Avant la pandémie, les ventes en ligne dans l’industrie alimentaire (détail) étaient estimées à environ 1,7%, selon Nielsen. En raison du COVID-19, les ventes en ligne pourraient tripler d’ici la fin de 2020.
Avant la pandémie, les ventes en ligne dans l’industrie alimentaire (détail) étaient estimées à environ 1,7%, selon Nielsen. En raison du COVID-19, les ventes en ligne pourraient tripler d’ici la fin de 2020.

Les commandes de repas en ligne ont la cote

À vous la parole
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Le Droit
OPINION / Le monde est virtuel, carrément. De plus en plus, et surtout depuis le début de la pandémie, les consommateurs dépensent de plus en plus en ligne. Pendant que les ventes chez Goodfood augmentaient de 77% au dernier trimestre, les ventes en ligne chez Loblaw étaient aussi en hausse de 175%. Les ventes alimentaires explosent partout. 

Récemment, l’Université Dalhousie, en partenariat avec Caddle, a publié une étude sur le commerce électronique dans l’industrie alimentaire. Les services en ligne se sont considérablement améliorés partout au pays, et les Canadiens ont maintenant plus d’options en ligne que jamais auparavant. Le rapport examine ce que les Canadiens achètent en ligne et identifie les raisons pour lesquelles les Canadiens utilisent ces services en ligne pour obtenir de la nourriture. Il examine également la quantité d’activités en ligne effectuées après la pandémie. Au total, 7290 Canadiens ont été interrogés au début du mois de novembre. 

Au cours des six derniers mois, plusieurs entreprises se sont engagées à investir davantage dans des projets facilitant la distribution numérique et le commerce électronique. Au Canada seulement, nous estimons que plus de 12 milliards de dollars ont été engagés dans les services d’interface en ligne au sein de l’industrie alimentaire. 

Et les consommateurs s’en rendent compte. Au total, 31,3 % des Canadiens ont eu recours aux services de cueillette à l’auto ou de livraison à domicile par des épiciers au cours des six derniers mois. C’est le choix le plus populaire dans toutes les provinces, à l’exception du Québec (où l’achat direct du restaurant représente l’option la plus populaire). Alors que 28,6 % ont utilisé un service en ligne pour obtenir de la nourriture directement à partir d’un restaurant, 26,3 % des Canadiens ont utilisé une application téléphonique pour obtenir de la nourriture d’un restaurant. Les fournisseurs de mets préparés ont également constitué un choix populaire, à 12,8 %, suivi par les marchés fermiers en ligne, à 4,1 %. 

Alors que 57,1 % des baby-boomers n’ont pas utilisé de services en ligne au cours des six derniers mois, environ un quart (28,5 %) des milléniaux n’ont utilisé aucun service. En tout, 63,8 % des Canadiens ont commandé des aliments en ligne au cours des six derniers mois. Le taux le plus faible de consommateurs n’utilisant pas un service en ligne pour obtenir des aliments est celui de la Colombie-Britannique (34,3 %), suivi de l’Ontario (34,7 %). Le Québec est à peu près dans la moyenne.  


« Au total, 31,3 % des Canadiens ont eu recours aux services de cueillette à l’auto ou de livraison à domicile par des épiciers au cours des six derniers mois. »
Sylvain Charlebois

Les aliments les plus populaires étaient ceux provenant de la restauration rapide (33,1 %), suivi des fruits et légumes (22,0 %), des produits laitiers (21,5 %) et de la boulangerie (20,6 %). Au total, 8,7 % ont commandé des boissons alcoolisées en ligne au cours des six derniers mois. La restauration rapide représentait le choix le plus populaire dans toutes les provinces, à l’exception du Nouveau-Brunswick et de l’Île-du-Prince-Édouard. Les denrées non périssables étaient plus populaires dans la province du Nouveau-Brunswick, tandis que les fruits et légumes étaient plus populaires à l’Île-du-Prince-Édouard.

La commodité s’avère la raison principale pour laquelle les Canadiens ont commandé des aliments en ligne (33,8 %). Les préoccupations au sujet du virus (13,8 %) constituaient la deuxième raison importante. En Nouvelle-Écosse on retrouve le pourcentage le plus élevé de personnes qui ont commandé de la nourriture en ligne en raison de la maladie liée au virus (20,4 %). L’isolement obligatoire était la raison pour laquelle 6,9 % des Canadiens ont commandé des aliments en ligne. 

L’enquête a également posé des questions sur l’activité en ligne avant, pendant et après la pandémie. Avant la pandémie, 29,6 % des Canadiens déclaraient avoir commandé de la nourriture en ligne, une fois par semaine. Au cours des six derniers mois, ce pourcentage a grimpé à 45,4 %. Nous estimons qu’au cours des six derniers mois, 4,2 millions de Canadiens de plus ont commandé de la nourriture en ligne au moins une fois par semaine. Lorsqu’on leur a demandé s’ils avaient l’intention de commander des aliments en ligne au moins une fois par semaine après la pandémie, 49,4 % ont acquiescé, ce qui représente près de la moitié de la population active canadienne. Cela pourrait suggérer que la pandémie a incité de nombreux consommateurs et ménages à adopter des habitudes durables. 

Les résultats suggèrent que le marché est vraiment en transition. Avant la pandémie, les ventes en ligne dans l’industrie alimentaire (détail) étaient estimées à environ 1,7%, selon Nielsen. En raison du COVID-19, les ventes en ligne pourraient tripler d’ici la fin de 2020.

Alors, si vous commandez en ligne pour vous nourrir, vous n’êtes pas seul.

L'auteur est Sylvain Charlebois, professeur titulaire, et directeur principal du laboratoire des sciences analytiques en agroalimentaire à l’Université Dalhousie.