qu'elle lâche des flèches bien au-delà de l'Ontario.
Les derniers mois au pouvoir à Ottawa de Stephen Harper avaient été le théâtre de tensions récurrentes avec la chef du Parti libéral de l'Ontario (PLO) sur bien des dossiers. Ce linge sale lavée publiquement avait poussé l'ancien premier ministre a finalement lui accorder une rencontre...
Peu avare de mots, Mme Wynne n'avait pas non plus ménagé le futur président américain, Donald Trump, alors en campagne électorale en juin dernier. « Il est dangereux pour le Canada et pour le monde ». Quand ses homologues provinciaux, et même M. Trudeau, ont tenté de mesurer leurs mots après la victoire finale du milliardaire, Mme Wynne évoquait « être choquée ».