Hexo occupe une place favorite dans l’esprit des gens de l’Outaouais car elle est née ici, apportant avec elle un rêve un peu fou de devenir l’un des acteurs majeurs du cannabis, un secteur en pleine émergence.

Hexo pris dans la tourmente

ÉDITORIAL / Il n’y a pas si longtemps, les cieux étaient radieux pour Hexo et ses compétiteurs dans le domaine du cannabis. Les perspectives de ventes s’annonçaient très bonnes : juste dans le cas de Hexo, on prévoyait plus que quintupler les revenus l’an prochain, ce qui semble tout à fait présomptueux à ce moment-ci. L’entreprise a retiré ses projections de 400 millions $, sans préciser à quoi elle s’attendrait pour l’année prochaine.

La société autrefois appelée Hydropothicaire est basée à Masson-Angers. Elle se débrouille tant bien que mal dans un marché en plein questionnement. Il y a eu une bulle spéculative qui a emporté tous les joueurs du secteur. Depuis, Hexo, Canopy Growth, Aurora Cannabis et Tilray ont toutes souffert dans le marché boursier, et une reprise n’est pas pour demain.

Hexo occupe une place favorite dans l’esprit des gens de l’Outaouais car elle est née ici, apportant avec elle un rêve un peu fou de devenir l’un des acteurs majeurs du cannabis, un secteur en pleine émergence. La marijuana n’a été légalisée au Canada qu’il y a un an à peine, et le marché tente toujours de trouver ses marques. L’entrée en scène de produits comestibles arrivera sous peu et donnera à l’industrie de nouveaux espoirs.

Ces entreprises sont cotées en bourse, compte tenu des investissements majeurs qui étaient nécessaires à son développement et des partenariats avec de gros joueurs — Canopy Growth a reçu 4 milliards $US de Constellation Brands, le fabricant des bières Morelo et Corona. Cela les rend susceptibles d’importantes variations de prix sur la seule foi de rumeurs. Et quand les nouvelles ne sont carrément pas bonnes, comme c’est le cas présentement, tout le secteur en paie le prix. Hexo souffre comme toutes les autres.

Elle tente bien de survivre un peu mieux. La semaine dernière, elle a annoncé un investissement supplémentaire de 70 millions $ de la part d’un groupe d’investisseurs incluant entre autres son président-directeur général, Sébastien St-Louis, quatre administrateurs de la compagnie et d’autres actionnaires. Cela a permis à Hexo de souffler un peu, mais bien temporairement. Ça et la nouvelle que Hexo commercialisera sous peu un nouveau produit de cannabis, Original Stash, au prix soldé de 4,49 $ le gramme si le consommateur en achète 28 grammes à la fois, pour une facture totale de 125,70 $.

Le prix régulier à la Société québécoise du cannabis est de 7,37 $ le gramme, et de 5,59 $ celui vendu de façon illicite.

La stratégie Original Stash rognera dans les revenus futurs de la société mais devrait porter un dur coup au marché noir, qui s’accapare encore de plus de 60 % des ventes de cannabis. Cette donnée est en baisse pas mal à tous les trimestres mais dans l’environnement pressé des spéculateurs boursiers, ce n’est jamais assez vite.

Tout cela fait oublier, le temps de quelques heures, le fait qu’elle venait d’annoncer la mise à pied de 200 personnes et le départ de son chef de la direction financière. Sans parler de la décision de Québec, hier, d’officialiser la vente de cannabis qu’aux gens de 21 ans et plus.

Hexo a confirmé, hier, ses ventes en retrait avec les prévisions des analystes à 15,4 millions $ pour le trimestre terminé en juillet, et entre 14,5 et 16,5 millions $ pour le trimestre en cours, par rapport aux 26 millions $ évoqués précédemment. C’est une bien mauvaise passe à traverser, même si elle est le premier fournisseur de la SQDC.

Il faudra attendre longtemps avant que cela n’atteigne les taux espérés, surtout que le marché d’exportation vers les États-Unis n’est pas sur le point de se résoudre sous peu.