Le cardinal Luis Antonio Tagle, des Philippines, a été nommé à la tête de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, en décembre dernier.
Le cardinal Luis Antonio Tagle, des Philippines, a été nommé à la tête de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, en décembre dernier.

Le cardinal Tagle, un cadeau pour l’Église catholique

À vous la parole
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Le Droit
OPINION / Le cardinal Luis Antonio Tagle, des Philippines, nommé en décembre dernier à la tête de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, arrive au Vatican en février. Il est déjà perçu dans les médias comme pouvant être le prochain pape. D’ailleurs, quiconque occupe le poste qui lui a été confié est appelé le « pape rouge » car il a à sa charge environ un tiers des diocèses de l’Église catholique romaine.

Le cardinal Tagle est reconnu comme étant un grand théologien, ayant notamment une très bonne connaissance du concile Vatican II. Il est membre de la Commission théologique internationale, au Saint-Siège, depuis 1997. 

Nommé évêque par Jean-Paul II en 2001, le cardinal Tagle s’est révélé être un pasteur plein de compassion, proche des pauvres aux multiples visages. Ancien président de Caritas internationalis, ses nombreuses interventions dans le monde ont montré son désir de voir l’Église accomplir sa mission davantage en s’engageant, entre autres, sur le continent numérique et dans le domaine des communications sociales, dont il se sert largement pour rejoindre le plus grand nombre de personnes possible. Le cardinal Tagle est également persuadé que les jeunes ont un rôle important à jouer dans la mission de l’Église et compte aussi particulièrement sur la contribution des femmes. En ce sens, l’approche du nouveau préfet s’harmonise parfaitement avec le charisme des Œuvres pontificales missionnaires (OPM) qui sont appelées, entre autres, à élargir le champ de l’action missionnaire à tous les acteurs et à toutes les sphères d’interactions possibles.

Proche du peuple

Spécialiste de l’évangélisation et du dialogue, le cardinal Tagle vit ce qu’il prêche. Il est d’ailleurs surnommé le « François de l’Asie » à cause de son style de vie modeste et de sa proximité avec ses concitoyens. Ayant moi-même rencontré le cardinal aux Philippines lors du Congrès eucharistique international de 2016, j’ai été impressionné par son grand talent d’orateur, tout comme par sa capacité à présider une assemblée de plus d’un million de personnes! C’est un homme habité par le Christ, qui aime tout le monde. Il se soucie particulièrement des immigrants, des réfugiés, des affamés et des marginalisés de la société.

Selon plusieurs médias catholiques spécialisés, le nouveau préfet assumerait les changements engendrés par la création à venir d’un méga-dicastère regroupant la Congrégation pour l’évangélisation des peuples et le Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation. Ce nouveau défi promet d’être de la plus haute importance, mais ce que j’attends avec grand enthousiasme de la part du cardinal Tagle est la mise en œuvre de la réforme majeure des OPM, à laquelle je travaille moi-même à Rome avec Mgr Giampietro Dal Toso, secrétaire-adjoint du cardinal et président des OPM.

Une fois nommé à la tête de ce qui deviendrait le plus important dicastère du Vatican, le cardinal Tagle aura tout une influence sur l’ensemble de la réforme de la curie romaine tant souhaitée par le Saint-Père pour le bien de la Mission. Je m’en réjouis d’avance et me joins à Mgr Gabriel Caccia, ancien nonce apostolique aux Philippines, pour qui le cardinal Tagle représente le plus beau cadeau que l’Église des Philippines puisse offrir à l’Église catholique.

P. Yoland Ouellet, o.m.i.

Directeur national,

Œuvres pontificales missionnaires au Canada francophone