Le secteur de la transformation des aliments et des boissons achète plus de 70% de tous les produits agricoles et presque 100% des produits issues de la pêche au Québec.
Le secteur de la transformation des aliments et des boissons achète plus de 70% de tous les produits agricoles et presque 100% des produits issues de la pêche au Québec.

La transformation alimentaire: le secret le mieux gardé

OPINION / Beaucoup de choses ont changé au cours des dernières semaines. La crise de la COVID-19 a tout chamboulé, de notre bien-être personnel à la gestion de notre environnement de tous les jours.

Le contexte dans lequel nous atterrirons à la fin de la pandémie pourrait être très différent de ce qu’il était avant le début de la crise. 

J’ai cru que cette crise allait mettre en lumière des pans moins connus - mais essentiels - de notre économie, tel le secteur de la transformation des aliments et des boissons.  C’est le secteur qui achète plus de 70% de tous les produits agricoles et presque 100% des produits issues de la pêche au Québec et qui les valorise, les transforme et les emballe pour offrir des aliments de qualité, diversifiés, facilement accessibles aux citoyens et citoyennes via les épiceries et ce, à longueur d’année. C’est le maillon de la chaîne qui se trouve entre l’agriculture primaire et les épiceries. Et cette industrie est présente partout sur le territoire québécois, de Gaspé à Gatineau et de Sept-Iles à Franklin.

L’industrie de la transformation alimentaire est bien enracinée au Québec et est un important moteur de développement économique en étant le plus important secteur manufacturier de la province et le plus important employeur manufacturier. Chaque jour, des dizaines de milliers de Québécois et de Québécoises oeuvrent dans près de 2 000 entreprises de toutes tailles sur l’ensemble du territoire. La transformation alimentaire crée de la richesse et de la fierté pour toute notre collectivité, en plus de faire rayonner le savoir-faire des entrepreneurs d’ici.  Mais ce secteur demeure encore le secret le mieux gardé.

On ne connait tout simplement pas l’industrie de la transformation des aliments et il y a une mauvaise perception de cet important secteur. 


« Le secteur de la transformation des aliments et des boissons achète plus de 70% de tous les produits agricoles et presque 100% des produits issues de la pêche au Québec. »
Sylvie Cloutier

Selon la définition générale, un aliment transformé est un aliment qui a subi une transformation, de sorte qu’il n’est plus dans sa forme brute ou à l’état frais. Tous les aliments qui se trouve sur les tablettes d’épicerie, à l’exception des fruits et légumes frais, sont passés par un transformateur alimentaire. Ainsi, tous les produits laitiers, de boulangerie, les viandes et la volaille, jus et boissons, alcools, confiserie, tous les ingrédients pour cuisiner tels farine, sucre, sel, huiles, beurre; tous les produits emballés, embouteillés, réfrigérés, secs ou surgelés sont passés par un transformateur alimentaire. Les transformateurs alimentaires fournissent aussi les ingrédients de base ou des produits finis aux restaurateurs, aux cafétérias et à l’industrie hôtelière. Ils sont au coeur de notre alimentation quotidienne, plus de 24 millions de fois par jour!

À travers cette crise, nous reconnaissons tous la contribution essentielle et remarquable des travailleurs dans les services de santé, en agriculture, dans les épiceries, dans les banques alimentaires et les bénévoles dans tous les secteurs. Bien entendu, plusieurs autres secteurs sont durement éprouvés et sont au front pour servir la population incluant les policiers, les camionneurs, les livreurs, les transports en commun, les banques, les médias, les travailleurs des services municipaux, du commerce de détail, etc. Et nous devons les en remercier.

Aujourd’hui j’aimerais mettre en valeur le travail exceptionnel de tous ceux et celles qui oeuvrent dans l’ombre, dans le secteur de la transformation des aliments partout au Québec et qui assurent un approvisionnement continu d’aliments dans les épiceries et commerces. La crise de la COVID-19 les touche aussi durement. Tous ont dû réorganiser leurs opérations en raison de l’absentéisme, de la pénurie de main d’oeuvre, des consignes de distanciation, des difficultés d’approvisionnement, etc. Plusieurs autres ont dû composer avec une réduction - sinon la fermeture - de leurs opérations, en raison des fermetures de restaurants, d’écoles ou en raison des mesures très strictes de distanciation. 

Plus que jamais, nous avons vu une industrie de la transformation alimentaire dynamique et résiliante et nous devons en être fiers.

L'auteure est Sylvie Cloutier, présidente-directrice générale du Conseil de la transformation alimentaire du Québec.