Elizabeth est reine du Canada, elle est donc on ne peut plus canadienne et cela vaut aussi pour son petit-fils Harry.

Le prince Harry, un Canadien!

L’année 2020 connaît déjà des remous : une tragédie canado-iranienne, le procès en destitution du président américain Donald Trump, la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, les incendies au pays des koalas, etc... Mais laissons ces vétilles pour nous concentrer sur un événement majeur : la prochaine installation au Canada du prince Harry Sussex et de son épouse Meghan. Des questions angoissantes se posent pour le citoyen canadien lambda à leur sujet, par exemple : Quel sera leur statut? Leur régime fiscal? Quelles pourront être leurs activités à partir du territoire canadien?

Bref, la question centrale est la nationalité de Harry. Ou ses nationalités (au pluriel?).

Une observation préliminaire. Sa grand-mère, Elizabeth, II est reine du Royaume-Uni. Mais pas seulement. Elle est aussi la monarque australienne, néo-zélandaise, belizéenne, etc., vu qu’elle porte une multitude, non pas de casquettes, mais de couronnes, distinctes, de rang égal. Théoriquement, elle pourrait, par exemple, s’installer définitivement à Ottawa (ou à Canberra, Auckland, etc.). Elle pourrait même élire domicile à Charlottetown et prononcer chaque année devant l’Assemblée législative de l’Île-du-Prince-Édouard le discours du trône et charger un gouverneur général de la représenter à Westminster.

D’aucuns citent la Loi sur la citoyenneté, L.R.C. (1985), ch. C-29, pour soutenir que nulle disposition n’accorde aux membres de la famille royale la citoyenneté canadienne. C’est ignorer qu’elle n’est pas plus concernée par cette loi au Canada que par la British Nationality Act 1981 au Royaume-Uni. Contrairement à la légende populaire, le Canada n’est pas régi par un souverain étranger. Bien au contraire, la réalité incontournable est qu’Elizabeth est reine du Canada, elle est donc on ne peut plus canadienne, par définition, et cela vaut pour ses descendants. La question est plutôt de savoir s’il existe un texte légal canadien retirant aux membres de la famille royale la «qualité» de Canadien (on ne saurait à proprement parler de «citoyen» en régime monarchique), ce qui serait certainement concevable. Apparemment, tel n’est pas le cas.

Manifestement, la confusion est due au fait que l’on parle systématiquement de la «famille royale britannique» et de la «couronne britannique», à laquelle la couronne canadienne n’est pourtant nullement subordonnée. Harry Sussex est membre à part entière de la famille royale canadienne bien-aimée.

Autrement dit, tous les membres de cette prestigieuse et noble famille sont chez eux dans chacun de leurs royaumes : Harry est un prince anglais en Angleterre, de même, il est un prince canadien au Canada. Et il incombera aux seules forces de l’ordre royales canadiennes d’assurer sa sécurité tant qu’il y fixera son séjour, temporaire ou prolongé.

Prince Harry, les fidèles, humbles et obéissants sujets (et contribuables) canadiens de votre aïeule vous souhaitent la plus cordiale des bienvenues dans votre pays!

François Brunet, via Internet