Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Sébastien Pierroz
ONFR+ / Collaboration spéciale
Sébastien Pierroz
Le ministre du Travail de l’Ontario, Monte McNaughton
Le ministre du Travail de l’Ontario, Monte McNaughton

Les congés de maladie payés… finalement

Article réservé aux abonnés
CHRONIQUE / Depuis quelques mois, le sujet revenait avec récurrence, avec la troisième vague de COVID-19 hors de contrôle, il était même brûlant. Les congés de maladie pour les travailleurs devant s’absenter en raison de la COVID-19 seront dorénavant payés.

Le ministre du Travail, Monte McNaughton, s’apprête à déposer un projet de loi à cet effet. L’enjeu : l’employeur versera pendant trois jours 200 $ aux employés contraints de s’absenter pour passer un test de dépistage, se placer en quarantaine ou se faire vacciner. Concrètement, tous ceux n’ayant pas de congés de maladie payés de la part de leur employeur seront concernés. Une fois la loi passée, ce coup de pouce financier sera valable jusqu’au 25 septembre et rétroactif au 19 avril.

Autre mesure souhaitée par le gouvernement : le doublement de la Prestation canadienne de maladie pour la relance économique (PCMRE) de 500 $ à 1 000 $ par semaine. Une piste délaissée pour l’heure, face au rejet d’Ottawa et de l’opposition.

Difficile d’être contre la vertu. Les mesures du gouvernement provincial sont alléchantes. Contre toute attente, l’équipe Ford va même plus loin que toutes les autres provinces. Le Québec offre tout de même deux jours de congés par an, moyennant trois mois d’ancienneté, contre seulement un jour pour l’Île-du-Prince-Édouard.

Dans son style prompt à l’hyperbole, le premier ministre a souligné le plan «le plus généreux en Amérique du Nord».

Les décisions de Doug Ford suscitent pourtant l’incompréhension. Trop tard, clame l’opposition. Les libéraux parlent d’un abandon des travailleurs observable depuis les 14 mois de pandémie, tandis que la chef néo-démocrate, Andrea Horwath, propose un total de 14 jours de congés de maladie. 

Mais le gouvernement Ford a longtemps été sous le feu des critiques pour cette absence de congés de maladie. D’une, parce que Doug Ford, rompu à l’austérité budgétaire durant les premiers mois de son mandat, avait mis fin à une disposition du précédent gouvernement offrant aux travailleurs jusqu’à 10 jours annuels de congé pour une maladie ou une urgence personnelle.

Par ailleurs, Toronto, à titre de ville la plus prospère économiquement au Canada, a vu le dossier des congés se dresser avec plus d’acuité qu’ailleurs. Un bon nombre des millions de travailleurs de la Ville reine se trouvait secrètement face un dilemme : se rendre sur le lieu de travail avec des symptômes, ou risquer de ne pas payer leurs factures à la fin du mois. La gestion désormais hors de contrôle de la pandémie en Ontario obligeait sans doute M. Ford à reconnaitre l’utilité des congés de maladie payés… quitte à faire une nouvelle volte-face.

Car les choses vont bien mal en Ontario. Alors que le voisin québécois tutoie dorénavant la barre des 1 000 nouveaux cas quotidiens, l’Ontario reste percher entre 3 500 et 4 000. Plus inquiétant : la courbe s’est très peu infléchie depuis l’ordre de rester à la maison décrété il y a trois semaines.  

Pour l’instant, la campagne de vaccination peine toujours à contrecarrer la propagation des variants, alors que sur le terrain la fatigue générale rend l’adaptation des mesures de distanciation sociale de plus en plus difficile.  

Dans ces conditions, les congés de maladie payés encourageront peut-être des milliers de travailleurs à rester à la maison. C’est un petit pas en avant. À ce stade de la pandémie, toute avancée est bonne.

Sébastien Pierroz est journaliste et producteur pour la franchise d’actualité ONFR+ du Groupe Média TFO.