Le premier ministre québécois, François Legault

François Legault, colporteur d’Hydro-Québec

OPINION / Dans une récente édition du Droit, François Legault lançait une info-pub politique sous la forme d’une lettre à la jeunesse québécoise. Il fait l’éloge des génératrices d’Hydro-Québec et partage sa passion d’accroître massivement sa production. Il exploite le jour J de la planète pour perpétuer un bon nombre de faussetés, et surtout pour polariser la population sur une piste qui est toujours dangereuse.

En réalité, sa constatation que l’électricité produite par l’exploitation de nos cours d’eaux est moins coûteuse, moins polluante et moins dévastatrice de l’environnement est contestable. Tout comme le charbon, le nucléaire, etc., les dames massives dont la mise en place massacrent des milliers d’acres de notre territoire, détruisent à tout jamais des lacs et des marécages pour en produire des milliers où il n’y en avait jamais eus, offrent elles aussi des coûts écologiques démesurés.

Le premier ministre a déjà désigné zones inondables, des grandes superficies, même en zones urbaines. Beaucoup de ces zones n’ont jamais inondé à ce jour. On peut donc anticiper que bien des gens vont être déplacés avec des inondations futures et perdront à tout jamais leur chez-eux.

Le lien entre production hydroélectrique et inondations est réel et direct. À titre d’exemple, il est scientifiquement incontestable que Gatineau n’aurait pas inondé en 1974, en 1976, en 2017 et en 2019, si le barrage à Carillon n’existait pas. Il retient l’eau perpétuellement à 62 pieds plus haut que l’intention de mère nature.

De ses propres aveux, M. Legault nous dit que l’inondation de 2017 a coûté 240 millions $. Bien que ceci représente moins de .08 % du budget d’Hydro-Québec, ça semble préoccuper énormément notre gouvernement.

Notre comportement face aux changements climatiques est à repenser. Je me demande comment plus grande va être la prochaine zone inondable à sacrifier? Quel pourcentage de Gatineau et des environs va-t-elle comporter?

À ce jour, la posture de gouvernement du Québec n’est pas élogieuse. Sacrifier nos résidences plutôt que d’immuniser en conséquence des changements climatiques, m’apparaît irréfléchi. Révisons nos codes de construction désuets pour les adapter à nos zones vulnérables, plutôt que de restreindre nos municipalités.

Le plan de M. Legault, voulant sauver la planète en vendant massivement l’énergie générée au Québec dans cinq provinces canadiennes et trois états américains, a un gros prix à payer. Il désire passer nos exportations d’électricité de 15% à 30%, et ceci, à court terme. Wow!

Plutôt que de jouer au colporteur pour Hydro-Québec un peu partout, je voudrais voir mon premier ministre gérer sainement notre province et assurer notre sécurité via un contrôle maximal des niveaux des eaux de nos bassins et le bon fonctionnement des barrages et des équipements afférents.

Personnellement, j’ai bien immunisé ma résidence, au-delà des exigences. Je suis bien chez moi, et je ne désire pas partir.

L'auteur est Louis Leclair, citoyen de Gatineau