Il faut privilégier des programmes qui vont aider les entreprises tout en faisant attention à ne pas augmenter leur endettement, car c’est l’après-crise que nous préparons aujourd’hui, écrit le collectif d'auteurs.
Il faut privilégier des programmes qui vont aider les entreprises tout en faisant attention à ne pas augmenter leur endettement, car c’est l’après-crise que nous préparons aujourd’hui, écrit le collectif d'auteurs.

Impacts du COVID-19 pour les entreprises. Et maintenant?

Collectif d'auteurs
POINT DE VUE / La crise que nous vivons aujourd’hui ainsi que tous les défis que nous aurons à surmonter collectivement ne peuvent se comparer à aucune situation survenue depuis plus d’un siècle. Touchant l’ensemble des sphères de notre société, nous devons tous faire preuve de précaution, de résilience, de flexibilité et de courage pour nous adapter à la situation et trouver les meilleures solutions. Il s’agit de la nouvelle réalité que vivent les entreprises québécoises de toutes tailles, qui sont touchées de plein fouet par une crise sanitaire majeure, engendrant une situation économique difficile.

Quelles sont les mesures à mettre en place pour limiter la propagation de la maladie au travail? Comment s’assurer que les entreprises répondent à la demande de leurs clients, que les salaires puissent être versés, que les comptes soient payés, que l’entreprise puisse tenir le coup jusqu’à ce que le pire soit derrière nous?

Dans ce contexte, le besoin de réponses et de soutien doit être à la hauteur des événements que subissent les entreprises. Nous saluons au passage les gouvernements du Québec et du Canada qui, chaque jour, prennent des décisions importantes et mettent en place des mesures d’urgence. Ceci fera une différence importante pour tous nos citoyens, qu’ils soient jeunes, retraités, travailleurs ou entrepreneurs.

Nous pouvons être fiers comme société d’avoir cette volonté et cette capacité de nous serrer les coudes pour faire face à l’adversité, en plus de pouvoir compter sur des élus responsables et unis devant cette crise.

Toutes les entreprises québécoises, allant du commerce de proximité au coin de la rue, à un employeur majeur dans une région, doivent mettre l’épaule à la roue dans la mesure de leur moyen, ce qu’ils ont déjà commencé à faire. Mais l’arrêt brutal de l’économie mondiale est trop important pour qu’elles passent au travers sans l’aide continue et prévisible des différents paliers de gouvernements, d’autant plus que les marchés financiers sont en même temps fortement éprouvés.

C’est pourquoi nous rappelons que la simplicité, la rapidité, la complémentarité et l’efficacité des aides des gouvernements feront la différence pour tous les employeurs du Québec, et leur permettront de maintenir leurs activités ou de les relancer lorsque la situation le permettra. 

Pour rester à flot, nos entreprises touchées par un ralentissement ou un arrêt d’activité ont besoin notamment de liquidité pour payer les salaires et faire face à leurs obligations envers leurs fournisseurs. Des congés de cotisations au Fonds des services de santé (FSS) et autres charges salariales, en plus d’un moratoire prolongé sur les impôts, leur permettraient de mieux tenir le coup. Les gouvernements doivent aussi prévoir des mesures d’aide financière tant pour les travailleurs autonomes que pour les entrepreneurs qui ne peuvent poursuivre leurs activités.

De plus, certains secteurs économiques comme les télécommunications/services technologiques et l’agroalimentaire, ainsi que d’autres types de produits et services indispensables, sont des services essentiels pour la population. Ils doivent faire l’objet d’une attention particulière des gouvernements tout au long de la crise. D’ailleurs, la fermeture des écoles et des services de garde constitue un casse-tête évident pour les familles de travailleurs, contribuant ainsi à un enjeu d’absentéisme important.

Pour nos entreprises qui continuent à fournir des produits et des services, il faut offrir une aide financière pour l’acquisition ou l’augmentation de capacité des moyens technologiques pour faciliter le télétravail. Des mesures pour faire face à l’absentéisme sont également à considérer dans les secteurs où le télétravail n’est pas possible. L’extension des permis pour les travailleurs étrangers temporaires qui sont déjà en territoire québécois pourrait avoir des effets positifs, notamment pour le secteur agroalimentaire. D’autres avenues pourraient aussi être explorées pour faire venir des travailleurs étrangers additionnels en mettant en place des conditions spéciales par rapport aux aspects santé. On peut certainement être créatif et responsable à cet égard.

Il faut privilégier des programmes qui vont aider les entreprises tout en faisant attention à ne pas augmenter leur endettement, car c’est l’après-crise que nous préparons aujourd’hui. Dans ce contexte, des mesures pour accélérer l’innovation des entreprises pourront également leur permettre de redémarrer efficacement. Finalement, les trois ordres de gouvernement (fédéral, provincial, municipal) doivent s’assurer de retarder les différentes obligations de conformité réglementaire non essentielles.

Bref, nous devons avoir les moyens pour permettre la continuité des opérations nécessaires et, en même temps, pour assurer un retour à la normale adéquat au moment opportun. C’est pourquoi il faut donner aux entreprises ainsi qu’aux travailleurs concernés les moyens de préparer une éventuelle sortie de la tempête qui fait rage. 

Yves-Thomas Dorval, président et chef de la direction, Conseil du patronat du Québec (CPQ)

Charles Milliard, président-directeur général, Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ)

François Vincent, vice-président, Québec, Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI)

Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM)

Véronique Proulx, présidente-directrice générale, Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ)