Justin Trudeau
Justin Trudeau

Largesses de Justin Trudeau: lendemains difficiles à venir!

Guy Gagné
Guy Gagné
Mont-Saint-Hilaire
POINT DE VUE / La blague qui circulait en début d’été était que Justin Trudeau s’apprêtait à subventionner l’installation de piscines!

Pourtant, selon les dernières projections, le déficit fédéral 2020-2021 atteindra 343,2 milliards. La dette cumulée, de son côté, augmentera d’environ 50 % pour atteindre minimalement 1,2 billion. Notre esprit a de la difficulté à se représenter un billion. Disons simplement que si, par hypothèse, le gouvernement décidait de rembourser la dette de 1,2 billion à raison de dix milliards par année, ça prendrait 120 ans…

Les chiffres mentionnés ci-haut ne sont pas définitifs. Trudeau veut ajouter des programmes et présenter un plan de relance lors du prochain discours du trône. De plus, tout ne rentrera pas automatiquement dans l’ordre le 31 mars 2021. L’impact financier négatif de la pandémie se fera sentir encore plusieurs années sur les finances gouvernementales.

Bien sûr qu’Ottawa devait intervenir pour aider les individus et les entreprises durement affectés par la COVID-19! Bien sûr qu’Ottawa, avant la pandémie, était dans une situation financière enviable! Bien sûr que les taux d’intérêt sont extrêmement bas! Mais ces facteurs ne constituent pas une raison pour dépenser sans compter. À titre d’exemple, la PCU étudiante a été contre-productive et a causé des pénuries de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs. Fallait-il aussi verser 300 $, non imposables de surcroît, à chaque récipiendaire de la pension de la sécurité de la vieillesse au lieu de se limiter à ceux qui ont besoin du supplément de revenu garanti? Bill Morneau n’a pas démissionné seulement parce qu’il avait «oublié» de rembourser des frais de voyage à We Charity. Manifestement, à titre de ministre des Finances, il était en désaccord avec son patron.

Justin Trudeau n’a pas intégré les leçons à tirer de la fable de La Fontaine intitulée La cigale et la fourmi. En 2016, alors que le contexte économique était au beau fixe, il s’est fait élire en préconisant un déficit de 10 milliards à être résorbé au cours de son mandat. Les électeurs y ont cru. Mais ce n’est pas ce qui s’est passé. Le déficit anticipé pour l’année en cours devait se chiffrer à près de 30 milliards. C’était avant l’arrivée de la pandémie. Gestion budgétaire irresponsable!

En 1995, le Wall Street Journal avait écrit que le Canada était devenu «membre honoraire du tiers monde» à cause du piètre état de ses finances. Paul Martin, appuyé par Jean Chrétien, s’était alors attelé au redressement de celles-ci. Tous en avaient fait les frais incluant les provinces parce qu’entre autres mesures, le fédéral avait coupé dans leurs transferts. Presque en même temps, Lucien Bouchard avait aussi décidé de ramener le déficit du Québec à zéro.

J’étais à cette époque responsable des finances d’un cégep. Pendant plusieurs années, les compressions ont été épouvantables. Nous n’avions d’autres choix que de massacrer des services pourtant essentiels à la réussite de nos étudiants. Je ne souhaite à personne de revivre ces années extrêmement difficiles.

C’est un mythe de croire que l’on peut couper sans douleur. Il faut juste se rappeler les deux premières années du règne de Philippe Couillard. Pendant la pandémie, des vies ont été perdues à cause des coupures faites en santé à cette époque.

À la suite des mesures de redressement appliquées sous Paul Martin, le beau temps est revenu: le ratio dette/PIB s’est approché graduellement de 30 %.

M. Trudeau, depuis son arrivée au pouvoir, dilapide graduellement la marge de manœuvre acquise au prix de lourds sacrifices. Celui-ci ne semble pas se rendre compte que, tôt ou tard, il faudra à la fois couper dans les services et taxer pour revenir à des finances plus saines.

Justin Trudeau mentionne souvent qu’il veut faciliter la vie de la classe moyenne. Celle-ci paiera en grande partie les pots qu’il aura cassés!