La plupart des Canadiennes et Canadiens n’ont jamais entendu parler de la Semaine nationale de la fonction publique, qui se déroule en ce moment même.
La plupart des Canadiennes et Canadiens n’ont jamais entendu parler de la Semaine nationale de la fonction publique, qui se déroule en ce moment même.

Leçon de la pandémie : les services publics sont indispensables

OPINION / La plupart des Canadiennes et Canadiens n’ont jamais entendu parler de la Semaine nationale de la fonction publique, qui se déroule en ce moment même.

Pendant sept jours, le plus grand employeur du pays – le gouvernement fédéral – souligne le travail et la contribution de plus de 300 000 employés. Normalement, on organise des barbecues, des ministres et hauts fonctionnaires y vont de leurs remerciements et le tout passe plutôt inaperçu.

Et si nous faisions les choses autrement cette année? Prenons le temps de saluer l’apport inestimable et les sacrifices de nos fonctionnaires, qui aident le pays à contrer les répercussions dévastatrices de la COVID-19.

Lorsque des dizaines de milliers de Canadiennes et Canadiens ont été pris à l’étranger, le personnel d’Affaires mondiales s’est démené jour et nuit pour les rapatrier et les agents des Services frontaliers étaient là pour les accueillir malgré les risques d’infection – un travail qui se poursuit, jour après jour.

Quand est venu le temps de soutenir des millions de travailleuses et travailleurs et de propriétaires d’entreprises, le gouvernement s’est tourné vers le personnel de l’Agence du revenu pour acheminer en temps record l’essentiel de l’aide financière. Ces fonctionnaires ont traité plus de 4 millions de demandes de PCU au cours de la première semaine de la pandémie seulement et des milliers de fonctionnaires se sont portés volontaires pour accomplir des tâches qui n’ont absolument rien à voir avec leur travail, comme répondre au téléphone.

Au moment où les bureaux de Service Canada croulaient sous les demandes et risquaient de devenir des foyers d’infection, des milliers d’employés se sont improvisé un bureau à la maison, tout en s’occupant de leurs enfants à temps plein dans bien des cas.

Et lorsque les éclosions de coronavirus dans des usines de viande ont commencé à faire les manchettes, les inspecteurs fédéraux ont continué de veiller à la salubrité des aliments qui finissent dans nos assiettes.

La pandémie a montré le vrai visage de la fonction publique canadienne : des gens dévoués, résilients et compatissants, qui travaillent sans relâche d’un océan à l’autre.

Mais l’apport de la fonction publique va au-delà des individus. Pour vaincre la COVID-19, ici comme à l’étranger, nous devons pouvoir compter sur des services publics forts.

Leur rôle indispensable et la nécessité de les renforcer et d’en favoriser l’essor à tous les paliers ne font plus aucun doute. Compte tenu des taux de mortalité démesurés enregistrés dans les établissements de soins de longue durée privés, le rapatriement au public de certains services essentiels privatisés fait de plus en plus consensus.

Par ailleurs, nous aurons besoin d’un secteur public fort pour assurer la relance du secteur privé et de l’ensemble de l’économie.

Malheureusement, les ténors conservateurs vont s’empresser d’essayer de vous faire oublier tout ça.

Ce sera bientôt l’heure de faire le bilan des coûts de la crise, ce qui s’accompagnera inévitablement d’appels à l’austérité. Les détracteurs habituels ne perdront pas une minute pour réclamer des coupes dans la fonction publique.

Ils ne vous diront pas qu’il serait possible de contraindre les sociétés ultrariches et profitables à payer leur juste part grâce à une réforme fiscale. Ils passeront sous silence les retombées des dépenses publiques sur l’économie et le bien-être de la population. Pandémie ou pas, leur discours est toujours le même : il faut couper dans les services gouvernementaux.

En ces temps difficiles, il est plus important que jamais de rejeter ces vieux arguments dépassés.

Et il existe un moyen simple de lutter contre ceux et celles qui tenteront de vous faire oublier l’une des grandes leçons de la pandémie : continuer de saluer le travail remarquable des fonctionnaires.

S’il y a une Semaine nationale de la fonction publique que toute la population canadienne devrait célébrer, c’est bien celle-ci!

Chris Aylward, président national de l’Alliance de la Fonction publique du Canada