Joe Biden et Kamala Harris représenteront les Démocrates à la présidentielle de 2020. 
Joe Biden et Kamala Harris représenteront les Démocrates à la présidentielle de 2020. 

Kamala Harris, le bon choix des Démocrates

Pierre Harvey, M.Sc.
Pierre Harvey, M.Sc.
Sherbrooke
POINT DE VUE / À la lumière du choix de Kamala Harris comme colistière de Joe Biden à la présidentielle de 2020, force est d’admettre que le candidat démocrate à la présidentielle américaine se voit peut-être déjà lui-même comme un président de transition si jamais il devait remporter le scrutin du 3 novembre.

On peut certainement y voir aussi un choix très stratégique de la garde rapprochée de Biden et des Démocrates afin d’assurer une option crédible sur la présidentielle de 2024 pour une femme de tête, capable de rallier une bonne partie des électeurs de centre-droit des États-Unis. Biden peut aussi bien se douter qu’il ne se présentera probablement pas en 2024 et qu’il devait déjà penser à tout faire pour offrir deux mandats aux Démocrates à la Maison-Blanche.

Nous comprenons aussi qu’il est de mise habituellement chez les candidats à la présidence des États-Unis de choisir des candidats qui ne risquent pas de leur porter ombrage en étant trop charismatiques, forts en gueule ou disposant d’une image publique plus forte bien souvent que le candidat à la présidence lui-même. 

Dans ce cas, on voit que les Démocrates ont décidé de briser un premier plafond de verre en choisissant une femme de tête aux aptitudes éprouvées à la joute verbale, une femme qui incarne l’autorité d’une main de fer dans un gant de velours. Force est d’admettre que Joe Biden dispose aussi très certainement d’une bonne dose d’humilité, car après tout, il pouvait décider autrement. Il pouvait même aller à l’encontre de la volonté des Démocrates qui dirigent le parti. Tout cela est aussi et surtout particulièrement stratégique et bien pensé. Aujourd’hui, les Démocrates marquent un gros point.

Qui plus est, le choix de Kamala Harris devient très embêtant pour les Républicains puisqu’il les obligera à tenter de critiquer les actes et décisions passés de Kamala Harris en «s’auto-pelure-de-bananisant» eux-mêmes. 

En fait, les positions de Kamala Harris auraient dû normalement être attribuables à une candidature républicaine. Procureure de Californie qui ne s’est pas ouvertement opposée à la peine de mort, qui n’a pas voulu poursuivre Steven Mnuchin (actuel Secrétaire au Trésor sous Trump) alors qu’il était banquier de la One-West et qu’il avait été accusé de ne pas avoir respecté les lois concernant les saisies, partisane de la loi et l’ordre, considérée par plusieurs Afro-américains comme faisant partie du problème et non de la solution, bref, des positions qui ne cadrent souvent pas avec le modèle de la démocrate standard très à gauche du spectre politique américain.

Les Démocrates misent sur 2020 en ajoutant 2024 dans leur lunette d’approche. Ils considèrent que les États-Unis n’ont pas peur de la loi et l’ordre, mais qu’une Démocrate vice-présidente pourrait satisfaire à ceux qui souhaitent que les émeutes cessent, mais qui veulent aussi une Maison-Blanche qui se tienne debout devant les émeutiers. Les Démocrates veulent à tout prix ravoir les votes des Démocrates plus à droite, perdus en 2016 aux mains de Donald Trump assurément. Ils cherchent le compromis et mettent de côté la gauche radicale.

À l’international, le Canada et le Québec pourraient être grandement favorisés s’il fallait que le duo s’installe à la Maison-Blanche. En effet, le passé à l’école secondaire Westmount High School de Kamala Harris sera rapidement mis en lumière et plusieurs s’assureront de faire en sorte que la vice-présidente Harris s’en souvienne. Ce passé à Westmount High School que l’on voit déjà souligné à grands coups de Tweets par plusieurs Québécois dont la mairesse de Montréal, Valérie Plante, se retrouvera rapidement sur le fil twitter de Kamala Harris depuis cet après-midi du 11 août. Et oui, elle y gradua en 1981.

N’empêche, on parle quand même ici d’une occasion exceptionnelle pour le Québec de prendre de court tous les autres États, provinces et pays et faire valoir ce que nous sommes vraiment.

Et peut-être que cette fois-ci, au lieu d’une vieille photo de Pierre Elliott Trudeau offerte à Donald Trump, le prochain premier ministre du Canada rapportera un souvenir de Westmount High School à la vice-présidente des États-Unis avant même d’offrir un cadeau au président Biden.

Quel suspense tout d’un coup pour le Québec, que cette course à la présidence 2020. Autant s’y mettre maintenant.