Ce train léger aura des conséquences majeures sur le développement urbain d’Ottawa, ce qui ne paraît pas encore.

Le train léger, une grande victoire

ÉDITORIAL / Le train léger a roulé ses premiers kilomètres à Ottawa, et le tout s’est fait sans anicroche. Six ans après la signature du contrat et après un retard de plus de 15 mois, ç’aurait été le comble !

Car après tout, c’est tout ce qu’on s’attend d’un réseau de transport en commun, c’est qu’il fonctionne. Et les premières heures du train léger se sont bien déroulées. Bravo.

Ce train léger aura des conséquences majeures sur le développement urbain d’Ottawa, ce qui ne paraît pas encore. Les premières pierres de ce nouveau développement ont déjà été placées, mais ce n’est pas encore visible sur tout le réseau. À quelques endroits, oui : le Centre Rideau et le complexe Place de Ville, au coeur d’Ottawa, en sont des exemples. Là, depuis quelques mois ou quelques années, des stations ont été aménagées à même les sites reconvertis pour recevoir des milliers de navetteurs par train.

Mais nous parlons d’un plus grand développement, tout le long du réseau. Autour de la station Blair, par exemple, où dans cette forêt d’édifices à bureau commence à émerger des tours résidentielles. D’autres sont annoncées autour de la station Pimisi, voisine des plaines LeBreton.

C’est un énorme test que le train léger pour Ottawa car cela nous laisse entrevoir une radicalement nouvelle ville, une fois que la phase II du train léger sera complétée, et éventuellement, la phase III. Le maire Jim Watson se vante que l’on peut traverser la ville en 25 minutes à bord. La réalité, c’est que les gens ne passeront que quelques minutes à bord, venant des extrémités est et ouest vers le centre-ville, le grand aimant d’Ottawa. C’est autour du centre-ville que travaillent des dizaines de milliers de personnes, surtout des fonctionnaires, et ils y viennent tous les jours.

Certes, nous n’y sommes pas encore. Alors que les 13 stations de la phase I viennent d’être achevées, couvrant 12,5 km, la phase II en promet 24 de plus, tant dans le sud (en 2022), dans l’est (en 2024), que dans l’ouest (en 2025). Ce sera un développement tentaculaire du train léger qui verra tous les Ottaviens à moins de 5 minutes d’automobile d’une station.

Le coût prévu pour la phase I, baptisée Ligne de la Confédération, était de 2,1 milliards $. Celui de la phase II sera de 2,57 milliards $. Pourquoi ? Ce réseau sera plus étendu, ajoutant 44 km de rails, la plupart sous terrains. Si le tunnel a fait bondir les coûts de la phase I d’environ 1 milliard $, ce ne sera pas si coûteux d’enfouir le reste du réseau. Parce que le réseau ne sera pas au centre-ville, avec tous les accrocs que l’on y trouve. Il sera beaucoup plus facile d’enfouir le train léger le long de l’autoroute Queensway vers l’est et vers l’ouest, où bien des terrains sont encore vagues.

Cette ouverture, en fin de semaine, s’avère une énorme victoire pour la Ville d’Ottawa : la petite ville de province, nommée capitale du pays par compromis entre Toronto, Kingston et Montréal, prend enfin des airs d’une réelle capitale.

Moderne et efficace, le réseau de train léger assure qu’Ottawa est à la fine pointe de la technologie et garantit son développement pour des décennies encore. Ce n’est pas une mince victoire, il s’agit d’une grande victoire qui laisse présager aussi ce qu’Ottawa et Gatineau pourraient avoir l’air ensemble, lorsque la ville de l’Outaouais sera, un jour, également couverte par son propre train léger, dans l’ouest d’abord, et au-delà se permet-on de rêver.