La loi adoptée sous le gouvernement de Stephen Harper pour réglementer le télémarketing est pleine de trous.

Le fléau du télémarketing

Le consommateur est très mal protégé contre le fléau du télémarketing. Les compagnies de téléphonie s’en lavent les mains tandis que le gouvernement applique mollement les lois en vigueur.

Il y a quelques semaines, j’ai reçu en après-midi un appel d’un numéro affiché, mais dont le détenteur était anonyme. Comme cela arrive trop souvent, il n’y avait personne à l’autre bout du fil. J’ai raccroché, pour me rendre compte ensuite que ma ligne était bloquée par ce numéro. J’étais incapable de faire un appel ou d’en recevoir. 

Chez Vidéotron, on m’a dit de réinitialiser mon modem, ce qui a réglé le problème. Il s’agissait probablement d’un robot vérifiant si mon numéro était valide en vue de futurs appels de télémarketing. L’ennui, c’est que le même robot a rappelé deux autres fois et a quand même bloqué ma ligne, en dépit du fait que je n’ai pas répondu. 

À la lumière de cette expérience, on voit que le consommateur est laissé sans défense devant les pirates de la téléphonie, même s’il est inscrit comme moi sur la Liste nationale de numéros de télécommunication exclus. 

La loi adoptée sous le gouvernement de Stephen Harper pour réglementer le télémarketing est pleine de trous. Un grand nombre d’organismes peuvent malgré tout communiquer avec vous, même si votre nom est inscrit sur la liste en question.

De plus, l’ennui, c’est que beaucoup d’entreprises font fi de la loi. Un seul exemple : depuis des années, des cabinets d’astrologie sollicitent illégalement les consommateurs inscrits sur la liste. Comment tout ce beau monde arrive-t-il à violer ouvertement la loi ? De toute évidence, le gouvernement semble peu intéressé à contrer les pirates de la téléphonie.  

Que faire alors ?

La majorité des Canadiens serait ravie de voir un gouvernement fédéral mettre ses culottes et interdire une fois pour toutes ce fléau qu’est le télémarketing. Mais soyons réalistes, cela ne risque pas d’arriver bientôt.

Pourtant, quelques mesures simples pourraient aider à faire le ménage dans cette jungle qu’est devenue la sollicitation téléphonique. 

J’en propose quatre :

  •  1. appliquer la loi en sévissant contre toutes les entreprises qui font de la sollicitation illégale. Et embaucher le personnel nécessaire pour que la loi du précédent gouvernement soit plus que symbolique ;
  •  2. réviser la loi afin de restreindre considérablement le bassin d’entreprises qui peuvent communiquer avec vous, même si vous êtes inscrit sur la liste d’exclusion ;
  •  3. forcer les entreprises de téléphonie à bloquer les numéros de robots et de tout autre solliciteur dès que celui-ci est identifié comme délinquant par un organisme d’application de la loi. Ce blocage serait effectué gratuitement. Certains objecteront que plusieurs de ces appels proviennent des États-Unis. Et alors ? Pensez-vous vraiment que Bell, Vidéotron et Rogers n’ont pas les moyens technologiques de bloquer ces appels?;
  •  4. interdire aux entreprises commerciales et aux organismes de charité d’échanger vos coordonnées avec des tiers sans vous en demander la permission. Actuellement, elles peuvent le faire librement, à moins que vous ne cochiez une toute petite case sur un formulaire.

La loi effilochée adoptée par le gouvernement précédent est le fruit de pressions constantes exercées par les électeurs sur leur député. Il faut maintenir cette pression en publiant des lettres dans les journaux et en écrivant à nos députés. La farce a assez duré.


L'auteur du texte est André Racicot de Gatineau.