La glissière à câbles n’est peut-être pas la solution miracle pour l’autoroute 50. Les preuves restent à faire.

Franchement répréhensible!

ÉDITORIAL / Il y a quelque chose de franchement répréhensible dans les attaques de Gaétan Barrette sur la glissière à câbles qui sera installée sur une portion outaouaise de l’autoroute 50. Parce que les libéraux ont multiplié les études et les tactiques dilatoires à ce sujet pendant au moins trois ans pendant que les accidents se multipliaient.

La glissière à câbles n’est peut-être pas la solution miracle pour l’autoroute 50. Les preuves restent à faire. Mais une étude, parrainée par le gouvernement de la Coalition avenir Québec, l’a proposée comme solution temporaire sur un tronçon de 5,4 km entre Gatineau et L’Ange-Gardien.

Il y a plusieurs mises en garde, notamment sur l’absence d’un terre-plein entre les deux voies pavées de l’autoroute. Personne ne sait encore vraiment comment les glissières à câbles fonctionneront dans le cas d’un accident. Il se produit alors une déflexion qui empêche le véhicule de franchir vers la voie opposée. Est-ce que la déflexion sera suffisamment petite pour stopper le véhicule avant qu’il ne percute celui qui arrive en sens inverse ? Dans les pertes de contrôle à vitesse réduite, probablement. Mais à vitesse accrue, peut-être bien qu’il y aura collision quand même. L’espoir, c’est que ce sera une collision contrôlée, avec un plus faible impact que dans le scénario actuel où il n’y a absolument rien pour prévenir le véhicule qui perd le contrôle de se retrouver en plein dans l’autre travée.

Ça, c’est pour les véhicules normaux. Pour les camions, nous ne savons pas quelle sera l’ampleur de la déflexion qui sera provoquée par la perte de contrôle. Et pour les motocyclistes, c’est encore plus risqué car les câbles risquent de provoquer encore plus de dommages.

Ce sont toutes des conséquences qui seront évaluées lorsque les glissières à câbles seront installées, au printemps 2020.

Une chose est sûre, les glissières à câbles ne sont pas la panacée. Mais elles s’avéreront, dans l’immense majorité des cas, une amélioration sur la situation actuelle... soit l’absence de tout dispositif pour empêcher les pertes de contrôle.

Elles seront en place jusqu’à l’élargissement de ce tronçon de la 50 qui doit s’amorcer en 2021.

À l’Assemblée nationale, les libéraux s’opposent pour la simple fin de s’opposer, sans apprécier le caractère temporaire de ces glissières à câbles.

La virulence des attaques de M. Barrette est particulièrement féroce avec son allusion que cette barrière n’était qu’une « clôture de broche à foin ». On comprendra que c’est de l’enflure verbale typique à certains débats au parlement du Québec, mais il faut aussi regarder la provenance. M. Barrette a imposé des réformes centralisatrices au ministère de la Santé et des Services sociaux pendant ses quatre années au pouvoir, réformes qui n’ont donné à peu près aucun résultat du point de vue du citoyen de l’Outaouais. Les temps d’attente, la pénurie d’infirmières, de médecins et d’autre personnel, le chassé-croisé de cadres au Centre intégré de santé et de services sociaux, tout va aussi mal qu’avant. Le gouvernement de la CAQ aura fort à faire pour corriger cette situation et après un an, les résultats bénéfiques se font encore attendre. Mais Gaétan Barrette est un bien mauvais messager sur la question de la sécurité de l’autoroute 50.

Le ministre des Transports, François Bonnardel, a répliqué que la CAQ tentait de faire quelque chose pour la sécurité des automobilistes qui empruntent la 50.

À cela nous ne pouvons que dire bravo. Et nous aurons à l’œil ces glissières à câbles, dans l’espoir que l’indice de sécurité remonte considérablement la cote de l’autoroute 50.