Et si la guignolée disparaissait ?

La Grande guignolée des médias est une tradition qui semble avoir de beaux jours devant elle. En effet, les mesures d'austérité, les politiques appauvrissantes et l'inaction générale du gouvernement en matière de lutte à la pauvreté sont durement ressenties par plusieurs personnes qui doivent de plus en plus recourir à la charité pour boucler les fins de mois.
Comment le premier ministre Philippe Couillard explique-t-il que le bilan-faim du réseau des Banques alimentaires du Québec révèle une augmentation de la fréquentation des banques alimentaires année après année? En 2016, plus de 400 000 personnes ont eu recours à leurs services chaque mois. Et de plus en plus de ces personnes ont pourtant un revenu d'emploi! 
Bien sûr, à court terme, tout le monde souhaite que les banques alimentaires puissent mieux répondre aux besoins des personnes en situation de pauvreté, autant dans le temps des Fêtes que le reste de l'année. Et c'est tant mieux si La grande guignolée des médias arrive à regarnir un peu les frigos et les paniers de Noël.
Mais il ne s'agit là que d'une réponse temporaire à un problème de fond. Nous devrions plutôt viser la mise en place de politiques publiques axées sur l'élimination de la pauvreté. C'est ce que propose le réseau des Banques alimentaires du Québec lui-même avec ses recommandations qui vont de l'augmentation du salaire minimum et de l'aide sociale à un meilleur accès à du logement abordable.
Et pour cela, on a besoin de volonté politique, d'un gouvernement qui prend ses responsabilités. Pas d'un gouvernement qui menace de couper les prestations d'aide sociale ou qui juge «approprié» un salaire minimum qui ne permet même pas aux personnes travaillant à temps plein de sortir de la pauvreté.
Collectivement, en ce temps des Fêtes, faisons le souhait de voir disparaître un jour les banques alimentaires et des initiatives comme La grande guignolée des médias. 
Comme le dit la campagne des Fêtes du Collectif pour un Québec sans pauvreté, «la magie de Noël, c'est pas assez!»
Virginie Larivière, porte-parole
Collectif pour un Québec sans pauvreté